ILES VOLCANIQUES
Jetons maintenant un coup d’œil général sur les archipels volcaniques, et sur les îles volcanisées, soit qu’elles brûlent encore, ou que leurs volcans soient éteints. Les premiers qui attirent nos regards, sont les volcans des îles d’Italie. A leur tête nous plaçons ce fameux Etna, qui depuis si long-temps brûle en Sicile. Cette montagne, haute de 1672 toises sur 61 lieues de circonférence à sa base, est un énorme cône obtus, divisé en quatre zones, placées l’une au-dessus de l’autre. L'inférieure peut avoir six lieues de largeur, renfermant Catane et plusieurs villages. Cette zone, qui constitue le premier talus, à partir de la plaine, • repose sur un fond de lave sortie du volcan à différentes époques; le temps en a décomposé la surface, et l’a convertie en terre végétale. La seconde zone, d’un talus plus rapide, est boisée; les arbres y ont acquis une grande vigueur au milieu d’un terrain fertilisé par lçs cendres que le cratère a vomies à diverses reprises. La troisième zone surmonte les bois, et n’est couverte que d’une végétation languissante , soit à cause de la température, ou à cause des émanations du volcan. Enfin, la quatrième zone est le séjour des neiges et des glaces; elle s’étend jusqu’au cratère. Ce cratère avait, suivant Rrydone, en 1770, un mille anglais de diamètre. Ce gouffre immense, en proie aux révolutions, a changé
plusieurs fois de forme; il s’en écroule des parties; d’autres, lancées de nouveau, viennent prendre leur place. L’incendie, dont le volcan est le soupirail, avait jadis une prodigieuse énergie; car, en 1769, Hamilton ayant escaladé jusqu’au sommet de la montagne, a compté, du côté de Catane, quarante-quatre cratères anciens et éteints, sur les sommets de quarante-quatre montagnes inférieures. Toutes ces ouvertures ont eu indubitablement des éruptions autrefois; mais depuis plusieurs siècles, le volcan ne se manifeste plus qüe par le principal cratère.
Après la Sicile, viennent les îles de Lipari, que la mythologie avait données à Éole; aussi les nommait-ôn Éoliennes. Nous ne prendrons pas en considération les écueils de ce petit archipel, nous ne parlerons que des îles. Vutcano ( vêtus Hyera), Lipari ( Meligaunis 7, Salinas ( Didynie ), Panaria ( Hicesia ), Stromboli ( Stro/igyle), Félicudi (Phenicodes) , Alictidi (Érieades), et enfin Ustica.
Lipari n’a plus de volcan depuis le sixième siècle, mais cetté île est sujette aux tremblements de terre. 11 lui reste les indices certains de son ancien état de conflagration : ce sont plusieurs cratères obstrués, des amas de cendres , des pierres ponces et des eaux thermales; il y a même, sur la moutagne centrale, des crevasses d’où s’exhale une chaleur brûlante.
L’île Vulcano avait jadis trois cratères. Toute l*île est un cône sillonné sur les flancs par des ravins, formés de laves sorties du volcan. Cette île en a produit une autre , qu’elle a ensuite dévorée, comme Saturne dévorait ses enfants. En effet, Vulcanello fut lancée dn
VOT.CANS
fond de la mer, en 570 de la fondation de Rome; une éruption , dans le seizième siècle, l’a réunie à l’îleVulcano.
Stromboli a un volcan de a5oo pieds de hauteur perpendiculaire ou à peu près. Dolomieu l’a vu en pleine activité en 1781. Il brûle depuis la plus haute antiquité; ses éruptions sont encore fréquentes et il vomit beaucoup d’eau, ce qui est conforme à ce que nous avons dit plus haut.
Panaria n’est plus qu’une petite île , reste granitique d’une plus grande, qui a probablement fait naufrage, et dont les débris rangés autour de Panaria formaient les écueils Évonimos et autres, connus aujourd’hui sous les noms de Datolo et Formiculi. Panaria n’est plus qu’un monceau de scories, de cendres et de lave i reposant sur un fond de granit. Dans ce cas, deux choses peuvent être arrivées : ou bien le volcan a adossé une montagne à la montagne primitive qui résiste * encore aujourd’hui au travail des siècles; ou bien, dans une violente éruption , lors de la pleine énergie de l’incendie , il aura lancé une énorme masse de granit, qu’il aura détachée du fond du volcan , et qui forme aujourd’hui la petite îlede Panaria , de huit milles de tour. Ce sont deux hypothèses. On suppose qu’avant le naufrage de la première île , son cratère pouvait avoir six milles de diamètre ; nous ne garantissons pas cette supposition.
Panaria ne brûle plus.
