‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 4 sur 105 · I. AtHgi étUwitées pHmtres, p. 5o · texte numérisé non relu

I. AtHgi étUwitées pHmtres, p. 5o

a. Guillet écrit {Méwmirtt îaMtis.., t. L p. ■ 34) : • Ce fut sous loi qee M. Le Brun prit ses commencements de peinture. Le mettre et le disciple se sont tooionrs rédproqnement estimés, et ils se onooettèfent pour jeter les faodeHMats de FAcadémie av«c les habiles pàntres et aca^Nmra q«î contriboirent à cet êtabliaMineat. • La biogreiAiede François Pertier fiu lue le 4 octotee (6^ à PAcadécnie, de«x ans et 4wfti swalemtnt «pris la OMtt <ie Le Bran et devam q«elq«es oomcmponins des oettx aituics.

LES PREMIERS ACADEMICIENS. 5

qu'on peut considérer comme Tabrégé du premier, et Louis Testelin était fils d'un peintre de Louis XIII « qui, très satisfait de ses ouvrages, l'avait fait coucher sur l'état et lui avait donné un logement dans la galerie du Louvre » '. Voilà donc trois artistes n'ayant guère d'attaches ni de traditions populaires.

Les deux Beaubrun, il est vrai, n'étaient que portraitistes, et l'on sait combien le genre du portrait paraissait alors indigne d'un grand génie; mais le père de Charles Beaubrun connaissait Rome, et les deux cousins peignaient surtout les personnages de la cour où ils étaient en faveur : au reste Charles, qui était juré, n'entra à l'Académie qu'en i65i, soit que l'auteur de la Relation ait été mal servi par ses souvenirs, soit qu'au dernier moment l'artiste ait craint les représailles de la Maîtrise. Van Egmont peignit pour l'Académie, dès 1649, un portrait de Gaston d'Orléans ; mais Descamps, qui seul nous a transmis sur lui quelques renseignements, nous apprend que ses talents ne se bornaient pas à ce genre médiocre ^ : « Van Egmont, dit-il, fut un de ceux qui travailla le plus aux entreprises de M. Vouet. Il peignait l'histoire en grand et en petit. Il fut considéré en son temps et surtout à la cour*. » Encore un académicien pouvant faire ligure dans le monde et qui sans doute ne se souciait pas d'être confondu avec un suppôt de la jurande I

Enfin Du Guemier et Hans n'étaient pas non plus, malgré

t. Méwtoires inédits.., t. I, p. 216. Il faut noter qce Lonis Testelin aviit, dès le i^août 1648, montré à ses confrères « le tableau qu'il s'était obligé de faire pour la décoration du lieu de l'Académie, ainsi que plusieurs s'y étaient obligés avec loi » (Procis-rerbaux... 1. 1, p. 10;. Guillet dit : € Le sujet du tableau a été gravé par M. Audran, conseiller de l'Académie. L« maladie qui emporta M. Testelin l'empêcha de faire im présent de cet ouvrage k la Compagnie. > Mais Henri, son frère, a publié la gravure d'Audran en tête de la première édition de son ouvrage intitulé Sentiments des plus kabiles ftintres du temps smr la pratique de la peinture, et si Mariette avait connu la biographie de Guillet, il n'aurait pas, dans %on A becedario, anribué à Henri, malgré la signature de Louis, ce qui appartient à Louis. Dans mon ouvrage sur Les CoOeetioms de C Académie royale, j'ai omis moi-même de parler du morceau de réception de Louis Testelin, qui d'ailleurs ne figure sur aucun inventaire : \e repaie.

3. Mariette dans son Abeeedario dit : c Personne n'était plus capable que lui de béen peindre une tête. J'en ai tu qui sont dignes de Van Dyck, tant elles sont peintes avec fraîcheur. > Je n'en connais ancime.

3. Descamps, La Vie despâmtrts flamumds, t. II, p. 71. Jal, qtû a la prétentioa de corriger les erreurs de Oeacamps, me parait s'être trompé sur les dates de la naitmmrr et de la mort de cet artiste.

