‹ Abrégé méthodique de la science des armoiries, suivi d'un glossaire des attributs héraldiquesChapitre 54 sur 65 · Ces offitiers étaient des magistrats subalternes soumis · texte numérisé non relu

Ces offitiers étaient des magistrats subalternes soumis

Variétés n^obiliaires. ki9

C'est .au XIV® siècle que la dénomination de Vicomte est devenue un titre de noblesse. Les plus anciennes lettres patentes que Ton connaisse à ce sujet paraissent remonter à Van 1359.

Afin de pouvoir être érigée en vicomte, une terre dut d'abord renfermer deux baronnies; mais on nç tarda pas à s'écarter de cette règle, .et Ton vit , dès le règne de Louis XII , créer une foule de vicomtes par simples lettres du prince. Un peu plus tard, le titre fut îittaché, non pas à une famille, mais à un domaine, afin, sans doute, comme le fait remarquer M. É. de Barthélémy, de lui donner une plus grande valeur vénale. Il y eut même des vicomtes dont le titre put se transmettre anx descendants mâles et femelles. Enfin, au commencement du xvii® siècle, les fils aînés des comtes et les fils puînés des marquis adoptèrent l'usage de. se qualifier de vicomtes.

L'Empire ne releva pas le titre de vicomte. La Restauration, au contraire, le conféra un grand

à la nomination du ponvoiy souverain et entièrement en dehors des classes nobleç. Il faut néanmoins observer que, dans l'Artois, le Ponthieu et quelques cantons voisifis, on appelait aussi Vicomte ovl Seigneur 'Vicomtier tout gentilhomme qui possédait la moyenne justice.

nombre de fois, exemple gui n'a pas été suivi par les gouvernements postérieurs.

6® Baron. — Le mot Baron, en latin 6oro, barus, n*a eu d'abord d'autre signification que celle du substantif latinTiomo^ et a servi à désigner toutes sortes d'hommes sans distinction. Au vi® siècle, on en fit une dénomination particulière que Ton appliqua à ceux qui tenaient un rang élevé, soit à cause de Jeurs richesses, soit à cause de leur mérite personnel. Enfin, trois cents ans plus tard, on appela barons les membres les plus élevés de la noblesse,' quelle que fût la nature de leurs fiefs, et cet usage se maintint jusqu^au moins à la fin du xni® siècle. On distinguait alors deux catégories principales de barons : les Hauts barons ou Hauts Bers, qui relevaient directement du roi et formaient, à l'origine, avec les princes du sang, la Cour du roi ou Cour des pairs, et les Barons ordinaires, qui relevaient immédiatement de ces grands feudataires.

A partir du xiv® siècle, le titre de baron perdit progressivement de son ancienne splendeur, et finit par ne plus être qu'une simple dénomination nobiliaire que les rois conférèrent à profusion, et dont les titulaires furent relégués au quatrième rang de la hiérarchie. En 1578, Henri 111

consacra définitivement œtte infériorité en réglant.qu'il suffirait désormais de trois cbâtellenies pour obtenir l'érection d'une terre en baronnie. Un peu plus tard, le titre de baron. {\xl accordé par simples lettres» et il « devint si commun que, suivant Saint-Allais, ceux qui l'obtinrent eurent beaucoup de peine à prendre rang après les gen* tilshommesdes anciennes familles qui, quoique noa titrés, ne. voulurent pas leur céder le pas et les forcèrent à marcher à leur suite. » L'usage s'introduisit même, au xvm® siècle, de le donner, sans concession d'aucune espèce, et uniquement par courtoisie, aux fils aînés des grands seigneurs'. Sous l'Empire^ le titre de baron fut attribué

i. NotLS ferons remarquer que cet usage existait avant cette époque dans certaines provinces. Les historiens parlent aussi de plusieurs villes, telles que Bourges^ Cherbourg^ Orléans^ etc., dont tous les habitants furent^ à diverses époques, créés simultanément -èarow^; mais cette qualification n'entrainait aucune idée de noblesse : elle indiquait simplement la jouissance de diverses franchises locales. Il faut également se rappeler que, suivant un ancien usage* on donnait, au xii^ et au xiil* siècle^ en Languedoc, le nom de baron aux citoyens les plus qualifiés , qu'ils fussent nobles ou non; qu'enfin, depuis le xv« siècle, dans plusieurs pays, on appliquait le même titre aux gentilshommes qui Bayaient séance et voix délibérative aux. assemblée» des États.