L’île de Salinas ne brûle plus depuis long-temps. L’histoire ne nous fait pas même connaître qu’elle ait brûlé: mais la nature a des mémoires plus certains que les nôtres ; elle a laissé sur cette île trois montagnes
volcaniques, dont la principale, haute de mille toises, est, ainsi que toute l’île, formée de laves, dè scories et de cendres. 1
Alicudi 1 ne brûle plus , non plus qtle Félicudi. Ce sont deux montagnes coniques dont la composition est peu connue; mais leur voisinage, leur forme, tout porte à croire quelles ont brûlé dans des temps trèsreculés. - c '
Ustica, la plus éloignée du foyer-actuel, t)e brûle plus; mais- son sol est formé- -dune décomposition de cendres et de laves qui déposent de son^aficion embrasement. uoiltii.jCH oluitig mw b eogiJeo/ sol Ah<\ .!.»•-
Après les îles de«Lipuri , Mouf trouvons -près de la côte d’Italie les «îles qile les anciens moulinaient Pithecusœ ; dJes sont.au nonibre^eUfois^Prncwta, le hocher de Nisita ,.ct Ischia 1,' Vêtus Pithecusicj vel Eneria. Nisita est «dans la baie dePouzzoles, dont l’ouverture est entre cette île et lp cap Misèrte, qui conserve le nom du trompette dî Enèe t-, Lesdfeuxmirtres sont à l’entrée de la baie de Naples. Nisita est u» «reste de cône dont la moitié s’est éboulée suivant un® section verticale , laissant son ancien cratère visible pomme une cheminée dont un coté serait- démoli j'so’est dans cet ancien soupirail , aujourd'hui comblé, que se trouve le
. .ij.it- t ? t , > • > 1 • 1 /'«Wj't 1 Pi'
mâts. Les Français nomment ainsrîe et les Anglais lé mât
de derrière. Il s’ensuit que ce troiripette fameux reçoit' un hommage de tous les vaisseaux français, et qu’il n’en reçoit des Anglais que sur les vaisseaux à trois mâts. Au fait , le trompette sur un vaisseau était-il devant ou derrière ? La solution de cette question déciderait laquelle des deux nations a le mieux placé le mât dédié à Miscne.
vor.c \ ns.
port Pavoné. Strabon et Pline assurent que Procita, jadis réunie à Enaria, s’en est détachée par une convulsion violente. Son sol, sa structure déposent de son origine. Enaria, aujourd’hui Ischia, est toute volcanisée; mais elle ne brûle plus depuis i3oi : peut-être n’est-ce qu’un sommeil. Son pic principal est rival du Vésuve pour la hauteur. Les îles de Sardaigne et de Corse se présentent ensuite. La Sardaigne est généralement granitique. (Voy. le Mémoire géologique de M. le chevalier Albert deMarmora.) Ces deuxîles, les Baléares et la Sicile avec les petites intermédiaires, portent tous les vestiges d’une grande révolution. Serait-il téméraire de penser quelles sont les débris d’un grand naufrage qui accompagna la rupture du détroit de Gibraltar 1 ? naufrage d’un pays considérable, qu’une explosion terrible aura euglouti dans un foyer énorme qui s’est conservé des soupiraux par où ses efforts s« sont depuis exhalés. Ces soupiraux sont l’Etna , les Li pari, le Vésuve et adjacents. Ces débris auraient résisté au bouleversement général, parce qu’ils reposent sur des lits de granit dont la base déroché vive s’appuie sur lu noyau du globe qu’il n’a pas été possible au feu d’ébranler. En effet, la grande chaîne du milieu de la Sardaigne est granitique. C'est un anneau qui rattache l’Europe à l’Afrique. A cette chaîne sont adossées des montagnes calcaires, sur lesquelles le feu a laissé des traces, dont les principales sont des mines de soufre* * et des eaux thermales. .
La Corse est séparée de la Sardaigne par un inter-
1 Pline, lib. ut, ch. i.
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• »fO>nr r * mie.
stice si étroit, qu'on peut regarder les deux îles comme une seule. L’une est évidemment la continuation de l’autre, et leur séparation est visiblement l'effet d’une violente secousse. Cette île est traversée du nord, au' sud par une chaîne de montagnes qui prend sa route vers l’Atlas. La montagne Ronde est le pic le plus élevé de cette chaîne; elle a i549 to'ses au-dessus du niveau de la mer. Le noyau de cette chaîne est de granit.; la mer y a adossé des montagnes calcaires où le feu trouva jadis l’aliment nécessaire pour consumer toute cette masse, sur laquelle il a laissé des basaltes et des sillons de lave, restes de la fusion des matières qui la composaient alors. Cette île ne brûle plus, non plus que celle de Sardaigne. : a
Les Baléares et l’île de Malte entrent nécessairement dans ce tableau ; mais nous n’avons pas reçu de mémoires à leur égard.
De l’Italie, nous passons aux îles de Chypre et de Crète (eette dernière est aujourd’hui nommée Candie). Cas deux îles sont granitiques; ce sont elles qui continuent la chaîne de l’Apennin, et qui le joignent au Liban. Mais le téu s’était jadis emparé des intervalles compris entre les massifs de granit qui composent la racine.de leurs montagnes primordiales ; il y a laissé ses vestiges ordinaires, des cratères obstrués et des couches de laves. Au s'urptus, si l’incendie a cessé de ravager la surface deTîle de Crète, il n’a pas abandonné ses fondements, car elle a souvent éprouvé des tremblements de terre ; nous les citerons à leur place. Quant à l’île de Chypre, le feu souterrain l’a visitée depuis l’île de Crète; sous l’empire de Titus, il s’y déclara un volcan dont l’éruption inattendue anéantit plusieurs villes.
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Vient ensuite tout l’archipel de la Grèce. Nous avons déjà vu l’existence du feu sous les bases de cet archipel; il nôus a envoyé un témoin irrécusable, en faisant sauter du fond de la mer l’île de Santorin , dont nous avons parlé. Nous allons suivre ses traces sur le reste de cet amas d’îles.
