VI AVANT-PROPOS
de chance de vieillir, puisque les faits scientifiquement établis gardent toujours leur valeur de faits.
Or ce sont des faits scientifiquement établis que ceux dont les documents authentiques de la querelle entre Le Brun et Mignard, du procès d'Abraham Bosse ou de celui de Simon Jaillot m'ont fourni la trame ; ce sont des faits scientifiquement établis que ceux dont j'ai trouvé la relation dans ÏHistoire des Recteurs et dans VHistoire des Directeurs de Hulst, puisque la comparaison avec le texte des procès-verbaux en a toujours établi la véracité ; ce sont des faits scientifiquement établis que ceux qui résultent de l'examen des textes jansénistes ou du récit d'une conférence académique. Que par ma faute des erreurs se soient glissées dans ce travail, la chose est possible, et je m'en excuse à l'avance ; mais il était juste que les sources encore mal connues fussent indiquées aux travailleurs et que l'accès leur en fût facilité : c'est à quoi je me suis employé.
Peut-être aurais-je dû me borner, comme dans les Conférences inédites de l'Académie ou dans les Collections de l'Académie, à donner une édition critique des documents publiés. Mais certains textes appellent pour ainsi dire une présentation et ne prennent toute leur valeur que s'ils sont commentés. J'ai donc été amené par la nature même du sujet, à conter et à contester, à choisir des épisodes, à résumer en quelques tableaux les moments les plus importants de l'histoire de l'Académie au xvii* siècle. Je n'ai pas eu le courage de publier dans son intégrité le fatras des grimoires de l'ancienne Compagnie; il y aurait fallu plusieurs gros
AVANT-PROPOS. vu
volumes, plusieurs années de labeur, et de lourds sacrifices pécuniaires; en attendant que cette oeuvre nécessaire et austère soit menée à bien par des travailleurs moins timides, jai cherché à montrer quelques-uns des résultats auxquels elle pouvait conduire. Il me reste à remercier tous ceux (et ils sont nombreux!) qui ont bien voulu m'aider dans une tâche rendue plus pénible par mon éloignement de Paris, à remercier aussi mes amis de Toulouse et de Montauban qui m'ont facilité mes recherches sur Marc Arcis ; mes amis de Saint-Lô qui m'ont fourni la documentation de mon dernier chapitre. Je souhaite que ce livre donne à tous les travailleurs l'impression qu'il y a beaucoup à faire encore pour que la vérité soit connue sur les époques dont on parle le plus; je souhaite en particulier qu'on continue pour le xviiT siècle les recherches que j'ai entreprises pour le xvif .
André Fontaine.
Montauban, ib janvier 1914.