‹ Abscès Du Poumon Et Pathogénie EmboliqueChapitre 14 sur 58 · C’EST-A-DIRE SUCCÉDANT A DES PNEUMOPATHIES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

C’EST-A-DIRE SUCCÉDANT A DES PNEUMOPATHIES PRIMITIVES

1° Abcès consécutifs aux alvéolites suppurées métapneumoniques, parapneumoniques, bronchopneumoniques. — Les abcès primitifs les plus fréquemment observés le sont après les pneumonies et les bronchopneumonies. L’abcès postpneumonique est moins fréquent que celui survenant après la bronchopneumonie, mais il faut remarquer que cette complication suppurative du parenchyme pulmonaire est extrêmement rare par rap-

port au grand nombre de pneumonies et de bronchopneumonies - couramment observées.

29 Abcès consécutifs à un infarctus infecté secondairement. — Is existent mais leur nombre est très restreint, car les gros infarctus, très rapidement mortels, n’ont pas le temps de s’infecter et par ailleurs ceux qui laissent une survie suffisante sont bien souvent dus à des embolies septiques apportant avec elles

l'agent, ou les agents microbiens, cause du processus suppuratif ultérieur.

39 Abcès d’origine bronchique, bronchectasies infectées ou abcès bronchectasiques. — Pendant très longtemps, lorsqu'il y avait coexistence de dilatation bronchique et d’abcès pulmonaire, on considérait la dilatation bronchique comme primitive et l’abcès pulmonaire comme toujours secondaire à cette atteinte de l’arbre bronchique. Mais Kindberg et Kourilsky, d'accord en cela avec les auteurs américains, ont insisté sur la possibilité de dilatations bronchiques secondaires à des abcès pulmonaires. La forme avec ectasie bronchique a été bien décrite par Lemierre et Kindberg ; dernièrement Kindberg et Kourilsky sont revenus encore sur cette forme et en ont rapporté de nouvelles observations.

40 Abcès dus à la présence de corps étrangers ou survenant après aspiration de matériel septique ou de produits toxiques. — Les corps étrangers ne provoquent pas toujours de suppuration pulmonaire. S'ils sont volumineux, la mort est très rapide par

J. Berger 3

7), Na

asphyxie mécanique due à l’obstruction bronchique ou à l’æœdème de la glotte. S'ils sont peu volumineux et métalliques, ils peuvent rester sans trop de gêne.

La guerre a fourni de nombreux exemples de projectiles parfaitement tolérés. Mais la présence d’un corps non métallique (tel qu’un pois, une fève, une parcelle alimentaire), donnera naissance plus facilement qu’un corps métallique à une réaction leucocytaire du parenchyme pulmonaire pouvant aboutir à la suppuration collectée.

La descente dans les voies respiratoires de produits septiques peut donner des pneumopathies aiguës, mais celles-ci n’aboutissent pas toujours à la suppuration. Sergent et Bordet font jouer à cette voie d’abord descendante le rôle principal dans l’étiologie des suppurations pulmonaires. Nous verrons plus loin ce qu’il y a lieu d’en penser et les arguments qui ont été soutenus pour ou contre cette théorie, à laquelle d’autres auteurs opposent, avec non moins d'énergie, la théorie sanguine embolique.

Quant aux produits toxiques, le plus souvent sous forme de gaz, ils produisent une atteinte généralement très marquée des terminaisons bronchiques ainsi que des alvéoles pulmonaires et ces causes d’irritations locales broncho-pulmonaires ont été invoquées pendant la guerre, notamment chez les intoxiqués par gaz de combat, surtout par l’ypérite (Clerc, Ramond et Guillaume).

Dans ces cas d’intoxications aiguës par des gaz très toxiques, de nombreux éléments de l’ensemble broncho-pulmonaire sont frappés de mort ou gravement lésés et cette atteinte permet à l'infection, chez des sujets généralement très fatigués et à résistance amoindrie, de se développer secondairement. Les germes infectieux sont dans ces cas soit dans l’arbre respiratoire à l’état latent, soit apportés par la suite par la respiration, le courant sanguin ou lymphatique.

9° Abcès post-traumatiques par plaies pénétrantes du poumon. — Le parenchyme pulmonaire comme toute autre partie de l’organisme peut, à la suite d’une plaie septique, aboutir à la suppuration soit en apportant par elle-même les germes patho-

rom

gènes, soit en déterminant la production d’un hématome susceptible de s’infecter secondairement.

60 Abcès survenant après des affections pulmonaires mal définies. — Ce sont les abcès survenant après une pneumopathie atypique traînante, pour laquelle on envisage la possibilité soit de bronchopneumonie ou de congestion pulmonaire bâtarde traînante, soit même de bronchite sans apporter de certitude dans le diagnostic. C’est ce qui se produit souvent dans les abcès fétides.

SUPPURATIONS MÉTASTATIQUES.

1° Abcès secondaires à une seplicopyohémie. — Ils sont très rares car l'infection donne une pneumopathie très aiguë rapidement mortelle n’ayant généralement pas le temps d'aboutir à la suppuration. Ce sont les rares cas où l’hémoculture puisse être positive.

20 Abcès déterminés par une embolie vasculaire septique.

Ils comprennent

a) certains abcès post opératoires qui, en assez grande partie (pour ne pas dire, comme Cutler, Holman, Weidlein et Schlueter et d’autres auteurs américains, en presque totalité) relèvent de cette étiologie.

b) certains abcès secondaires à un processus infectieux localisé et préexistant, plus ou moins distant du poumon.

Ces abcès s’observent à la suite des interventions en milieu septique, principalement à la suite d’amygdalectomies, après interventions pour otite, appendicite, cholécystite, dans les infections puerpérales avec ou sans curettage, au cours des endocardites, des phlébites suppurées, des phlegmons.

30 Abcès déterminés par migration dans les voies respiratoires inférieures de matériel septique d'origine rhinopharyngée. — Pour Sergent et Bordet, cette étiologie serait la plus fréquente, pour ne pas dire toujours en cause, au cours des abcès post opératoires. Cette étiologie n’est pas admise par les auteurs améri-

PEN Re

cains, partisans de la théorie embolique vasculaire des abcès post opératoires. Les abcès d’origine rhino pharyngée seraient en grande partie des abcès fétides.

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