Entre Crète et Cithère ( Candie et Cérigo ), se trouve une petite île brûlée, dont la forme et la nature attestent l’origine. • WfS' . •
Les Cyclades ont pour centre l’île de Délos , île qui fut jadis en proie aux plus violentes commotions, suivant Pline, Hérodote et Thucydide. LWigine que les poètes lui donnent , est un voile qui fie peut dérober au géographe la véritable formation de cette île.
Le coup de trident qui élève Délos du fond de la mer pour servir aux couches de Latone, est une éruption volcanique. La fable, dit Court de Gebelin , n’est pas toujours une fiction sans aucune vérité. D’ailleurs toutes les Cyclades ont des cratères éteints, et leur sol est composé de débris de scories et de produits volcaniques. Au surplus, l’étendue de Délos est bien moindre aujourd’hui qu’autrefois. Les tremblements de tepre A ont vraisemblablement secondé les assauts de la mer pour en miner une partie. Pline lui donne quinze milles de tour. Lé mille romain est de 79a toises : l’île avait »
donc 1 1 ,880 toises de circonférence. Tournefort ne lûi en donne aujourd’hui que huit mille: en supposant qu’il ait employé le mille de 60 au degré, l’île a, selon lui,. 7808 toises détour; son circuit est donc diminué de 1272 toises.
li’île de Négrepont, l'ancienne Euhée, porte tousjes
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caractères volcaniques, entre autres des eaux thermales. Ses violents tremblements de terre l’ont ravagée à plusieurs reprises, et ne laissent nul doute sur son volcanisme. Si de Négrepont nous remontons vers J’Hellespont , nous trouverons l’ancienne Lemnos, aujourd’hui Stalimène. Sa montagne nommée Mosjrcle est un ancien volcan, et les forges de Vulcain que la mythologie y a placées sont les images de ses éruptions.
En redescendant au sud du côté de l’Asie, on trouve Lesbos, aujourd'hui Mitylène ; île jadis assez opulente pour être ^considérées comme fort importante dans la fédération de h»! Grèce ; i aujourd'hui minée, ravagée par le feu, envahie! par la mer, réduite à une petite portion de son ancienne étendue, elle a vu disparaître ses villes, dont neuf furent ruinées par des tremblements dé terre. Ges résultats seuls suffisent pour démontrer son ancien volcanisme. En continuant sur la côte d’Asie, on trouve Samos, jadis si fameuse et foyer des plus violents tremblements de terre, dont un des plus forts l'arracha du continent. Son sol renferme de grandes carrières de marbre ; nous ne connaissons point de volcans à sa surface , mais ses tremblements de terre la classent dans la catégorie des îles volcaniques.
Enfin, revenant à Candie, nous trouvons sur notre route la fameuse Rhodes, que son colosse dans l’ancien temps, et le courage des chrétiens dans les temps modernes, ont rendue si célèbre : toute l’antiquité lui donne Une origine pareille à celle de Théra ( Santorini ) *. Son volcan était au mont Atabyrê ; et ses tremblements
*• \nin)ien Marcellin.
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de terre fréquents, qui ont fini par renverser son superbe colosse, attestent, sa composition volcanique.
Un si grand nombre de volcans presque contigus, nous conduit à penser que le principal foyer d’embrasement souterrain de l’Ancien-Monde était placé sous toute la Méditerranée actuelle ; que ses éruptions ont formé les divers volcans que nous venons de faire connaître ; et que les commotions occasionées par les efforts du feu ont bien pu (comme nous le disons fol. 45 et 97) séparer l’Europe de l'Afrique au détroitde Gibraltar. Cette opinion est celle de Pline. Dansçeeas, ces commotions auront fini par abîmer une> partie d’un grand continent contre-miné par l’inoendiejiet dont la Sicile, la Sardaigne, la Corse, des Baléares, et peut-être même l’Italie avec son Apeunin, pourraient bien être les anciens débris ; ainsi se seraient formées la Méditerranée et le golfe de Venise. Quant à l’archipel de Grèce, le feu a déchiré en cent manières le lieu qu’il occupe, tantôt créant de nouvelles îles , et tantôt lacérant ou abîmant les anciennes, ainsi que nous venons de le faire voir. -ÜOI» ndifinri*»! ■ £7.i
En sortant de la Méditerranée, nous entrons dans , l’Atlantique; et remontant vers le nord , nous voyons d’abord de vastes rochers de basalte dans les Hébrides, notamment l’île Staflfa, connue par la fameuse grotte de Fingal , colonnade de basalte qui porte pour entablement une île toute entière. Ces témoins volcaniques nous instruisent sur l’origine de ces îles; nous en parlerons en citant les volcans éteints. Nous arrivons à l’Iceland. Cette île recèle un incendie dans toute son activité; elle est sans cesse menacée de disparaître sous
les Ilots; les habitants doivent se regarder comme sur un glacis contre-miné, et s’attendre à sauter en l’air à chaque instant. Le sol de l'ile renferme une quantité énorme de bitume et autres matières incendiées. Les pierres y sont à demi calcinées et toutes noircies encore de l’action du feu. L’île est pleine d’eaux thermales : quelques-unes offrent des particularités remarquables. La source surtout que l’on connaît sous le nom de Geyser, est à 72 pieds de profondeur au fond d’un gouffre dont l’ouverture a 57 pieds de diamètre. Les eaux se gonflent à des époques fixes, et débordent la bouche de ce téou. Alors une forte détonation ébranle le rocher “ ensuite s’élève de la fumée, au milieu de laquelle l’eau minérale s’élance jusqu’à L jao pieds de hauteur. Au bout de quelques minutes , les tourbillons de fumée se dissipent, le bruit cesse, l’eau baisse, et' le gouffre se montre vide.
