LA AE
Abcès non fétides. — Autrefois, les abcès non fétides primilifs, c'est-à-dire considérés comme consécutifs à une atteinte infectieuse primitive du poumon, étaient regardés comme formant la majorité des cas observés. Actuellement, où l’on tend de plus en plus à remonter au point de départ même de l'infection, on reconnaît l'importance sans cesse croissante et actuellement primordiale des abcès provenant d’une infection secondaire du poumon. Dans ces cas, l’atteinte pulmonaire est secondaire et le foyer infectieux primitif est connu.
Les abcès non fétides secondaires, c’est-à-dire consécutifs à une atteinte pulmonaire secondaire elle-même à une infection primitive connue, sont de nos jours plus facilement rattachés à leur cause primitive et leur proportion augmente de plus en plus au détriment des abcès non fétides primitifs. Kourilsky a observé deux fois plus d’abcès secondaires non fétides que d’abcès primitifs (8 contre 4). Et certainement de nombreux abcès secondaires ne sont pas connus et restent encore classés dans la catégorie des abcès primitifs du poumon, car leur cause originelle passe inaperçue et la relation entre l’atteinte pulmonaire et la cause déterminante ne peut, dans ces conditions, être mise en évidence.
Prenons un exemple : un sujet a eu un abcès sous-cutané de la région cervicale ; cet abcès, d'évolution normale, est incisé et guérit dans les délais habituels, sans accidents. Le sujet n’a pas même arrêté son travail. Au bout d’un certain temps, une dizaine, une quinzaine de jours, ou plus, après l’incision de son abcès, il ressent une douleur thoracique plus ou moins vive, se sent fatigué, abattu, courbaturé et légèrement fébricant. Il croit avoir pris froid et attend deux ou trois jours avant de cesser son travail. Au bout de quelques jours de repos et d’une médication personnelle, il se lève pour aller à l'Hôpital. À ce moment, les signes pulmonaires ne permettent pas de conclure à une pneumopathie aiguë typique. Le malade ne se rappelle déjà plus son abcès incisé trois semaines plus tôt : il n’en parle pas. Malgré un traitement symptomatique, les crachats apparaissent ou deviennent plus abondants ef, assez rapidement, devant des signes qui se précisent et des examens complémentaires, le diagnostic d’abcès du poumon est posé.