DS OS
que dans tous les cas — ou presque — la collection, même suspendue et à grand axe horizontal, avait une même localisation intra-pulmonaire.
Les contours de la collection donnent très rarement, contrairement à ce que l’on voit dans la tuberculose, l’aspect d'un anneau rétractile à la toux. L'aspect de poche hydroaérique nette est beaucoup plus important à constater. Mais il n’en est pas toujours ainsi et il faut se méfier des fausses images cavitaires. En effet, une zone claire de ramollissement entourée d'une zone opaque de sclérose donnera un faux aspect de caverne. Coquelet a insisté sur ces «cavernes fantômes » qu’il n’est pas possible de retrouver, soit à l'intervention, soit à la nécropsie. C’est plutôt une question d'interprétation de clichés et on voit par à même la valeur qu’acquiert la constatation d’un aspect hydroaérique. à
La stéréoradiographie se pratique de plus en plus et apporte maintenant son aide précieuse dans la localisation exacte des lésions constatées sur les clichés ordinaires. Elle est pour le chirurgien un auxiliaire indispensable lui permettant alors d’intervenir en sachant exactement sur quelle partie du parenchyme pulmonaire doit porter l’acte opératoire.
L'évolution des abcès peut se faire différemment. Trois éventualités sont possibles : la mort, la guérison, le passage à la chronicité.
La mort peut être plus ou moins rapide, parfois même elle est si rapide que la constatation de l’abcès ne se fait qu’à l’autopsie. Le plus souvent, elle n’est que la phase ultime d’une sclérose pulmonaire chronique progressive et inexorable, accompagnée ou non de suppuration et d’expectoration chroniques au cours desquelles le poumon est transformé en une véritable masse spongieuse scléro-purulente. Dans ces cas, l’asphyxie, la cachexie, la dégénérescence amyloïde des viscères, les troubles circulatoires viennent apporter leurs modifications au tableau clinique ultime.
La guérison, lorsqu'elle survient, se fait progressivement en plusieurs semaines ; elle s'accompagne de modifications favorables des signes physiques et radiographiques. Cependant, la diminution progressive, puis la disparition des signes cavitaires