EN L'OBÉISSAKCE UE 8A MAJESTÉ CATHOLICQUE
Le lundy, seizième jour du mois d'octobre an quinze centz quatre-vingtz et quinze, les bailly de Cambresis, prévost, eschevins et magistrat*, ensemble aucuns' nobles de la ville, cité et ducé de Cambray assemblez en leur consistoire pour adviser et délibérer sur le bien, estât et repos perpétuel de ladite ville, bourgeois et habitans d'icelle.
Sur la proposition faite des causes des troubles passez et moyens plus seurs et expédiens pour obvier que jamais on ne retombe en semblable malheur, a esté jugé convenable, utile et nécessaire supplier que Sa Majesté Catholicque fût servie retenir à soy et ses successeurs la souveraineté et seigneurie temporelle de cest Estât, puis que outre la garde et protection ancienne d'elle et de ses prédécesseurs, par la force et moyen de ses armes, Ton se trouvoit heureusement délivré de l'oppression,
' A DOUAT, de l'imprimerie de Jean Bogart. — Avec permission des supérieurs. ,
* Ces divers fonctionnaires constituaient le Sénat chargé de radministration de la ville de Cambrai.
* Aucuns. — Quelques.
usurpation, et tyrannie, en laquelle à leur très grand regret puis quelques années ils ayoient vescu soubz Tautorité et puissance de Tennemy estranger.
Bien entendu que en conformité de la bonne volonté de Sadite Majesté déclarée à la réduction de ceste yille, elle doibve demeurer en ses anciennes coustumes, et aux mesmes droitz de subjection envers Sadite Majesté, qu'elle estoit par-cy devant à Tendroit des révérendissimes évesques et archevesques, comme seigneur temporel d*icelle'.
Confiant que monseigneur le révérendissime archevesque à présent ^ par le moyen de Sadite Majesté restitué en la possession et jouyssance de son église métropolitaine, diocèse, siège et juridiction spirituelle, oognoissant estre impossible de conserver cest Estât par ses forces seules temporelles contre si puissans et dan^ gereux ennemys, que ceulx par lesquelz ilavoit estécydevant tant d'années spolié et déjecté^ sera, comme de raison, très content que à Sadite Majesté deineure cy après ladite souverainté et seigneurie temporelle de ceste ville, institution et destitution du magistrat et
* Ces réserves furent acceptées et observées à la mode ordinaires des serments espagnols. Les lieutenants de Philippe II eurent bientôt outrepassé les anciens droits des archevêques. Louis de Berlaymont , duc-évôque de Cambrai, qui mourut en 1586, a dû protester contre la tyrannie des ministres du roi et se retirer à Mons, après avoir dépensé 40,000 florins de son revenu au siège de Cambrai. (Lbglay, Hùtoire du diocèse de Cambrai.)
* Louis de Berlaymont, fils de Michel, baron de Berlaymont, seigpoeur de Floyon, avait succédé en lOTO à Mazimllien de Bersnies, sur le siège épiscopal de Cambrai. — Pendant la domination de Balagny , Tarchevôque s'était retiré à Mons, en Hainaut, où il tint un concile en 1586. Il paraît avoir administré, pendant son exil , Tévôché de Tournai. Il mourut en 1596 à Mons où ravalent relégué les exactions de Fuentès ; il y fut inhumé en l'église des Sœurs-Noires,
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aultres droits en dépendans : à ce que tous unis en fidélité et obéissance soubz un si grand et puissant monarque et prince, par le moyen de ses victorieuses armes et forces, ayec l'administration de justice soubz son autorité, TEstat puist demeurer en paix et tranquilité asseurée à perpétuité, et toutes querelles, divisions et séditions, que la pluralité des seigneurs et officiers de divers princes en un lieu ont accoustumé d'apporter, avec ruine et désolation, ensemble toutes anciennes injures et mauvaises volontés demeurent par ce moyen ensevelies et abolies : tous d'une mesme affection et dévotion recognoissans Sadite Majesté pour seul seigneur et prince souverain de ladite ville , cité et ducé de Cambray.