leur peu de lustre actuel, des personnages sans quelque importance. Bourdon en épousant la sœur du premier n'avait pas dû s'exposer au reproche de mésalliance. Louis du Guernier, en effet, dont le père était originaire de Rouen et qui était vraisemblablement né à Paris en 1614, avait pour mère Marie Dophin, fille d'un peintre de Turin, ville où le goût des arts était en honneur. Il s'attacha à la miniature. « Il y avait alors, raconte Dubois de Saint-Gelais, son biographe', d'habiles peintres dans ce talent ; mais la correction de dessin de M. du Guernier et la ressemblance de ses têtes le mirent au-dessus d'eux. Il ne se servait pas de blanc : il pointillait tout son ouvrage comme faisait le vieux Saillant, augustin, qui avait de la réputation % au lieu que M. Hans qui était aussi fort en vogue, couchait du blanc sur son vélin ainsi que le pratiquaient en Angleterre deux peintres estimés appelés Olivier et Cooper'. M. du Guernier peignait aussi en émail. Comme il était philosophe, ses recherches physiques le conduisirent à de grandes découvertes dans la manière d'employer les émaux, et il y a apparence qu'il les eût poussées encore plus loin et peut-être au dernier degré, si la délicatesse de son tempérament et son travail trop continuel n'avaient pas abrégé sa vie. Il a fait plusieurs portraits de Louis XIV et des personnes de la première qualité et avait peint, dans des Heures que le duc de Guise emporta à Rome, les plus belles dames de la cour représentant des saintes. Il se maria en 164g à une fille de sa religion dont il ne laissa qu'un fils qui a été élève de M. Chatillon\ Il eut deux frères, Alexis et Pierre (le premier

1. Cette biographie, conservée parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l'Ecole des- Beaux-Arts sous le n" 55, a été lue à l'Académie par Dubois de Saint-Gelais le 9 novembre 1726. Elle reproduit textuellement les passages principaux de celle que Florent le Comte a donnée {Cabinet des singularités.., t. 1, p. loo-ioi). Mariette, dans son Abecedario, en copie à son tour certaines phrases et, comme son modèle, il donne la sœur de Louis du Guernier pour femme à Bourdon, quoique Guillet dans sa biographie de Boaidon (Mémoires inédits.., t. I, p. 91), affirme à tort(Cf. Jal, Dictionnaire critique, article Bourdon) que Louis du Guernier a été le beau-père de Bourdon. J'ajoute que Florent le Comte a été mis souvent à contribution par Dubois de Saint-Gelais.

2. Je n'ai aucun renseignement sur cet artiste qui appartenait à l'ordre des Augustins. 'i. Il s'agit des miniaturistes Oliver et Cooper : il y eut d'ailleurs deux Oliver et

deux Cooper de grand mérite.

4. Cet artiste n'appartint point à l'Académie et mourut au Louvre, où il était logé, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans, en 1734. Dans son acte de décès, il est qualifié de « peintre du roi pour l'émail et dessinateur de l'Académie royale des Sciences ».

faisait du paysage) qui s'attachèrent comme lui à la miniature, et une sœur qui dessinait fort bien et qui épousa en secondes noces M. Bourdon. M. duGuernier était ennemi du vice, avait beaucoup d'esprit, parlait bien, aimait la musique et touchait du théorbe en perfection. 11 était le premier de la seconde classe, avait été élu professeur en i655, et mourut dans l'exercice de cette charge, âgé de quarante-cinq ans. »

J'ai donné tout au long cette biographie de Louis du Guernier afin de bien établir quelles qualités intellectuelles et quelles relations mondaines le rapprochaient des peintres d'histoire et l'éloignaient de la Maîtrise ainsi que de la plupart de ses confrères qui gagnaient leur vie à faire en miniature le portrait de simples bourgeois.

Nous n'avons malheureusement pas beaucoup de renseignements sur Hans qui s'appelait en réalité, tout Parisien qu'il était, Hans van der Brughen. Mais un petit ouvrage anonyme, publié en 1679, et dont l'auteur est certainement Félibien, nous apprend qu'il « était fort en vogue à la cour ' » . Voilà du moins qui le rapproche de Louis du Guernier par la situation sociale, comme Dubois de Saint-Gelais l'en avait rapproché par le talent. Et ainsi nous pouvons conclure que le premier groupe des fondateurs de l'Académie, sans compter d'artistes hors ligne ou encore réputés pour tels, appartenait à une sorte d'aristocratie un peu dédaigneuse des petits talents, fière de travailler à la cour et comptant, pour échapper à la Maîtrise, sur le respect dû au grand art et sur l'autorité royale. On s'était peut-être laissé envahir les premiers jours par des gens de peu; on les renvoya sans façon avec leur argent dès la constitution définitive de l'Académie ^

Mais à ces ouvriers de la première heure (si on peut se servir de ce terme d'ouvriers en parlant des ennemis de la Maîtrise) vinrent bientôt se joindre Errard, Van Mol, Guillain, Le Sueur et quelques autres que l'auteur de la Relation ne nomme point

Mariette raconte que « s'étant introduit chez M. Le Brun, il devint sans le penser graveur ». Ceci tend à démontrer que Le Brun ouvrait peu volontiers les portes de l'Académie aux dessinateurs, mais les employait quand il en avait besoin.

1. Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus, p. 60.

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