ORDRES RÉUNIS DE SAINT-LAZARE ET DE NOTRE-DAME DU MONT-GARMEL
L*Ordre de Saint-Lazare a été institué, dans le courant du xii® siècle, peut-être en 1119, par les chrétiens d'Orient, qui imposèrent pour devoirs aux chevaliers de [protéger les pèlerins et de soigner les lépreux. Chassés de la terre sainte par les musulmans, les membres de Tordre se retirèrent en Savoie et en France, où ils acquirent, en peu de temps, d'importantes possessions.. Louis VII leur donna, entre autres choses, la terre de Boigny, près d'Orléans, qui devint leur ch^f-lieu dans le royaume. En 1608, Henri IV les réunit aux chevaliers de Notré-Dame-du-Mont- Carmel, qu'il avait établis l'année précédente, et appliqua, à la réunion des deux ordres, la dénomination d'Ordre royal et militaire de Saint- Lazare de Jérusalem et hospitalier de Notre- Dame-du-Hont-Carmel.
Le nouvel ordre a été conféré jusqu'en 1788. Le roi en était le protecteur et en nommait le grand maître. Un règlement du 31 décembre 1778 régla qu'on ne pourrait y être adniis qu'à l'âge de trente ans, et après avoir prouvé, par titres originaux, huit générations de noblesse paternelle
et militaire (non compris le récipiendaire), sans aucun anoblissement connu. Les aspirants devaient, en outre, avoir au moins le grade de capitaine dans les troupes de terre, et celui d'enseigne dans Tarmée de mer. Toutefois, on exemptait de la condition du grade les gentilshommes envoyés, en qualité d'ambassadeurs, près des cours étrangères. Les ecclésiastiques jouissaient de la même exemption, mais ils étaient tenus de prouver que leur père avait servi pendant au moins vingt ans, ou avait péri au service du roi.
Dans les derniers temps, les membres de Tordre formaient deux classes. La première comprenait huit commandeurs ecclésiastiques, les ministres du roi près les cours étrangères, et des officiers ayant au moins le grade de colonel ou de capitaine de vaisseau. Les officiers au-dessous de ces derniers grades constituaient la deuxième classe.
La croix était d'or, à huit pointes émaillées de pourpre et d'or alternativement, bordée d'or, anglée de qua,tre fleurs de lis du même, et ayant au centre, d'un côté, une image de Notre-Dame du Mont-Carmel, et, de l'autre, une représentation de la résurrection de Lazare. Les chevaliers
2Sk SCIEIfCE DES ARMOIRIES.
la portaient suspendue au cou par un large ruban vert. Ils la faisaient encore broder, avec la devise Atavis et armis, sur le côté gauche de leur habit ; mais la matière de la broderie variait suivant la classe à laquelle ils appartenaient. Enfin, ils avaient tous le droit d'accoler Técu de leurs armes sur une grande croix à huit pointes, de couleur pourpre et verte, et entourée du collier de Tordre. Ce collier consistait en une chaîne de perles d'argent, chargée des initiales S L {sanctus Lazarus), MA (Maria), d'or, séparées par deux palmes de sinople en sautoir.
Les cinq ordres qui précèdent sont, avec ceux de VÉtoile ^ et de la Charité chrétienne *, qui n'eurent qu'une existence éphémère, les seuls qui aient véritablement été institués ou autorisés par les rois de France ^. Ils furent supprimés, le
1. Institué en 1351 par le roi Jean, et aboli par Charles VIII; on rappelait aussi Ordre de Notre-Dame de la noble maison.
8. Créé en 1589 par Henri III pour récompenser les officiers et les soldats blessés au service de l'État. Supprimé par Henri IV.
3. Les ordres qui suivent doivent être relégués dans le domaine des faits apocryphes ou , du moins , dénués de preuves sérieuses; nous donnons, avec le nom du prince auquel4a fondation de chacun d'eux est attribuée /la date à
6 août 1791, par un décret de T Assemblée nationale. Louis XVIII rétablit les quatre premiers,
laqoelle on la rapporte : Ordre de la Sainte- Ampoule on de Saint'Remi, Glovis, 496; — Ordre de la Genette , Charles Martel, 732; — Ordre de Frise ou de la Couronne royale, Charlemagne, 7...; — Ordre de la Cosse de genêt ^ Louis IX, 1234; ^- Ordre du Navire ou de la Coquille de mer, Louis IX, 1269. ~ Indépendamment des institutions cheyaleresques d*origine royale, il y avait anciennement en France une multitude de prétendus ordres de dievalerie imaginés, à diverses époqaes, par des seigneurs, des corporations, des chapitres ou môme de simples particuliers, et parmi lesquels il suffira de citer les suivants : — Ordre étÂubrac ou dAlbrac, Allard, vicomte de Flandre, 1120;
— Ordre de Bourbon pu de Notre - Dame du Chardon , Louis II, duc de Bourbon, 1403; — Ordre du Camail , appelé aussi du Porc-Épic ou et Orléans, Louis de France, duc d'Orléans, 1393; — Ordre du Chien et du Coq, Lisoye de Montmorency, y* siècle; — Ordre de la Couronne, Guy de Goucy et Enguerrand, comte de Soissons, 1390;
— Ordre du Dévouement , dit encore et Alexandre et du Cordon jaune, Louis de Gonzague, duc de Nevers, 1589;
— Ordre de VÉcu et or, Louis II, duc de Bourbon, 1369;
— Ordre de VÉpi, François I«% duc de Bretagne, 1448; ^ Ordre du Fer etor et du Fer d argent , Jean, duc de Bourgogne, 1411; — Ordre de V Hermine, Jean V, duc de Bretagne, 1381; — Ordre de la Mouche à miel, Louise Bénédictine de Bourbon, duchesse du Maine, 1703; — Ordre de Saint-Georges de Franche - Comté , Philippe de Miolan, 1390; — Ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois, association de gentilshommes, 1416; etc. La plupart de ces institutions n'avaient rien de sérieux; l'existence de plusieurs est même loin d'être certaine; et, parmi celles , en très-petit nombre , sur lesquelles il est parvenu des renseignements positifs, il en est peu qui se soient
mais en modifiant profondément leurs ^atuts, et se contenta, pour le dernier, de permettre aux titulaires d'en porter les insignes. L'ordre de Saint-Lazare est vraisemblablement éteint aujourd'hui. Quant aux autres, ils ne se confèrent phis depuis 1^ révolution de juillet 1830, en sorte qu'ils finiront par disparaître à leur tour.
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