Et comme ladite délibération a semblé estre de grand emport et conséquence méritant la convocation de plus grande assemblée des principaux citoiens et bourgeois de ladite ville, a esté ad visé de remettre la résolution au lendemain, et pour ledit jour faire par les officiers mander et convoquer tous lesdits bourgeois et habitants tant gentilshommes, marchans que aultres, pour par ensemble avec ceulx dudit magistrat délibérer sur ce que dessus, meurement ouyr et entendre les raisons, opinions et volontés d'un chacun, affin de sur ce asseoir une bonne, saine, salutaire et ferme résolution.
Le lendemain advenu jour dix-septiesme desdits mois et an, environ les huit heures du matin se sont retrouvez et assemblez audit consistoire les suyvans :
Charles de Wingles*, escuyer bailly deCambrésis;
* Les Db WmGLE étaient de bonne noblesse; ils tiraient leur nom d'un petit irillage de l'Artois. C'était une des branches de la grandeTamille des Wtfwt'». Ils portaient â:a%UT à Vécussm émargent, au bâton engrelé de gueules. — Un Pierre de Wingles avait déjà été grand prévôt de Cambrai en l'an 1445. (Voir Le Carpentier, Histoire de Cambrai.)
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George de Bernemioourt*, esouyer prévost; M. Claude Lande, conseiller pensionnaire; Andrieu Dollet^ JerosmeSart', Jean Canonne*, No6l de le Sauch*, Nicolas le Febvre*, Jacques Desmarez*, Adrien Bernard', Antoine
' * Les Db BaaNBMicouBT étaient aussi de bonne et vieille noblesse. — Ils portaient primitivement de sable zemédeJUurs de lys d'or; mais après le mariage de Jean de Saluées avec Beatrix de Bememieourt, ce chevalier, tout en adoptant le nom de la seigneurie que sa femme lui apportait en dot, conserva ses propres armes sur son écusson : D*a%urau cktf^d! argent (Le Carpentier.) — Plus tard, ses descendants des deux armes n'en firent qu'une. M. Borel dUauterive donne, en effet, aux de Bememi'court, dans son Armoriai de Flandre: D'azur à un chef d'argent, écarteléde sable semé de fleurs de lys d'or; accolé d'azur à un écusson ff argent.
* Il existait, dans le duché de Cambrai, une famille Sabt ou Sabs qui, en 1012, donna un grand prévOt à la ville de Cambrai. >- Ce prévOt portait d'azur à 3 lions d'argent armés et ceuronnés d'or. (Le Carpentler.)
' Les armes d*une famille bourgeoise du nom de Canonnb se trouvent ainsi décrites par M. Borel d'Hauterive : D'argent à un ehetron de gueule, chargé de trois roses émargent pointées de . sable et accompagné de 3 merlettes de même, deuœ et un.
* La famille de La Saulx, ou db le Sauch, ou db le Saux était des bonnes familles patrices de Cambrai. Le Carpentler ne donne pas leurs armes mais il remarque que, de son temps, quelques descendants de cette famille s'adonnaient au trafic.
* Il existait une famille du surnom de Lb Febvrb • qui est Bellecourt, dans notre Cambrésis >, dit Le Carpentler. Elle était jadis célèbre entre les patrices et portait d'or à la fasce de gueules accompagnée de 3 marteaux f abris de sable.
* La famille Dbsmabets tirait son nom du village de Marets ou Maray, à quatre heures de Cambrai. — Les armes étaient : Une croix accompagnée de quinttfeuilles et en chef des roses , d'après Le Carpentler; mais M. Borel d'Hauterive en donne d'antres plus détaillées : D'azur à un chevron d'or accompagné en chef de deux pigeons de même, et en pointe d'un croissant d'argents
^ Besnabd portait de gueules à l'épée d'argent en pal, emmanchée, pommettée et croisée d'or, côtoyée de deux étoilles de même.
