‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 24 sur 105 · I. Relation.., p · texte numérisé non relu

I. Relation.., p

a. Le brevet, conservé aux Archives nationales et encore inédit (Oi igiS"), indique ae le titre de premier peintre est rétabli en faveur de Le Brun, « non seulement Dur l'avantage qui en reviendra à Sa Majesté lorsque tous ses ouvrages de peinture

doute le Bernin, qui vint à Paris en i665, lui porta ombrage et lui décocha, au dire de Perrault, des compliments peu flatteurs ' ; mais Louis XIV devait en revanche, s'il faut en croire Nivelon, proclamer son enthousiasme pour les découvertes de l'artiste sur l'expression des passions, déclarant qu'il « était au-dessus et le plus grand de tous les hommes ^ »; et Colbert, Séguier, tous les personnages influents lui accordaient leur confiance. Du coup, il obtenait aussi le respect, peut-être l'obséquiosité de la majorité de ses confrères auxquels il distribuait les commandes de Versailles ou des Gobelins, et à quiTestelin avait de bonne heure fait « espérer des merveilles de la protection de M. Colbert et de la faveur de M. Le Brun ' ». Il dominait véritablement, le directeur Ratabon n'ayant pas été remplacé et le chancelier (c'est-à-dire lui-même) présidant en son absence. Aussi les artistes ne s'illusionnaient pas sur les plus sûrs moyens d'arriver, et Jean Rou, qui avait composé une histoire de l'Académie aujourd'hui perdue, mais dont il a inséré dans ses Mémoires quelques fragments, nous raconte que Coypel, désirant quelques années plus tard obtenir la succession d'Errard à la tête de l'Académie de France à Rome, offrit à Le Brun la surprise d' « une magnifique allée d'orangers qu'un beau matin de sa fête il fit trouver pour bouquet à point nommé dans la basse-cour de son agréable lieu de Montmorency. Il n'en fallut pas davantage, ajoute Rou, pour mettre bientôt M. Coypel en passe de tout prétendre; au bout de quelques jours, la belle allée d'orangers le conduisit tout droit dans le grand chemin de Rome ' » .

seront examinés et dirigés par le S' Le Brun, mais encore parce que cette grâce excitera tous les hommes qui ont de la disposition à se rendre recommandables en cet art de s'y appliquer plus fortement que jamais pour se rendre dignes de pareilles grâces ». Le même brevet fixait la pension annuelle à « douze cents livres et deux mille livres par forme de livrées ».

1. Charles Perrault, dans ses Mémoires (p. 106), cite ce mot du Bernin : « Qu'on ne pouvait emplir une fiole à une grosse fontaine et qu'un faible génie ne pouvait profiter avec un génie trop fort et trop abondant. Ce génie trop fort et trop abondant, ajoute Perrault, c'était lui, et M. Le Brun était le génie trop faible; c'est ce qu'il dit au sujet du silence qu'il gardait sur les ouvrages de M. Le Brun. »

2. Vie de Charles Le Brun, manuscrit n" 12897 du fonds français de la Bibliothèque Nationale, p. 221.

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