OBSERVATION V
Tab..., 31 ans, entre dans le service Salle Saint-Charles à l'Hôtel-Dieu le 27 novembre 1933 pour des douleurs violentes siégeant dans l’hypocondre droit, un point de côté thoracique du même côté et une température à 390 8.
Le début remonte au 11 novembre. A cette date, le malade était en pleine santé apparente. Il présentait seulement une certaine anorexie depuis quelques jours et avait eu un vomissement alimentaire après son dîner du 11 novembre. Dans la nuit du 11 au 12, il fut réveillé brusque-
ment par une douleur brutale, extrêmement vive, siégeant dans l’hypocondre droit et obligeant le malade à se courber en deux. De plus; il s’agitait, se tournait et se retournait dans son lit, aucune position n’arrivant à le soulager.
Ces douleurs, qui n’irradiaient pas, s’exagéraient par paroxysmes auxquels succédaient des périodes de rémission de courte durée. A plusieurs reprises, lintensité de cette douleur arracha des cris au malade qui, cependant, ne vomit pas et n’eut pas de nausées.
Ses urines étaient de couleur normale ainsi que ses selles. Il n’y avait pas de subictère. La température ne fut pas prise.
Une toux rebelle, continue, ne s’accompagnant pas d’expectoration, existe dès le début et persiste encore seize jours plus tard, au moment de l’admission à l’Hôtel-Dieu.
Le lendemain matin de ce début brutal, le 12 novembre, il alla en taxi à l'Hôpital Tenon où il fut admis. Après trois jours d’applications de glace sur l’hypocondre droit, il né souffrait plus du tout ; la température baissa parallèlement de 380 et 3805 à 379 et 3795. Le 22 novembre, il quitte Tenon ne souffrant plus mais présentant encore une toux tenace, sans expectoration. Au moment de quitter l'hôpital, il fut informé que son affection avait été diagnostiquée crise de colique hépatique.
Trois jours plus tard, le 25 novembre, il fut réveillé vers minuit par une douleur analogue dans son siège et son intensité à la douleur ressentie dans la nuit du 11 au 12 novembre, mais cette fois la douleur irradiait dans l’épaule droite. Il n’y avait toujours ni vomissement ni nausée mais il existait du subictère des conjonctives.
Le 26 novembre, le malade ressent un assez violent point de côté thoracique, siégeant dans la région de l’angle de l’omoplate du côté droit, La même toux que présentait le malade depuis sa première crise douloureuse s’accentue et s'accompagne alors d’une faible expectoration.
Le 27 novembre, il entre dans le service. Il est pâle, amaigri, couvert de sueurs. Sa température est à 39 8.
L'examen de l’abdomen le montre tendu à droite de la ligne médiane, surtout dans l’hypocondre droit. Il est souple à gauche. Le foie n’est pas abaissé et est de volume normal ainsi que la rate.
L'examen pulmonaire ne montre rien d’anormal à linspection. Par contre, la percussion de la face postérieure du thorax donne une matité hydrique s'étendant de la base jusqu’à l’épine de l’omoplate, une submatité dans l’aisselle droite et une sonorité de toute la partie antérieure du thorax. La palpation au niveau de la matité hydrique montre une abolition des vibrations vocales. Enfin, l’auscultation dans la même zone donne un silence respiratoire, de la pectoriloquie aphone, de l’égo-