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un, épanchement de la plèvre interlobaire existe à côté d’un abcès juxta-scissural. Kourilsky a insisté, avec juste raison, sur la constance avec laquelle, même lorsqu'il y avait tous les signes classiques de pleurésie interlobaire (matité suspendue, bande transversale d’opacité aux rayons X), les deux feuillets de l’interlobe étaient non seulement vides de tout liquide, mais de plus symphysés.
20 Abcès chroniques. — Tes abcès aigus, au fur et à mesure de leur passage à la chronicité, s’entourent d’un anneau ou d’une zone de sclérose plus ou moins étendue. Cette sclérose peut même devenir très intense : péribronchique, périvasculaire, en nappes, en bandes, etc. et sera un des principaux obstacles à la rétraction de la poche et à la guérison de l’abcès.
Mais la sclérose reste exceptionnellement localisée dans la zone proche de l’abcès. Le plus souvent, et surtout dans les abcès chroniques, elle s'étend très loin de la zone abcédée. Les abcès fétides ou putrides sont accompagnés d’une grosse sclérose mutilante et rayonnée, qu'ont bien mise en évidence Kourilsky et Kindberg. Cette sclérose est aussi bien intra que péri-alvéolaire. Il y a sphacèle simultané pouvant même attaquer cette sclérose.
Kindberg et Kourilsky, en novembre 1927, ont rapporté 10 cas de suppurations pulmonaires fétides ou non, à forte réaction scléreuse périfocale, ayant déterminé des dilatations bronchiques et où se trouvent mélangées la suppuration, la nécrose, la sclérose et les bronchectasies. Ces cas sont à rapprocher des abcès bronchectasiques décrits par les auteurs américains.
La sclérose est si fréquente que tous les auteurs ont insisté sur sa constatation et sa répartition. En particulier, Bezançon et ses élèves ont été frappés par la tendance intense à la sclérose observée à côté des phénomènes nécrotiques dans certains types de suppurations gangréneuses du poumon.
Bezançon, Etchegoin et Azoulay ont attiré l’attention, en 1927, à propos de l'étude histo-bactériologique de deux cas de gangrène récidivante à spirochètes, sur l'importance de la sclérose rencontrée et sur le caractère évolutif de cette sclérose.
Il convient de faire remarquer qu’à côté des cas de suppurations collectées formant abcès bien individualisés, il existe des cas où malgré tous les signes d’une collection nette, on ne ren-
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contre à l'intervention chirurgicale ou à l’autopsie qu’une Zone de suppuration miliaire diffuse traversée par des bandes de tissu scléreux et lardacé, donnant à cette portion du poumon l'apparence d’une éponge purulente. Coquelet a donné à ces formes spéciales les noms de sclérose suppurée, pyosclérose ou pyofibrose.
Dans les abcès du poumon, contrairement à ce que l’on observe
dans les abcès des autres tissus, les cavernes n’ont pas de paroi propre. Elles sont tapissées d’une membrane fibrino-pyoïde, qui se continue insensiblement avec le parenchyme hépatisé. Elles contiennent soit du pus lorsque l'infection est du type pyogène, soit une bouillie de débris sphacélés lorsqu'il s’agit d’un processus nécrotique. Dans ce dernier cas, la cavité de l’abcès est beaucoup plus anfractueuse et la démarcation entre la zone abcédée et le parenchyme pulmonaire voisin est des plus difficiles à saisir, car on ne peut mettre en évidence de membrane à la périphérie de la poche purulente.
- Mais quelle est la valeur exacte de cette sclérose si constamment observée ? Son caractère extensif et évolutif empêche de lui accorder, comme pour la cirrhose de Laënnec, la valeur d’un tissu de cicatrice. Son intensité allant parfois jusqu’à supprimer la fonction respiratoire de tout un poumon et faire mourir les malades d’asphyxie lente et progressive, rend très discutable la conception de la sclérose, moyen de défense et de guérison de l’organisme. Quant à considérer cette réaction particulière du parenchyme pulmonaire comme la conséquence d’un état spécial déterminé soit par l’âge, soit par une tuberculose ou une syphilis antérieure, soit par un état d’immunité naturelle ou acquise, ce n’est qu'une interprétation qu'il n’a pas encore été permis de prouver.