III. — INFECTION PAR VOIE BRONCHIQUE DESCENDANTE
L'infection peut être déterminée par un corps septique de volume variable, soit véritable corps étranger ayant une double action traumatique et pathogène, soit particule septique impondérable jouant seulement le rôle de vecteur des germes infectieux, ceux-ci agissant par eux-mêmes. Il existe des cas indubitables de cette pathogénie. Ainsi à la clinique Mayo, dans 14 cas de suppuration pulmonaire à la suite d'extraction dentaire, l’autopsie ou les rayons X permirent de retrouver une dent au milieu du parenchyme pulmonaire. Dans d’autres cas, la dent a été expulsée lors des efforts de toux ; une fois même elle fut trouvée dans le pansement après une intervention chirurgicale.
Pour Sergent, la pathogénie de ce mode d'infection bronchique serait la suivante :
1° Infection buccale ou rhino-pharyngée jouant le rôle de foyer infectieux primitif.
20 Intervention chirurgicale sous anesthésie — générale surtout mais également sous anesthésie locale — favorisant le départ de particules bronchiques infectantes.
30 Réaction pulmonaire à type bronchopneumonique avec ultérieurement vomiques fractionnées, fétides.
49 Persistance d'un syndrome de suppuration pulmonaire fétide à poussées successives.
Nous allons envisager très rapidement les arguments invoqués par Sergent et Bordet à l’appui de cette théorie bronchique et nous les discuterons plus loin avec ceux sur lesquels s’appuient les défenseurs de la théorie embolique vasculaire.
a) Au point de vue anatomique : bronche droite presque dans le prolongement de la trachée et d’un calibre plus large