III. — SUPPURATIONS MIGRATRICES OU DE VOISINAGE
Elles englobent les abcès pulmonaires consécutifs à la propagation au poumon d’un abcès voisin. La rate, le rein, le foie, le rachis, l’œsophage, l’appendice peuvent être le siège de suppuration et celle-ci peut se propager de proche en proche, principalement par les Iymphatiques du péritoine, du diaphragme et de la plèvre.
Lorsqu'il s’agit de suppurations pulmonaires en général, il y a lieu de considérer chacune des formes examinées au point de vue de la localisation et de l’extension et de distinguer ainsi : les suppurations massives difluses, les suppurations localisées diffuses et les suppurations localisées collectées, chaque type pouvant évoluer selon le mode particulier liquéfiant ou pyofibreux. Mais dans notre sujet, où nous traitons des abcès pulmonaires, nous n'avons à envisager que la suppuration localisée collectée dont la traduction anatomique est l’abcès.
Quelles sont les catégories d’abcès le plus souvent observées ? Dans la statistique de Kourilsky, lequel subdivise les abcès en abcès non fétides et abcès fétides, on note 12 cas d’abcès non fétides et 17 cas d’abcès fétides.
Parmi les 12 cas d’abcès non fétides :
5 survinrent au cours de septicémie, soit à streptocoque pour 3 cas, soit à pneumocoque pour les deux autres. Des 3 cas de septicémie à streptocoque, un était d’origine utérine, les deux autres d’origine rhinopharyngée. L’un des deux cas de septicémie à pneumocoque s’accompagnait de pneumonie ;
2 autres cas étaient l’un d’origine pneumonique, l’autre d’origine rhinopharyngée, mais ils ne s’accompagnaient pas de septicémie ;
3 étaient des abcès péribronchiques consécutifs à une pneumonie dans un cas, à des complications pulmonaires post opératoires pour les deux autres ;
enfin, les deux autres provenaient l’un d’une infection bron-
So
chique chronique, l’autre d’une infection: pulmonaire mal définie. |
Parmi les 17 cas d’abcès fétides, 6 furent considérés jusqu’à l'intervention comme des pleurésies interlobaires ; des 11 autres 9 étaient primitifs et 2 seulement secondaires.
La statistique de Coquelet ayant trait aux suppurations pulmonaires en général, aussi bien massives diffuses que localisées diffuses ou que localisées collectées, donne, du point de vue étiologique, sur 52 cas observés et sans envisager séparément les suppurations non fétides et fétides :
cas d’origine indéterminée,
cas d’abcès primitif,
cas de suppurations métastatiques,
cas de suppurations post opératoires,
cas à la suite d’endocardite,
suppurations post traumatiques, suppuration consécutive à un corps étranger,
25 cas de pneumopapathies suppurées, dont :
8 indéfinies, 9 grippales, 6 consécutives à des broncho alvéolites, à des pneumonies ou à des bronchopneumonies, après penumothorax spontané non tuberculeux, 1 d’origine cancéreuse.