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Dollflt, Jean Roussel ', OlaUde HaUet^ Jean Trlgault% tous eschavins* : Jean Castellain*, Crespin Trigault, Qillea Simon, Anselmea de Baralles*, quatre hommes ^ Oudart de Boilleux, collecteur*; Antoines de Villers, seigneur de Leboves'; Jean de Villers, seigneur de Fagnolet*"; Jérosme Danneux, seigneur de Talmas'*;
» Le Carpentier « ne scait au vpay le port de ses armes » . — M. Borel d'Hauterive les établit comme suit : De sable semé de flêUrê de lys d'argent et un éh^fde menu, charge' d^un grifon passant de gueules.
* Mallst portait d'aisur à un massacre de cerf d'or, (M. Borel d'Hauterive.)
> Tbigaûlt portait d'argent à trois tau, ou croisa de saint Antoine de sable, deuw et un, (M. Borel d'Hauteme.)
4 Les éohevins étaient au nombre de quatorze ; il en manquait dono trois à cette délibération.
* Les Gastblain portaient de gueules au château d'argent, au chtf d'azur chargé d'une tête et d'un col de licorne d'argent. (Le Carpentier.)
* Basalleb est un petit village à trois lieues de Cambrai. •— Ses seigneurs portaient d'or à la fasce d'azur chargée de 8 étoiUes, selon quelques-uns, à 3 quinttfeuilles d'or, (Le Carpentier.) — D'azur à la fasce d'or, accompagné de trois roses d'argent, deum en dufet une en pointe. (Borel d'Hauterive.)
^ Les quatre-hommes faisaient partie du sénat de Cambrai ; c'étaient eux qui veillaient spécialement aux travaux pjublios. — J.-B. GramayOf dans son livre Historié et antiquitatum urbis cameracensis summa capita eœ memoriis, les appelle édiles.
'• Il y avait ordinairement deux collecteurs dans le sénat de Cambrai.
^ Antoine de Villebs, seigneur de Zehove ou Lihovâ était des Villers-au-Tertre qui portaient d'azur à un écusson d'argent. Vécu semé de bellettes de même (Le Carpentier). — Il fut, dans la suite, éouyer-prévOt de Cambrai.
><> Jean de Villers, seigneur de Fagnolet (que Le Carpentier écrit Fagniolé) était fils du précédent, il mourut chanoine de la métropolitaine de Cambrai.
*^ Jéréme D'Annbux, seigneur de Mannieres et de Talma, fut gouverneur de la citadelle de Cambrai, probablement après lo
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Jean le Carlier, seigneur de Pynon *; Robert Pierin* , Chrestien Mallet, Nicolas de Lingniers*, Anselot de Chierre** Jean Bronaolt, Philippe Carlier, Martin de Boilleux, Jean de Rocourt', Augustin Oudart*, Antoine Laude» Nicolas Chauvin, Antoine le Leu\ Pierre Cretou*, Pierre Boildin, Valentin Sart, Nicolas Desinarez, Michel de Hennin*, Augustin Pinte, Augustin de Loy, Jean 8art, Henry de Boilleux, Flouren Billoiz^ M. Mathieu
retour de cette Tille à TEspagne. Né en 1565, il épousa Tolante de Resteaa on de Rœnx , dont il eut postérité et il monrnt en 1096. — Il portait dwt d 3 croissants de gueules. (Le Carpentier.)
■ Lx Cabusb, dit Le Eemy, portait «for au lion de sable, — Jean Le Carlier, seigneur du Pignon, dont il est question ici, eut de sa première femme Barbe de Hennin : Marguerite Le Carlier, daàie de Mannieres, qui épousa Jean d*Anneuœ, fils de Jérôme d^Anneox, dont nous avons parlé ci-dessus. (Le Carpentier.)
^ PnsBm portait de sable à une roue d'or. (Le Carpentier.)