vîagèrement aux Présidents des Collèges électoraux, au premier Président et au Procureur général de la Cour de cassation, au premier Président et au Procureur général dé la Cour des comptes, au premier Président et aux Procureurs généraux des Cours <i'appel, aux Évoques et aux Maires des trente-sept bonnes villes qui avaient le droit d'assister au couronnement de l'Empereur * ; — savoir, dit le décret du l*"" mars 1808, aux Présidents des Collèges électoraut, « lorsqu'ils auront présidé le collège pendant trois sessions; » aux premiers Présidents, Procureurs généraux et Maires, u lorsqu'ils auront dix ans d'exercice, et que les uns et les autresvaurpnt rèmpM leurs fonctions à notre satisfaction. » Pour que le titre fût transmîssible, U fallait justifier de* 15, 000. francs de revenu^ dont un tiers devait être affecté à l'entretien du titre.

7° Chevalier. — Le titre de Chevalier est un

4. Ces viUes étaient les suivantes, défalcation faite de celles qui appartenaient aux pays conquis et qui nous ont été enlevées en 1815, et «nivant le rang qui leur fut assignée en 1811 : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, Nantes, Lille, Toulouse, Strasbourg, Orléans, Amiens, Angers, Montpellier, Metz. Caen, Clermont-Ferrand, Besançon, Nancy, Versailles, Rennes, Tours, Bourg, Grenoble, La Rochelle, Dijon, Reims, Montaubaii et Troyes.

de ceux que Ton rencontre le plus souvent dans les textes du moyen âge, surtout à partir du x^ siècle. Il ne constituait pas alors une qualification nobiliaire ; il servait seulement à désigner un gentilhomme, qui, à la plus haute valeur morale, joignait une bravoure éprouvée. Nul ne pouvait le porter qu'après une collation solennelle, précédée d'une initiation préalable, qui durait ordinairement plusieurs années \ et ceux qui en étaient honorés formaient une société régulière, qui imposait à ses membres des devoirs à remplir, leur assurait la jouissance de divers privilèges, et vivait de sa propre vie, en dehors de tout gouvernement et de toute distinction de caste et de nationalité.

On distinguait deux classes de chevaliers : les Chevaliers bannerets et les Chevaliers bacheliers.

On appelait Bannerets ceux qui étaient assez riches pour conduire à la guerre et entretenir un certain nombre d'hommes d'armes (50, d'après

1. Les épreuves n'étaient supprimées qu'en temps de guerre, sur les champs de bataille, les circonstances ne permettant pas alors de suivre les prescriptions du cérémonial ordinaire. Dans le même cas, et pour la même raison, la collation se réduisait en une simple accolade, et c'est de cette manière que François I®' fut armé chevalier par Bayard, à Marignan.

l^^h SCIENCE DES ARMOIRIES.

un titre cité par Ducange; 30, 20, 10 et même moins, suivant d'autres textes), chacuo accompagné d'un arbalétrier et d'un archer à cheval. Leur nom venait de ce qu'ils portaient pour marque distinctive une bannière, c'est-à-dire un petit carré d'étoffe armorié de leurs armes et fixé au-dessous du fer de la lance.

Les Bacheliers ou Bas-Clievaliers étaient les chevaliers qui n'avaient pas assez de fortune pour porter bannière. On appliquait encore la même dénomination aux bannerets qui, n'ayant pas l'âge requis pour arborer leur propre bannière, marchaient, en attendant, sous celle d'un autre. Les uns et les autres attachaient à leur lance un guidon de forme triangulaire, nommé pennon,

La chevalerie se modifia progressivement avec le temps, et, dès la fin du xiv* siècle, elle n*était déjà plus que l'ombre d'elle-même. Les rois en firent alors un moyen d'anoblissement, et, comme le dit avec raison M* Borel d*Hauterive, elle ne fut plus depuis « qu'une simple qualification, d'abord caractéristique d'ancienne noblesse* et dans la suite prodiguée aux familles encore trop récentes pour pouvoir s'attribuer des titres de dignité; » Dé pluSj lé titre de Chevalier, quij

à Torigine, était exclusivement personnel, com-^ mença, au xv* siècle, à devenir héréditaire, et cette transformation , qui était générale au siècle suivant, finit par être reconnue par la législation ^ « En Bretagne, d'abord, les commissaires chargés de la réforme de la Noblesse déclarèrent chevaliers tous les gentilshommes titrés, leurs fils aînés, les officiers de la couronne, gouverneurs, lieutenants généraux de la province, premiers présidents, chevaliers des ordres, grands et premiers ofiiciers de la maison du roi, et également leurs fils aînés. L'édit du 15 janvier 1629 consacra plus officiellement encore cette nouvelle chevalerie, quand Louis XIII défendit de prendre la qualité de chevalier, si on ne Tavait obtenue des rois ses prédécesseurs ou de lui-même, ou que réminence de la charge que Ton exerçait ne l'attribuât formellement. En novembre 1702, un édit de Louis XIV créa deux cents chevaliers héréditaires dans les provinces de Flandre^ d'Artois et de Hainault, dont le nombre devait être rempli de ceux des gentilshommes de ces provinces qui