L’Hécla est le principal volcan de l’île et la plus haute de ses montagnes. Ce volcan a eu dix éruptions majeures depuis iio4 jusqu’à 1693; nous en donnerons le tableau. Indépendamment de ce volcan , l’Iceland en renferme deux autres principaux, le Krahl et le Koëtlegaw, qui travaillent dans les intervalles du repos de l’IIécla. Il faut y compter, en outre, une vingtaine de cratères ayant tous des éruptions au milieu des glaces qui couronnent les pics dont ils occupent l’intérieur et qui souvent les obstruent. Ces accidents, comprimant le feu, redoublent ses efforts, et causent des ébranlements généraux par toute l’île, qu’ils menacent d’engloutir. Malgré cela, l’ile est peuplée; elle fut le refuge des sciences, lorsque, après la chute
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de l’empire romain , la barbarie inonda l’Europe. Et c’est un trait à ajouter à l’histoire des. hommes, que de dire qu’il en est qui chérissent ce séjour , patrie ingrate qui ne leur fournit pas même du pain, et que cependant ils n’abandonnent pas, parce qu’ils y ont vu le jour.
Plus au nord se trouve 111e de Jean Mayen, découverte en i6t4- C’est une langue de terre appuyée contre une énorme montagne qu’on n’a pas mesurée , mais elle est si haute qu’on l’a vue de 3a lieues. Son volcan est en pleine activité et lance des cendres jusqu’à i5 lieues en mer quand le yejit favorise c£ trajet.
De l'ile de Jean Mayen si nous descendons au sud , j usque par les 4° degrés nord , nous , trouverons le petit archipel des Açores, composé de neuf îles, Ter cère, Saint-Michel, Fayal , Gracieuse , Pico, Corves, Flores, Saint-Georges, Sainte-Marie.
Nous avons vu que le volcan de l’ile Pico s’était , dit-on, abaissé lors de la naissance de la petite île qui sortit des flots en 1 720 : nous parlerons des éruptions du volcan de l’ile de Saint-Michel. L’ile de Fayal a brûlé comme les autres , mais son volcan est éteint. Cook en a remarqué le cratère obstrué, et tout nous porte à croire que l’archipel entier a brûlé comme les deux dont l’incendie subsiste encore.
Des Açores nous avons peu de chemin à faire pour arriver aux îles Canaries , groupe de sept îles sur la côte d’Afrique. Ce sont Téneriffe, la grande Canarie, Palme, Gomère, l’ile de Fer, Lancerote, Fort-Aventure, sans compter les îlots inhabités, tels que Clara et Alegraosa. Un peu au nord se trouvent deux îles
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ce sont Madère et Porto-Sa nto. Tout auprès de ces derniètèSples îles désertes s’élèvent bien peu au-dessus dit- nivéitu de la mer ; et entre Madère et le groupe des Canaries , on trouve un autre plateau qui sort à peine dés flots et qu’on ntnnme les Salvages. Il y a , sous les Canaries proprement dites, quatre centres d’activité où l'incendié s'est foit jour. Le premier et le plus considérable eSt sbus Ténérifïe ,"le second sous Palme, le troisième sous H le de Fer, le quatrième sous Laneerote. Fle'éète^fniflè,i ’iTé dê Fer s’éSt ouvert en 1667, au motbent bîtlfl£f'lV^le‘tlé''K[itig9to'WU stf 1 renversait sur elle- #6ifle4p4ft,J«ttiWïr|fiè:Jbo3 aripàfeUoa ata 1 j»
-!,ilie VéfëkiPflè PdltUte eut Une éruption en i65a; il èst-'lil’é?Sfl^é-> «{U^Létait Obstrwéy^r l’éruption fut précédée de violents' trèrtiblèinentS de1 ter Te que ressentit tOütfttfHAlpfelT 1 u* ib&Muoa , •. ►
Lé prihbipàl' foyer de tout ce groupe est' le volcan de Téhérlffe',' on lé* nomme pic de Teyde , mais l'habitude a 'prévalu de le nommer pic de Ténêriffe. Nous avons déjà fait1 connaître sa hauteur.
Le pié de Ténérîfï'é se voit de très-loin quand le temps est Serèin. Jfe l'ai conservé deux jours en vue, et j^stiniâis’en être à -36' lieues quand il s’évanouit dans les nuages. Depuis ’lông'-tetnps j'en avais perdu de vue la région1 inférieur ; ‘soin sonnnét seul réfléchissait les rayons dilsotéll «#' miliéti du ciel, on eût dit un gros ballon voguarït dans tes airs. Ce volcan a beaucoup de repos Ç car je l’ai vu qùatre fois , et toujours calme. 11 est assez dangereux de l’escalader; le sol recouvre parfois d'inie couche très-légère des gouffres dans les- <[uels on peut s’abîmer. Ailleurs on rencontre des fon-
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drières brûlantes dans lesquelles on peut enfoncer. Enfin, quand on arrive au cratère, on découvre une grande ouverture de près de i5o toises de diamètre, d’où sont sortis des amas prodigieux cle rochers que le volcan a lancés dans ses éruptions , et qui se sont amoncelés sur les flancs de la montagne* partout où les aspérités et la nature du terrain leur ont permis de s’arrêter dans leur chute; il y en a des tas de près de 4oo pieds d’étendue.