* LiOMiàRBS , Tieille famille mais déchue et mêlée aux familles bourgeoises en 1505, portait €argent et d^azur à la croix ancrée de Vun en l'autre. (Le Carpentier.)
* CmàvBB avait pour armes : Tiercé en /asce, la premiire d^atur à trois étoilles, àsia rais d'or; le deuxième étor; et la troisième (^argent à un cerf courant au naturel. (Borel d*Hauterive.)
* RocouBT portait d'or semé de bellettes de gueules. (Le Carpentier.)
* OuDART portait d'argent à 3 merles de sàbU 2 et 1.— Cri: Fstrée.{he Carpentier.)
^ Bantœuw ou. Bantousel Lb Leu était à cette époque une famille roturière , mais eUe avait marqué autrefois parmi les patrices du Cambrésis. Elle portait d'or à un loup d'azur. (Le Carpentier.)
* Il y avait dans le Cambrésis trois famille du surnom de Creton : Creton d^Ssturmel portant de gueules h la croix dentelée ou crételée d'argent; — Creton^Bevelon portant d'azur au sautoir d'or accompagné de 4 étoilles de mime; — Creton-Mauville portant de gueules àZ lions issant d'or. (Le Carpentier.)
^ Db Hennin portait it'^r ^ la croix dentelée de gueules, à une hure de sanglier de sable au canon dextre. (Le Carpentier.)
de Lingniers, Charles de Hennin, Gery Foullon\ Toussaint Vas', et aultres en multitude tous bons bourgeois faisans et représentans la majeure part des principaulx et plus notables habitans dudict Cambray, et ce a huis ouvert, avec permission à ung chacun bourgeois d'y entrer, et lors de nouveau faite ladite délibération en présence de tous^ après longue communication et conférence tant du magistrat et desdits bourgeois par enr semble, que séparément, assçavoir le magistrat k part et les bourgeois à part en la grande salle de Thostel consistorial dudict Cambray, tous depuis rejoins ensemble d'une voix et consentement unanime sans aulcune contradiction, de leur propre et seul mouvement sont demeurez en la résolution que s'en suit :
Assçavoir que tous en corps iroient à l'instant trouver excellentissime seigneur , monseigneur le comte de Fuentès, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas, pour Sadite Majesté , chef général de l'armée , par le moyen de laquelle victorieusement a esté recouvrée ladite ville, chasteau et citadelle d'icelle, et réduite en l'obéissance de Sadite Majesté, délivrée de la tyrannie et oppression soubz laquelle dès plusieurs années ladite
* FouLLON portait d'azur à un chevron d'or, accompagné de trois bourdons de même, deuœ en chef et un en pointe. (Borel d*Hauterive.)
' Parmi les membres du conBistoire, cités dans ce petit imprimé, il se rencontre quelques noms que nous n'avons su trouver ni dans Le Carpentier, ni dans Borel d'Hauterive, ni dans les autres ouvrages que nous avons consultés à cet effet. Nous ne pouvons répondre, en outre, que tous les personnages, dont il est question ci-haut, appartiennent respectivement aux familles dont nous avons donné le blason ; mais il y a, du moins, de fortes présomptions à cet égard, et nous avons cru faire chose intéressante en rattachant, autant que faire se pouvait, la reddition de Cambrai, en 1595, à Thistoire des familles de ce riche et puissant duché.
HO AMNSXRS.
ville langaissoit : et par la boaobe dudit conaeiller et pensionnaire' au nom dudit magistrat et de toute la oom^^ mune dudit Cambray lui seroit dôclaré, et dès à présent dédaroient que pour bonnes et très Justes oonsidérationfl à ce les mouvans» ilz supplient très humblement Sadits Majesté estre senrie de retenir k soy et ses successeurs l'institution et destitution des magistrats, et généralement la souveraineté, seigneurie et autorité temporelle de ladite ville, cité et ducé de Cambray, avec toutes ses dépendances et appartenances, et les accepter pour ses très humbles fidelz vassaulx et subjectz, en les conservant aux mesmes droitz, franchises et immunités que d*ancien* neté ïlx ont eu soubz les révérendissimes évesques et archevesques lors princes dudit Cambray. Et de donner tel contentement audit seigneur révérendissime à présent que eulx et leur postérité puissent en paix et repos perpétuel vivre soubz la jurisdtction spirituelle de leurs révérendissimes archevesques et pasteurs d'une part et ;$oubz la souveraineté, principaulté, seigneurie et justice temporelle de Sadite Majesté et ses successeurs d'aultre part.
