‹ Abscès Du Poumon Et Pathogénie EmboliqueChapitre 53 sur 58 · II. — TRAITEMENT CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

II. — TRAITEMENT CHIRURGICAL

Nous serons bref sur ce traitement chirurgical. La notion primordiale que tout médecin doit aujourd'hui connaître est qu'il existe un moment optimum bien précis pour intervenir. Passé ce moment, et très rapidement, l’acte opératoire deviendra plus difficile, les dangers de l'intervention plus grands et ses résultats beaucoup plus aléatoires. C’est à Sergent, Baumgartner et Kourilsky qu’appartient le mérite d’avoir déterminé ce moment et donné avec clarté des règles précises régissant la détermination de l'heure chirurgicale. Aussi ne pouvons-nous mieux faire que de reproduire intégralement les termes mêmes de la conclusion du rapport que ces auteurs avec Iselin ont présenté au Congrès de Médecine d’octobre 1932 : « Toute suppuration pulmonaire qui n'a pas quéri spontanément ou par le trailement médical dans un délai de six semaines à deux mois (au maximum) à dater du début de la maladie, doit être traitée chirurgicalement, par action portée directement sur le foyer (pneumotomie, pneumectomie, lobectomie...). Les indications thérapeutiques et le procédé opératoire varieront suivant le {ype anatomo-clinique, suivant lanciennelé, suivant l'étendue, suivant le siège du foyer et suivant les complications associées. »

Nous ne décrirons pas les différents procédés opératoires ; ils sont uniquement du domaine de la technique chirurgicale.

Qu'il nous suffise d’insister sur la nécessité, avant toute intervention, de pratiquer un repérage radiologique précis, qui devra être fait le malade étant couché dans la position qu'il aura au moment de l'opération ; il comprendra principalement un orthodiagramme fait immédiatement avant l'intervention par le chirurgien lui-même ; une stéréoradiographie faite les jours précédents aura pu aider à fixer dans l’espace la situation exacte occupée par l’abcès. Il sera même prudent, selon les conseils de Sergent et Baumgartner, de procéder à un nouveau repérage de contrôle avant le deuxième temps opératoire. En effet, il arrive souvent après les résections costales, qui constituent le premier temps de l'intervention, que, par suite de la pression de l’air extérieur et des tractions exercées par le reste du parenchyme pulmonaire encore sain, le foyer suppuré ou nécrosé n'ait plus les mêmes rapports qu’au début de l'intervention.

Les principales séquelles sont d’une part les récidives de suppuration et les fistules bronchiques suppurantes dues à une intervention incomplète et justiciables d’une nouvelle intervention, et d’autre part les fistules bronchiques vraies, sans suppuration, pouvant survenir après toute opération bien conduite et très souvent rebelles aux interventions répétées et variées.

La mortalité opératoire entre les mains de chirurgiens exercés est en moyenne de 20 % pour les pneumotomies et les pneumectomies. Les interventions, souvent multiples, nécessitent de la patience et les résultats obtenus sont essentiellement variables selon les chirurgiens, selon les cas traités, selon les séries envisagées et surtout selon les phases évolutives auxquelles on est amené à intervenir.

Page 1