Relation.., p
2. Il ne faut pas, en effet, oublier que Le Brun est alors au plus mal avec Ratabon et que Testelin seul semble pouvoir servir occasionnellement de trait d'union entre eux.
3. Le Brun n'a pas signé au procès-verbal, mais entre la fin de juillet 1660 et janvier i663, on ne trouve jamais sa signature sur les procès-verbaux, et néanmoins il s'est pendant cette période si souvent occupé de l'Académie où il combattait Ratabon
on se soit jeté à la tête tous les griefs réciproques amassés pendant plus de dix ans de lutte, que Bosse n'ait gardé aucune mesure, qui en doutera? Mais pourquoi adopter, le 2 octobre, à l'égard de Bosse, l'attitude opposée à celle qui, le 7 août, avait paru la plus sage?
Disons d'ailleurs que Bosse ne fut pas le seul à perdre son sang-froid et que « M. le surintendant (Ratabon) en colère s'échappa de dire qu'il enverrait plutôt toute l'Académie au Pré aux Clercs que de souffrir qu'il (Bosse) fût dispensé de cette soumission (aux ordres de l'Académie concernant l'échange des anciennes lettres de provision contre les nouvelles). Cette parole échappée par l'impétuosité d'un bouillon de colère, avoue la Relation', fut incontinent relevée par l'adresse de son esprit, reconnaissant bien qu'une Compagnie qui faisait profession d'une noble liberté ne pouvait souffrir une contrainte qui avait l'apparence d'une domination tyrannique, joint à ce qu'elle a l'oreille très délicate sur les menaces. Ainsi M. de Ratabon pensa détruire l'Académie, prétendant contraindre la Compagnie à déférer à un sien conseil particulier et absolu, ce qui ébranla quelques-uns des plus considérables. »
Quel dommage pour Bosse qu'il n'ait pas eu la souplesse, la présence d'esprit, l'ironie nécessaire pour tirer parti de la maladresse de son adversaire ! Mais tandis que Ratabon a su réparer et comme engloutir sa menace sous « une iniinité de paroles obligeantes et pleines de douceurs » , le pauvre Bosse, comme nous l'apprend la page de Testelin, commit la faute de se défendre point par point et, en fin de compte, « protesta incivilement qu'il ne rendrait sa première lettre que premièrement il n'en eût une autre » . Et sans doute c'était là où on voulait l'amener : à une rupture avec la Compagnie dont la bonne foi se trouvait ainsi suspectée. Ayant si malencontreusement parlé, « le s"^ Bosse se retira avec menace » .
Testelin ajoute que « la délibération du 7 août fut approu-
qu'il dut y paraître; en tous cas, son action s'y exerçait par l'intermédiaire de Testelin, et le récit de ce dernier atteste, comme nous le verrons plus loin, qu'il assiste en personne à certaines séances.