Par mesme voye supplient Son Excellence d'aocordev les articles qui luy sont présentez, et ce avant son partement de ceste ville, pour le repos et appaisement de toutes querelles et recherches.
Finablement de ladite déclaration, submission et ré* quisition soit donné acte pabiicque ung ou plusieurs par escrît signé des greffiers de ladite ville par ordonnance desdits du magistrat et commune dudict Camr
1 Lb eonsetller Claude Lande ot-deasits sommé. Il appartenait à la noblesse de Cambrai ; mais je n'ai trouvé aacua renseignement Mir sa famÂlle, dans le eba^itre que Le Ciurpeatiiee appelle seséloffe» génealagi§um; 11 ai te peu f tant lafamiUe Lande, parmi les patrices, dans son chapitre sur les jurés de Cambrai.
bray« avec le soel de ladite ville. Faict à Thostel conaistorial dttdit Cambray, le jour, mois et an que dessuâ.
Ainsi signé :
M De Bailleul* et M. MAlLLIET^
Collation faicte à loriginal par les subsignez et trouvé concorde.
M. De Bailleul. M. Mailliet.
Articles que le bailly de Cambrésis, nobles, prévost, eschevins, magistrat, quatre-hommes, manans et babitans de la ville, cité et ducé de Cambray supplient très humblement excelentissime seigneur monseigneur le comte de Fuentès^ gouverneur capitaine et lieutenant général des Pays-Bas, au nom de très grand et très puissant monarque PMlippes par la grâce de Dieu roy des Espaignes et des Indes, etc., seigneur souverain, prince et duc de Cambray et en ce nom leur vouloir bénignement accorder :
Premièrement pardon et oubliance généralle à tous et chflscuns les nobles, prévost, magistrat, eschevins, bourgeois et habitans naturelz de ladicte ville, pays de Cambrésis ,^ ou autres subjects originels de Sa Majesté présens et absens, mesmes ceulx qui sont présentement en France, sans exception quelconque de tous excez, fautes, désordres, mésus, fourfaicts, crimes de lèzemajesté et autres par eux commis audit Cambray pays de Cambrésis, depuis Tan quinze cent soixante dix-huit, jusques à présent : Dont la mémoire demeurera esteincte et assopie , comme de chose non advenue, sans jamais en estre inquiétez ou reprochez.
* BjiiLUSiVL^OTtaLit de gueules au sautoir d&vair.
* Les Maillet du Cambrésis portait d'argent à 3 tion» W^par* (jiéndtepÊeuUs,
us ANMBXBS.
Que Sa Majesté maintiendra lesdits nobles, prévosts, eschevins et habitans tant de ladicte ville, que du plat pays, et oomtô de Gambrésis, ou tous leurs privilèges, franchises, libertez et ooustiunes, desquels ils ont jouy de temps immémorial.
Que les dessus nommez présens et absens rentreront plainement et paisiblement dès le jour du présent accord en la possession et jouissance de leurs biens, capital de rentes, droits, crédits et actions, en quelque place ou lieu de Tobéissance de Sa Majesté qu'ils soient situez, dont Sadicte Majesté n'auroit disposée Nonobstant tous saisissemens , et sans qu'il soit besoing obtenir main levée ou autre provision que les présentes.
