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BACTÉRIOLOGIE

Les recherches bactériologiques concernant les abcès pulmonaires donnent des résultats très variables selon qu’on les effec-

tue sur les crachats, sur le pus retiré par ponction ou après hémoculture.

19 Crachats. — Lorsqu'il y a suppuration pulmonaire, les microbes saprophytes, qui normalement existent dans la cavité rhino-bucco-pharyngée, voient leur virulence exaltée au bout d’un certain temps et se mettent à pulluler dans les bronches, sans toutefois le plus souvent envahir le parenchyme pulmonaire lui-même. |

La zone pulmonaire purulente et le pus collecté ne contiennent donc pas, le plus souvent, ces germes qui restent cantonnés dans les voies respiratoires inférieures et n’ont généralement aucun rapport direct avec la suppuration du parenchyme. Aux phases d'ouverture et d'évacuation bronchique, on rencontre donc en général dans les crachats la flore pulmonaire enrichie au passage de la flore bronchique, souvent étrangère, au début tout au moins, au processus suppuratif pulmonaire.

Nous ne voulons pas dire que cette flore bronchique soit sans intérêt sur la marche évolutive de l'affection ; au contraire, elle traduit le degré d'infection bronchique dont elle est ainsi le témoin. Mais il arrive quelquefois — surtout dans les abcès non fétides — que les crachats ne contiennent jamais le germe de la suppuration, germe que l’on trouve dans le pus retiré directement par ponction de la cavité pulmonaire.

Cette méthode de recherche bactériologique dans les crachats donne donc des résultats souvent imprécis, d'interprétation parfois très délicate, pour ne pas dire impossible. Elle est cependant beaucoup plus précise lorsqu'il s’agit de suppuration putride et

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prend une grande importance dans ces formes où la ponction, ainsi que nous le verrons, est formellement contre-indiquée.

2° La ponction directe de la poche ou du foyer pulmonaire permet de rechercher seulement les germes de la suppuration du parenchyme sans être gêné par la flore de l'infection bronchique. Malheureusement la ponction n’est pas sans danger et le malade ne l’accepte pas toujours facilement. La ponction d’un abcès non fétide bien repéré et assez rapproché de la paroi est en général d'une technique facile n’offrant pas de grand danger lorsque les deux feuillets pleuraux ont eu le temps de se symphyser, ce qui se produit dans la majorité des abcès assez superficiels.

Coquelet cite le cas de deux malades qui, à la suite d’une ponction pulmonaire, firent chacun en quelques jours un abcès sous-cutané à l'endroit de la ponction. Les deux abcès regressèrent en 2 ou 3 jours sans aucun traitement chez celui des malades — âgé de 45 ans — dont l’abcès à pneumocoques et à pneumobacilles de Friedlander était volumineux, après une simple ponction évacuatrice, chez l’autre malade — âgé de 22 ans — dont l’abcès était à pneumocoques et à streptocoques.

Malgré cette évolution très favorable de l’abcès cutané, les deux malades ne purent pas surmonter leur suppuration pulmonaire, Ce qui prouve bien qu'il n’y avait pas dans ces deux cas une virulence microbienne atténuée.

Ji est certain que dans le cas d’abcès putride, les abcès souscutanés auraient été autrement graves et leur évolution bien différente. Aussi la ponction est-elle fortement contre-indiquée dans les formes putrides, étant donné sa gravité et son médiocre intérêt dans ces formes où les crachats contiennent toujours une flore très particulière, presque spécifique, qui ne peut être confondue avec celle de l'infection bronchique.

39 L’hémoculture enfin, est employée pour rechercher le germe pathogène en cause, mais elle ne donne très souvent aucun résultat, même lorsque l'infection pulmonaire s’est produite par la voie sanguine ou lymphatique. Les rares hémocultures positives obtenues l’ont été dans les formes aiguës mortelles d’infection pulmonaire et on peut dire que dans ces cas, la suppuration n’a pas eu le temps ni de se collecter ni d'être diagnostiquée avant la mort.

BD

La rareté d’une hémoculture négative, dans le cas de suppuration pulmonaire, n’est pas pour étonner, puisque cette recherche est déjà très rarement positive dans les simples pneumonies et les affections pulmonaires aiguës pour lesquelles, sur une centaine de cas personnels, Kourilsky n’a pu obtenir que quatre fois une hémoculture positive.

Quels sont les germes rencontrés au cours des abcès pulmonaires fétides ou non ? Là encore, nous allons envisager successivement chaque catégorie d’abcès.

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