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que celui de la bronche gauche, plus grande capacité respiratoire du poumon droit, tendance des particules inhalées à se localiser au lobe inférieur ; tout cela à rapprocher de la plus grande fréquence de ces accidents à droïte et particulièrement au lobe inférieur droit.
b) Au point de vue étiologique : fréquence constatée chez les malades à lésion naso-bucco-pharyngées ou chez les malades à rhumes tenaces et répétés.
c) Au point de vue bactériologique : rareté de la septicémie spirillaire, origine buccale admise par ces auteurs des spirilles trouvés dans le poumon auxquels ils attribuent le rôle bactériologique principal dans la formation de l’abcès, analogie entre les fuso-spirilles trouvés dans le poumon et l'association fusospirillaire de la pyorée alvéolo-dentaire si fréquente chez ces malades.
L’anesthésie générale à été surtout invoquée comme cause principale favorisant l'infection pulmonaire par voie bronchique. Hebdom, sur 313 cas de complication pulmonaire survenant après amygdalectomie constate que 269 cas, soit 85,9 %, surviennent après intervention sous narcose et que le plus grand nombre des complications se produit lorsque l’opération a eu lieu en position assise. Les complications pulmonaires sont beaucoup moins fréquentes lorsque l’amygdalectomie est pratiquée en décubitus latéral ou sous anesthésie locale. D’après Jean Quénu et Oberlin, l’anesthésie locale agissant sur le nerf laryngé supérieur supprimerait son action tussigène et par suite la protection du poumon ne serait pas mieux assurée lors de l’anesthésie locale que de l’anesthésie générale. En tout cas, la statistique de la Mayo Clinic, établie sur 20.000 tonsillectomies, dont 16.000 sous anesthésie locale et 4.000 sous narcose,
chez des enfants placés en décubitus, ne montre que deux cas seulement de suppurations pulmonaires.
La preuve de la pénétration de mucus, de sang ou de matériel septique dans l'arbre bronchique a été apportée plusieurs fois. Myerson, dans 100 cas d’amygdalectomie sous anesthésie générale, pratiqua la trachéoscopie après arrêt complet de tout saignement. Dans 79 cas il trouva du sang dans la trachée et les bronches. Des recherches ont été également effectuées
J. Berger n
D APE nor
sur la fréquence de l'aspiration bronchique par rapport au degré de l’anesthésie au cours d’amygdalectomies. Myerson a examiné 100 opérés sous anesthésie légère : 22 conservent le réflexe tussigène, 4 seulement avaient du sang plus bas que le larynx, les 78 autres ne toussèrent pas au cours de l'opération malgré la persistance du réflexe laryngé. Tous, sauf 6, avaient du sang et du mucus dans l'arbre bronchique.
Au point de vue expérimental, déjà en 1898, Hülscher avait étudié l'influence de l’anesthésie à l’éther sur la genèse des complications pulmonaires. Lemon, de la clinique Mayo, a repris ces expériences en 1926. Il laisse tomber goutte à goutte dans la gueule d’un chien, sous narcose, des solutions colorées ou des suspensions d'encre de Chine, de bactéries ou de substances opaques aux rayons X. Lorsque l’animal est sacrifié au bout d’un certain temps, on note la répartition des substances introduites. En résumé, d’après Lemon, l'aspiration des mucosités buccales est plus marquée lorsque le corps est incliné, la tête étant placée plus haut que le corps. Le risque d’aspiration diminue progressivement lorsque la position se rapproche de l'horizontale ou lorsque le corps continuant à basculer, la tête devient encore plus basse. L’aspiration est nuile en position de Trendelenburg. Dans toutes les autres positions, l’aspiration est plus ou moins marquée et le matériel employé comme témoin est retrouvé souvent dans les ramifications bronchiques les plus ténues et apparaît même sous forme de taches irrégulières à la surface du poumon. La disposition observée ne répond même pas à l’action de la pesanteur puisque, même en position déclive, les corps les plus denses étaient attirés en haut vers les bronches. Il en est de même de bactéries typiques comme le bacillus prodigiosus. L’aspiration est plus marquée lorsque l’animal se débat, respire violemment, déglutit ou vomit.
En regard de cette facilité avec laquelle le mucus de la bouche est aspiré vers les voies respiratoires inférieures, il convient de remarquer la rareté relative des complications pulmonaires après anesthésie. Elles restent malgré tout dans une proportion bien faible et l’anesthésie locale elle-même ne met pas à l'abri de manifestations pulmonaires que son emploi devrait pourtant réduire à bien peu.