Le pic de Ténériffe a eu sa dernière forte éruption en i3«4- Cette montagne est couverte d’une enveloppe calcaire, et ses collatérales sont calcaires* Cook nous apprend que les vagues de la mer y ont laissé leur empreinte; il est à regretter que ce savant observateur n'en ait pas trausmis des échantillons. •
Un nouveau volcan vient de s’ouvrir à Lancerote: on a commencé à éprouver de forts tremblements de terre le 29 août j8u4- Ces tremblements allèrent en augmentant de violence jusqu’au 3i, sept heures du matin; alors le volcan éclata au milieu de la montagne dite la Farnia. Cette éruption dura jusqu’à dix heures du matin du 1er septembre; ensuite il se forma de grandes colonnes de fumée. Le 22 septembre, nouvelle éruption, qui lança une si grande quantité d’eau qu’il s’en est formé un grand ruisseau, qui a diminué graduellement jusqu’au 26; alors on n’apercevait plus qu’un petit filet d’eau. Le 27 septembre, les bruits souterrains et les tremblements de terre pouvaient laisser prévoir de nouvelles catastrophes.
Madère a ressenti des tremblements de terre; son sol est visiblement volcanique. Voici l’opinion de Cook : « 11
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« y a de grandes raisons de croire que Madère est « sortie anciennement du sein de la mer par l’explosion « d’un volcan. Toutes les pierres, jusque dans leurs « plus petits fragments, paraissent avoir été brûlées, et « l’espèce de sable qui couvre le sol n’est lui-même u qu’une cendre volcanique. » Nous ajouterons au témoignage de Cook, que Madère étant une île volcar nique, doit être, ou un restede continent naufragé, ou une île lancée par un volcan: et nous penchons pour le premier cas, parce quelle est ronde comme une tor- • tue posée sur une table; ses rivages sont sans plaines, et la sonde ne donne point de fond à une très-petite distance de la côte; ce n’est que le sommet d’un pic dont tous les accessoires, les talus, se sont écroulés. Nous avons expliqué notre opinion au commencement de cet article. Voyez aussi notre conclusion à la fin de foulage. 1 . .
En suivant la côte d’Afrique jusque vers les 16 degrés, on rencontre l’archipel du cap Vert, çpmposé de dix îles, savoir : Saint-Yago (c’est la principale), JBrava, l’île de Fuégo, Mayo, Bonavista, Sal, Sainte-Lucie, Saint- Nicolas, Saint-Vincent et Saint- Antoine. Ces îles sont toutes volcaniques, et sont ou les débris d’un continent, ou des produits d éruptions sous-marines. Leur constitution n’est pas assez connue, pour que nous puissions assigner ici leur vraie origine. Nous croyons cependant que ce sont les restes de ce continent dont le naufrage a creusé le lit des Atlantiques. Le foyer de l’incendie qui ronge leurs fondements , est sous l’île de Feu,ou Fuego, Toute l’île n’est qu’un cône, au sommet duquel se trouve Je volcan; il est en pleine activité, et vomit sans cesse
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du feu et de la fumée. Ses éruptions continuelles lancent des quartiers de rocher, des pierres ponces, et des cendres, qui s’élèvent à des hauteurs considérables. Comme ces îles n’ont été découvertes qu'en 14C0, l’histoire ne peut donner aucun éclaircissement sur leur origine; mais tout porte à croire qu’elles sont peu anciennes. Un Anglais ( Roberts ), qui a écrit sur le volcan de l’ile de Feu, dit qu’originairement cette île était sans pic, que les éruptions l’ont formé, et que chaque année ajoute quelque chose à son élévation.
En passant l’équateur, on trouve, par 8 degrés sud, la petite île de l’Ascension, déserte , aride , sans eau , où tout annonce un bouleversement récent. Le sol n’est que delà cendre, dans laquelle végète languissamment an peu de pourpier ça et là , semé par les Européens ; prévoyante bienfaisance, qui voulait préparer des secours aux voyageurs, et que l’ingratitude du sol a rendue sans effet. Les Espagnols, animés du même esprit, y ont lâché des cabris; le climat les a tués. On ne peut marcher sur ce sol, sans l’entendre résonner à une grande distance. L’île entière est couverte de longs sillons de pierres ponces, légères, sonores, tranchantes, élevés de 5o ou 60 pieds; leur direction est centrale. L’aspect du pays est horrible; les montagnes portent encore l’empreinte des flammes éteintes depuis peu de temps; leur forme ondoyante est encore dessinée en couleur rouge sur les flancs des plus petites collines, comme sur les précipices des plus hautes montagnes. Celle sur laquelle les Français ont planté une croix, est un cône parfait, dont l’aspect est tout rouge de feu; mais ce cône est trop pointu pour avoir admis un
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cratère, et je n’y en ai vu nulle trace. Au milieu de l’ile s’élève une montagne qu’on découvre en mer à vingt lieues de distance; on la nomme Montagne-Verte , parce que son sommet, toujours dans les- nuages, s’est enfin couronné de quelque verdure, qui contraste avec le reste de l’ile. Le milieu de cette montagne est un cratère obstrué, dans lequel les nuages et les pluies ont déposé, un peu d’eau; c’est la seule qu’on puisse trouver, dans Pile. Le sable du rivage est tout neuf; ce sont des détriments de corail , que les vagues n’ont pas eqçQiee eu lÿ. temps de réduire en poudre.