1. Dans qaelqaes provinces, en Lorraine surtout^ les expressions lettres d'anoblissement et lettres de chevalerie étaient synonymes^ les ducs ayant adopté Tusage d'accotder le titre de chevalier à tous ceujt qu ils anoblissaient;

/»â6 SCIENCE D£S ARMOIRIES.

se seraient le plus distingués par leurs mérites et par leurs services. »

L'usurpation des titres de marquis, comte, vicomte et baron ayant pris , au siècle dernier , des proportions énormes, la qualification de chevalier fut presque généralement abandonnée , et on ne la vit plus conservée que par quelques gentilshommes qui ne voulurent pas céder au torrent.

Napoléon adopta le titre de chevalier pour qualifier le dernier rang de la noblesse de sa création. A Forigine, ce titre fut donné à tous les membres de la Légion d*honneur (Statut du l«'mars 1808), mais il ne constituaitqu'une distinction purement personnelle, et pour le rendre transmissible , il fallait justifier d'un revenu net de 3,000 francs et obtenir des lettres patentes du souverain. Toutefois, comme ces dispositions tendaient à multiplier outre mesure une qualification à laquelle on ne pouvait conserver de la valeur qu'en la conférant avec prudence, un décret du 3 mars 1810 en restreignit la transmission héréditaire au cas où les trois premiers appelés à la recueillir auraient obtenu des lettres de confirmation , c'est-à-dire auraient eux-mêmes fait partie de la Légion d'honneur. La Restauration ne changea rien à cette

législation, mais, avant 181 4, comme après, le titre de chevalier fut peu recherché ^

80 Écnyer. — Le mot Écuyer a d'abord servi à désigner ceux qui aspiraient à la chevalerie. Plus tard , vers le xv« siècle , on le détourna de sa signification primitive pour en faire une qualification nobiliaire que les gentilshommes s'empressèrent d'adopter. Un arrêt du Parlement de Paris, du 30 octobre 1554, la reconnut « caractéristique de noblesse » sans toutefois qu'elle pût tenir lieu de la justification de cette dernière. Enfin, au xvii® et au xvm® siècle, on accorda le droit de se dire Écwyers aux titulaires d'une multitude de charges ou offices , quelquefois héréditairement, le plus souvent à vie ou même seulement pendant la durée des fonctions. Ainsi , les Prévôts généraux» les Prévôts provinciaux et particuliers, les Vice-Baillis, les Vice-Sénéchaux, les

1. Indépendamment de la chevalerie proprement ditç, ou Chevalerie ès^rmes, il y avait une chevalerie purement civile, dite Chevalerie ès-loiSy qui anoblissait aussi bien que l'autre. Cette nouvelle chevalerie était concédée auX hommes éminents dans Tordre de la justice : il en est déjà question au xiii* siècle , mais c'est surtout au xvi» qu'elle entra définitivement dans les mœurs. A cette époque, les magistrats du rang le plus élevé, tels que les premiers présidents et les présidents des parlements, se qualifièrent de chevalières, d'abord par concession, puis par l'effet seul de leur charge.

Lieutenants criminels de robe-courte et leurs lieutenants, pouvaient se qualifier d'écwyers, de même que les Procureurs du roi, tant qu'ils étaient revêtus de leurs charges. Divers édits, déclarations, etc. , reconnaissaient la même qualité aux Gardes du Corps du roi et à ceux de la reine, aux Gardes de la Porte, aux Gendarmes, aux Chevau-légers, aux Porte-manteaux et aux Huissiers de la chambre et du cabinet du roi , aux Valets de chambre et aux Valets de gainie-robe du roi , aux Garçons de la chambre du roi , aux Porte -manteaux et aux. Valets de chambre de Monsieur, au Gentilhomme ordinaire et au Trésorier général de la vénerie, ainsi qu'aux Capitaines généraux et aux Lieutenants généraux, créés en 1705 , pour servir sur les côtes, et aux OflSciers , Majors et Aides-majors , placés sous leurs ordres, etc.

Le titre d'Écwyer fut laissé de côté par le gouvernement impérial. La Restauration le rétablit en 1814 , mais elle en fit très-rarement usage. 11 n'a vraisemblablement pas été demandé depuis 1830, en sorte qu'on peut le considérer comme tombé en désuétude *.

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