‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 17 sur 105 · Procès-verbal de la séance du 2 septembre i65i · texte numérisé non relu

Procès-verbal de la séance du 2 septembre i65i

5. Ratabon fut nommé directeur le 29 juin i655. Hulst, dans V Histoire des Directeurs, raconte que le i" avril i656 Martin de Charmois refusa le titre d'ancien directeur dont Errard lui avait fait faire l'offre pour l'évincer définitivement. C'est Errard qui avait négocié l'entrée de Ratabon à l'Académie, et on comprend l'attitude de Martin de Charmois qui refusa, dit Hulst, « en homme piqué, et vécut depuis sur ce pied avec la Compagnie ». En 1657, il réclama 5o écus prêtés par lui et l'Académie

Charmois avait le titre de chef et que ce titre avait été remplacé par celui de directeur dans les statuts de i655, à la rédaction desquels la Relation nous apprend que Le Brun n'était pas demeuré étranger!

Mais hélas! Ratabon ne devait pas vivre beaucoup plus longtemps en bonne intelligence avec le terrible artiste; il allait même finir de façon moins glorieuse encore, tout surintendant des bâtiments qu'il était. Et pourtant, au moment où l'Académie, unie à la Maîtrise et faisant mauvais ménage avec elle, semblait marcher vers sa perte. Le Brun avait été bien heureux de trouver Ratabon qu'Errard lui avait indiqué comme l'homme le plus propre à obtenir pour elle de nouveaux statuts, de nouveaux arrêtés, l'espoir d'une vie nouvelle! Ratabon procura en outre à l'Académie, sans cesse inquiète de savoir où elle s'abriterait le lendemain, un logement honorable au Louvre '.

Mais lui aussi était un tyran! Dès i656, il voulut faire recevoir académicien un jeune peintre sans talent, et par un échec retentissant on lui prouva tout net « que la faveur des grands n'était pas suffisante pour faire entrer dans l'Académie, puisqu'on n'y considérait que le mérite ^». L'Académie avait raison et Ratabon me paraît lui en avoir gardé nulle rancune.

Je pense que son tort le plus grave fut d'aimer Errard plus que Le Brun, et dans la décoration de la petite galerie du Louvre où il avait réservé à Le Brun les sujets principaux, d'avoir chargé Errard de la partie décorative. Les Comptes des Bâtiments du roi nous prouvent, quoique nous ne les possédions qu'à partir de l'année i665, qu'Errard toucha pour les travaux exécutés dans les maisons royales des sommes considérables et qu'il dut, jusqu'à l'arrivée de Colbert au pouvoir, obtenir de préférence à Le Brun des commandes importantes. Lorsque Ratabon voulut employer concurremment Errard et Le Brun, celui-ci se retira. Il semble que ses premiers froissements avec Ratabon remontent au moins à l'année i658;

dut demander du temps pour se libérer. Enfin « il mourut, n'étant plus rien à l'Académie, le 28 novembre 1661 ». Le procès-verbal de la séance du mois de février i638 confirme le prêt de M. de Charmois et l'embarras de la Compagnie.

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