Elpf Ja(ojft.i.,\ters1le 6ud , SOUS leAebième parallèle, on trQU,y$ l’üe- i&l iSainte-I4élè|ie^ 'devenue fameuse par la mort; $4#! Jiomme célèbre, qui occupa long -temps toutqs jgs, t^um|)iettes de la rehominée, et dont les derniers ins^utSi ont encore lait tourner les regards de l’Europe vers le lieu de sa retraite. La conflagration de Sainte* Hélène est aussi authentique que celle de l’Ascension , et les traces rie feu n’y sont pas moins visibles. De loin , Pile paraît .encore brûler; ses montagnes rouges portent la livrée des (lamines qui les ont consumées. Sa base uçstpas étendue; elle s’élève brusquement du fond de la mer* auquel elle est attachée, a mne profondeur qu’on n’a pu mesurer: la sonde n’y trouve le fond que dans le r>qr$rQuest ; cette direction est celle des vents et des CQOfants;et une particularité bien remarquable, c’est que des eaux du pays ont pris leur cours dans cette direction, c’est dans le nord-ouest que coule le petit ruisseau qui fournit à l’aiguade de la rade. Les rochers de la cote, noirs, percés à l’infini de petits interstices tortueux, tourmentés comme des scories de
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forge, semblent, de quelques pas, être du charbon de terre consumé. Le sol de cette petite sommité perdue au milieu de l’Océan, est de cendre, qui commence à se convertir en terre végétale. Os maisons y sont construites de lave; toute l’île offre l’image du chaos. Il est plusieurs endroits, où deux personnes éloignées de vingt toises, par leur zénith, peuvent être à deux cents toises au-dessus l’une de l’autre. Il n’y a pas une plaine, si ce n’est sur le haut dequelqne sommité. Les habitations sont élevées de’ 3oO toises au tnoîns, audessus de la meivL’ile *bt> escarpée ’ et ‘n?ë$t abordable que d’un seul côtéj tfne petite'SOurce d’eatt 'ft "pertnis aux spéculations de f’Èurope dès'yéfabfir; '«■ malgré cette affreuse description , il s’est trouvé1 tfefe colons pour habiter ce petit écueil, de quatre lîéHeS'dè* Oîdcuit ou à peu près. Quelques±uns s’y 'trouva'iènt hètfféüx : jy ai connu un habitant, pour qui cettcpetlte colonie était le monde entier; d’autres Ont refusé'd'en sodtlr, et de tout le globe de la terre ne connaissaient qu’un petit point d’une lieue et un tiers de diamètre. La beauté du ciel, la douceur du climat, l’abondance du poisson , des légumes, quelques fruits, un gouvernement doux , la visite périodique des voyageurs de l’Inde et de la Chine qui leur apportent deux fois par an le tribut de l’Europe et de l’Asie, des mœurs simples, peu de besoins, tels sont les biens certains qui attachent à ce misérable réduit quelques personnes asrsez sensées pour ne pas vouloir aller ailleurs en chercher d’incertains.
De Sainte-Hélène, si nous repassons l’équateur pour aller dans la bande du nord , les vents alises nous conduisent aux Antilles. Os masses énormes ne paraissent
point sorties des entrailles de la terre par la violence d’un incendie; leurs hautes chaînes granitiques nous font les regarder comme un appendice des Cordilières; comme un bras jadis dépouillé par un naufrage volcanique, et non encore revêtu, que l’Amérique du nord tend à celle du sud, pour soulager l’isthme de Panama, sur lequel repose, depuis sa dernière catastrophe, le soin fatigant de résister à la pression de deux mers et aux efforts de. si* volcans. » , m
Les Antilles nous semblent être les restes d’une grande explosion, dans laquelle île feu a vraisembla-. blement joué dans le golfe du Mexique, le même rôle que dans la Méditerranée. L’Océan , fidèle à sa marche ordinaire, ne pouvant joindre -corps à corps son rival, pour l’éteindre et le détruire, s’attache à réparer ses ravages: il a trouvé dans ces îles des bases primordiales, que le feu n’avait' pu renverser, et propres à faire les fondations du nouveau continent qu’il réédifie pour remplacer celui qui s’est abîmé; il s’en est servi pour leur adosser les masses calcaires que le feu s’est empressé d’envahir, et où exerçant ses nouvelles fureurs il a causé des explosion^ latérales à une grande profondeur, filant ainsi ses galeries à la rencontre des cavités creusées sous l’Amérique , et dont il s’est fait des points de communication avec les volcaqs du Pichinca et autres , pendant que la sphère de son activité, se répandant en tous sens, a étendu un rameau sousmarin vers l’Europe, auquel il a communiqué et duquel il a reçu réciproquement les ébranlements de la Jamaïque et les convulsions dudésastre de Lisbonne. Cependant cet incendie s’exerce aussi verticalement, et
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son foyer approchant de sa surface, y cause de violents tremblements dont la ville du Port-au-Prince à Saint- Domingue a souffert plusieurs fois. Une montagne voisine de cette ville annonce par- Un travail sourd, par une sorte de mugissement profond, la légèreté de la voûte cpii comprime aujourd’hui le ressort du leu; c’est probablement là que se formera le cratère du volcan, qui, en s’exhalant, doit enfin débarrasser l’île Saint-Domingue de ces fréquents tremblements de terre, qui troublent la tranquillité de ses habitants.