Que ceux qui ont eu maniement des derniers aydes, impositions, domaines et autres publicques quelz qu'ils soient, ne seront molestez ou inquiétez pour les sommes et parties qu'ilz monstreront avoir foumy par charge et ordonnance du conseil des seigneur et dame de Balagny, ou du magistrat, soit par advancement ou aultrement : Et dont les comptes n'ont esté rendus ei sont encore à rendre, tant du domaine ordinaire, impositions nouvelles, réception des deniers, et rentes des absens qui estoient annotées leur seront passées et allouées sans difficultés ; tnesmes les advancemens faicts par anticipation sur lesdictes rentes annotées, les prests et advancemens de deniers faicts par les particuliers, tant par ordonnance et commandement desdicts seigneur et dame Balagny que du magistrat leur seront pareillement allouez sans difficulté. Et le pareil se fera de tous derniers payez et advancez pour les fortifications : et ce à la charge de ladite ville, et sans préjudice des créditeurs particuliers rentrans en jouissance de leurs biens et rentes dès le jour de la réduction de ladite ville, nonobstant lesdicts advancemens.
Et pour éviter confusion de toutes les procédures,
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debvoirs de lois et reliefs de ûef faicts depuis ledit an soixante dix-huit par le conseil estably en ceste cité par le feu duc d'AIençon, par TofPicial , par le magistrat, courts féodalles et aultres courts subalternes, tant en ladicte cité que pays de Cambrésis, Sadicte Majesté tient pour vaillables lesdictes procédures et devoirs de loy, avec les exécutions ensuy vies : Pourveu que les parties aient esté présentes. Et quant aux sentences rendues par defTault et contumace, les parties absentes seront réintégrées et ouyes en leurs actions et exceptions.
Toutes successions eschues ah intestat pendant ledict temps suyvront les prochains héritiers, comme si elles fussent advenues à présent.
Les fruicts et revenuz des immeubles , rendaiges de terres, arrieraiges de rente deubz par les particuliers receuz et employés par don dudict duc d'Alençon , la royne sa mère, et Balagny, par charge et autorité du conseil et du magistrat ne s'en polra prétendre restitution, en conformité du texte des trefves; sauf des particuliers qui en auront faict leur proffit sans autorité publicque.
Que tous lesdicts bourgeois et habitans naturelz et originelz dudict Cambray et Cambrésis, ou de lobeyssance de Sadite Majesté ayans vescu en Texercice de nostre sainte religion ancienne catholique, apostolique et romaine polront continuer leur résidence. Et ceux qui voudront se retirer le polront faire librement dans quatre mois, avec leur famille, biens et marchandises, sans qu'il leur soit donné aucun empeschement ou qu'il soit besoin avoir passeport.
Finablement que toutes marchandises, grains, vivres, pour l'usaige de ladicte ville, cité et ducé de Cambray, polront librement estre tirées hors des aultres pays et villes de Sa Majesté, pour estre conduictes s%||» fraulde en ladite ville de Cambray, sans payer aucun impos à
Sadidie l^jetté, non plus que aeë muttns natonb wàh jeets.
Son EaBoènenee Voue k déofauratton « âubmiaBioit, et réqnkitioB contenue ea r«cte*du eeifeiesme et dis-sq^tteeme de oe mois, enaenble les artideB y mentionneK à elle présentes par les nobles, magistrat et commune de oeste iFille et cîté de Gambray; au nom de Sa Majesté aoeepte ladite déclaration et sufamission et leur octroyé k contenu esdicts articles ; le tout soubs le bon vouloir de Sadite M^esté. Faict audiot Cambray IcVingt^euskoie d'octobre mil cinq cens nonante-cinq.
Ainsi signé :
J. DB FtIBNTÉS.
Bt plus bas : .
Par ordonnance de Son Excellence,
Lb Yjosmsu.
Colktion faicte à Toriginal par les soubsignes et tfounô ccmoorde.
M. DB BaillUul. m. Maxllibt.
Annbxî: n^ vu.
TRIPLE ALLIANCE OFFENSIVE ET. DÉFENSIVE ENTRE LA FRANCE, L'ANGLETERRE ET LES PROVINCES-UNIES.