‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 5 sur 105 · Procès-verbaux.., t. I, p. i · texte numérisé non relu

Procès-verbaux.., t. I, p. i

expressément. C'est M. de Charmois, semble-t-il, qui les avait ralliés à son projet de fonder une Académie', quelques jours sans doute avant de présenter sa requête au roi.

On comprend sans peine l'intérêt qu'offraient pour la future Compagnie ces nouvelles adhésions. Si celle de Van Mol, dont on sait bien peu de chose et dont on ne connaît aucune œuvre % peut être considérée comme insignifiante, quelle joie dut ressentir Le Brun à recueillir les trois autres! Je crois bien qu'aucun des artistes qui avaient pris part aux premières réunions ne jouissait d'une renommée égale à celle de Guillain, de Le Sueur ou d'Errard.

Guillain, alors âgé d'environ soixante-sept ans, avait produit une oeuvre considérable et dont les quelques fragments conservés au musée du Louvre nous révèlent les qualités robustes ; son biographe Guillet nous dit que « dans sa jeunesse il fit un voyage à Rome qui contribua beaucoup à le former' ». Il était certainement un des premiers sculpteurs français qui eussent visité l'Italie et celui peut-être qui y avait le moins perdu de son originalité. Aussi les commandes avaient-elles afflué, et c'est précisément en 1647 qu'il avait été chargé de la décoration du Pont-au-Change, son chef-d'œuvre, parvenue en partie jusqu'à nous. Simon Guillain, tout

1. « M. de Charmois, dit l'auteur de la Relation (p. 14), encouragé par la bonne disposition où il voyait ces messieurs (Le Brun et ses amis) à travailler pour faire réussir cette entreprise (la fondation de l'Académie), continua ses soins et y engageait autant de personnes de la profession et de mérite qu'il connaissait, lesquels s'y adjoignirent, entre lesquels furent MM. Errard, Van Mol, Guillain et Le Sueur. »

2. Dans un manuscrit de Caylus, conservé au Cabinet des Estampes sous la cote Y a 14 ), on lit : « Pierre Van Mol était d'Anvers. Les mémoires de l'Académie n'en parlent point. Tout ce qu'on peut découvrir, c'est qu'il a fait des portraits et qu'il a peint l'histoire. Le Comte, dans son Cabinet de peinture, cite ■ dans les peintres flamands un Van Mol qui doit avoir été recherché pour sa manière de peindre des cuisines et autres sujets de cette espèce; mais on sait avec certitude que ce n'est pas le même que l'académicien. » Jal, dans son Dictionnaire critique, prouve que Van Mol était établi à Paris dès i63i, avait en 1642 le titre de peintre de la reine et mourut le 8 avril i65o. Une intéressante note de Nicolas Wleughels sur son père Philippe nous apprend que ce dernier, en arrivant à Paris, se rendit tout droit chez Van Mol en compagnie d'un jeune homme nommé Wolfart dont le père avait été à Anvers le maître de cet artiste (Mémoires inédits.., t. I, p. 335). F élibien (Noms des peintres, p. 61) et Marolles (Livre des peintres.., édition Duplessis, p. 21) ne font guère que le citer, de même que Lépicié dans la notice lue le 3 juin 1741 à l'Académie et conservée sous le n° 52 parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l'École des Beaux- Arts.

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