Tels sont les points que le vtflcanisine affecte dans les deux Atlantiques. Nous n’avons point parlé des petites îles de Tristan, Diego- Alvarès et Saxembourg, intermédiaires entre Sainte -Hélène et la terre de Sandwich, parce que ces îles sont trop peu connues, et qu’elles n’ont donné lieu à aucune relation qui nous soit parvenue. Celle de Diego- Alvarès est même si incertaine, que nous la croyons fausse; nous pensons qu’on l’a Confondue avec Tristan. Celle de Saxembourg^ dont Belin n’avait pas connaissance, se trouve sur la carte du dépôt de la marine, n° i, pour servir au vovage de la Pérouse; et celle de Tristan elle-mcuic est si peu connue, et sa position si peu avérée, que, dans les instructions de la Pérouse, il lui était ordonné de la chercher par 'iy° 3o' sud , saus qu’on pût lui <ttPü avec précision s’il la trouverait. ( Voyez notre dictionnaire de Géographie maritime.) Et cependant nous n’avons pas craint de la ranger parmi les débris volcaniques qui constatent 4e naufrage des deux Atlantiques.
Nous allons voir le feu redoubler d'énergie dans
112 GKOGRA.I»B*E PHYSIQUE,
l’océan Pacifique, et. ne nous offrir pour hospitalité sur cette mer immense, que des i monceaux de débris , de ruines, qu’il abandonne aux flots: ceux-ci s’en emparent, et par uue rivalité établie entre ces deux éléments, en vertu de laquelle l’un crée quand l’autre détruit, l’un organise quand l’autre bouleverse; les flots* dis-je, réunissent toutes ces piles éparses, et à force de les /revêtir des .dépôts successifs qu’ils leur adossent , 41s .eu forment cet amas d’archipels continus, habités aujwrd’luù r et .dôat ik.fwrpBt un jour un continents si eup aiuslimb anovea auon ,Jn9osu5in ». ■ Ce quetOOUH'Woaaidtt dis Ivrdts* bous a. donné une connais samee sufiÎAanteLtrl& nQtre planète* pour savoir que^dftÀRtilfo» <*tnnj>u8! sortîmes, nous ne pouvons nous rendre directementdai» l’ooéan Paeifique;la route que nous aUom.'*rbcer ajoutera juniiiouvea» trait au tableau physique de la terre*,.: auor. n in >b c1»
Nous notre abandonnons aux derniers souffles des vents aliséa dont -nous ; allons franchir la barrière, et secondés par le» courants, nous passons le. détroit de Baham,oq profitant des vents variables qui soufflent au nord du tropique* nous revenons vers l’est. Le volcanisme a placé sur notre chemin, plusieurs.des phares dont nous avons déjà paclw nous des reconnaissons en passant; nous voyons le pio des Açores , celui de Ténériffe; et poussés par les nents alises, nous apercev«*s l’île de Feu de l’archipel du eap Vert, au travers des brouillards éternels dont cet amas d’iles s’enveloppe.
Bientôt nous affrontons les calmes, les pluies et les orages de l’équateur, et après leur être échappés, nous retrouvons les vents généraux, dont l’impulsion latérale
VOLCANS
nous pousse vers1 ‘les côtes du Brésil ; de là , les' vents variables nous ramènent vers le cap de Bonne-Espérance; que voit-on là? de riches troupeaux, des vignes florissantes , une agriculturo prospère ; ce n’est pas l(i ce que nous cherchons ; nous nous abandonnons aux vents, qui nous emportent vers le Levant; nous passons sur ce banc des Aiguilles, oii b pèche trouve des analogue? avec celle du banc de Toppo-N eiwc. Bientôt nous atteignons le quarantième méridien alan? l’est de Paris; le ciel nonspaèaîteh tëu verfeié nord;, les orages nous menacent, nous savons d’ailleurs que la mer est semée de dangers entre TAfriqùeet •cetUK'Contim nation de son continent) qui s’un est; détachée <ou& te nom de Madagascar. Ces considérations nous portent à prendre un peu plus de circuit; et nous ne. tardons pas à rencontrer les îles, de i France et de Bourbon.; te volcan de cette dernière nous appelle. ab oupie^dq usai L’ile de Bourbon fut d’abord obmmée MuScareinlias; son circuit est d’à peu près j34oufl(i-Titeues/<Q5eSt une seule montagne, sans port, sans 'baié^ swhç accès; on y trouve deux mauvais mouillages dangereux , fertiles en naufrages, etoù les navigateurene pou vantétreen sécurité se tiennent toujours prétsà fuir; on y débarque aü milieu des lames et non sans danger ;tqab l^dressé dèS gens du pays ('St.adrtiirabl0, et.le3:aoculehes)y«0ntteètt-ràfres. fit partie o rie nta te offre iin sol toûtlbrôté te milieu
de l’île s’élève Le pie de Sabaze», qui vomit souvent des flammes, presque toujours de 1a fumée, et quelquefois des laves. On a écrit que ces îles pourraient bien avoir été lancées du fond de la mer ; nous sommes plutôt portés à croire que les trois îles, de Bourbon, de France
«RrnnnK r4BTn.
et Rodrigue, sont les restes d’un naufrage volcanique; nous avons dît à l’article Filiation, page l\\ , qu’elles sont une continuation des montagnes de l’AfriqUe et de l’Àsie qu’elles réunissent d’üh côté par l’intermédiaire de Madagascar, et -de l’autre côté par les Maldives et les Séchelles. Toutes ces branches de montagnes ainsi réunies vont se confondre aux îles du prince Edouard, aux îles Marion et Kerguelen , d’où elles se rendent àu pôle.
La mer a adossé à ces trois îles des matières calcaires que le feu à consumées, et qu’il a ensuite lancées sur leur surface en les couvrant de longs sillons de pierres, moitié ponces, moitié laves refroidies, et tjüe l’on renverse pour cultiver la place qu’elles occupaient. L’année suivante, on remet la pierre où elle était, et le nouvel emplacement qu’elle quitte, se fertilise à son tour. L’ile de France d’abord nommée l’île du Cinie, ensuite Maurice , ne brûle plus ; les laves dont elle est couverte attestent la présence antérieure du feu qui l’a consumée. Les îles de France et de Rourbon sont, comme les Antilles, des masses primordiales à leur base; du moins il est permis de les regarder comme telles. L’Océan les a revêtues d’enveloppes au travers desquelles le feu a pénétré , en cherchant à se faire une issue verticale, et ses efforts ont produit les volcans, dont l’un avait ouvert lé Piton de l’île de France, l’autre règne encore aux Salazzès.
Des îles volcaniques dont nous venons de parler, les vents généraux nous entraînent au travers de l’archipel du nord de 111e de France, où f Océan reconstruit de nouveaux pilotis au milieu des ruines. On y trouve des bancs émergents, de petites des disputant dele-
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vation dux flots qui baigneut leurs rivages; des coraux des débris du règne animal; une nature prise sur le fait, organisant des terres qui sont aux premiers jours de leur enfance; peu ou point de terre végétale, si ce n’est par intervalle , et ces intervalles se couvrent d’une végétation vigoureuse, de quelques cocotiers qui servent (de loin) de signal aux navigateurs, pour leur annoncer l'existence de ces îles que l’œil ne saurait découvrir derrière les flots qui les cachent. Le feu ne trouverait point encore assez d’aliments dahs cèt archipel qu’il s’abstient de visiter. r.1) t" . . *i . . ...
Plus loin, la sonde annonce un banc de sable, des débris de coraux . et de coquilles pouries. L’Océan l’élève,'pour marier ensemble toutes lesiSles 'Sécbelles, qui montrent de foin leurs flancs décharnés1 et leurs pics de granit, au-dessus d’une forte tvégétation; ces îles sont entourées d’une côte naissante, fondée par du corail blanc, dans lequel la mer conserve de petits interstices qui servent aux bateaux pour aborder au rivage, en passant au milieu de ces coraux qui sont déjà à fleur d’eau*. Continuant vers le nord et traversant l'équateur, on trouve ce long rideau nommé Maldives C’est un. amas d îles créées depuis hier (si l’on peut ainsi dire); elles reposent sur les coraux encore organisés, dont l’Océan forme leur base. C’est là, seulement là, qu’on trouvé ce petit coquillage nommé cauris (coucha veneris pan’ula), qui sert de monnaie au Bengale. Ces îles à peine émergées, semblables en tout à celles dont nous avons parlé au nord de l’îlc
1 C’est ce qn'on nomme barachouds.
’ T.e mbit divè signifie île.
rie France , n’offrent' nuchrre matière aux recherches volcaniques; elles s’appuient sans doute sur un noyau granitique qu’elles ont enveloppé, et qui se dérobe à nos yeux, jusqu’au moment où le feu s’emparant de cette nouvelle conquête attaquera le granit lui-même, et nous le montrera consumé et réduit à l’état de pierre ponce.
Bientôt le cap Comorin apparaît au-dessus des flots; c’est un des principaux promontoires de l’Asie, c’est l’extrémité de la chaîne granitiqüé dès Gates, c’est un rameau de TIrnaüsrf V'cfyéz ntms avons dit au
f° 4 r • ) Les vents éhtrâïhéni1 ïèWôÿil^etfr vers Ceylan, appendice* de l’Asie, à laquellë if tièht par une digue de rocher qui sépare le golfe dcMahi’r'dû golfede l’Inde; sa pêcherie de perles, ses cannelles ont moins de prix pour nos remarques tju’un miorcean de basalte: il faut se hâter de gagner le détroit de Malac,où la nature promet un vaste champ d’observations volcaniques au milieu de cet amas d’archipels Innombrables, restes encore fumants de la fureur du feit dont l’Océan travaille à réparer les ravages continuels.
Sumatra est une longue chaîne primordiale, où le feu n’a pu obtenir que le petit volcan de Balatain , dont les éruptions sont peu considérable^ ; 'se forme-t-il? est-il dans l’enfance, ou dans la décrépitude? nous penchons pour le dernier cas, les premiers élans de cet élément sont énergiques. Sumatra n’a pu se défendre de donner un passage souterrain à l’incendié qui s’est dirigé vers l’île de Java , séparée de la première par le petit détroit de la Sonde, peu profond, étroit , obstrué par la petite île du milieu qui pose les premiers