‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 48 sur 105 · C'est celle dont je viens de donner des extraits · texte numérisé non relu

C'est celle dont je viens de donner des extraits

3. Je crois que Bosse voulait terminer ici sa lettre par sa formule ordinaire < votre

présente à la Compagnie et de plus leur dire qu'il faudrait que j'eusse l'âme aussi brune et aussi basse que mes ennemis pour souffrir leur procédé en dissimulant, ni de recevoir la ridicule lettre d'académiste et conseiller sans qu'elle soit accompagnée des privilèges que vous et plusieurs de la Compagnie m'avez promis, sur laquelle promesse j'ai signé l'acte que savez*. Excusez la liberté de votre serviteur qui vous donne avis de ne rien signer qui puisse préjudicier à votre parole et à l'acte que j'ai de vous et de MM. Vignon, Corneille, Ferdinand, Bernard et autres encore vivants Dieu merci-.

« Le très humble et très affectionné serviteur,

« A. Bosse. »

« A Paris le 6"* novembre 1660. »

Quel fut l'effet de cette malheureuse lettre dont le style même, plus gauche encore que celui des précédentes, semble trahir l'énervement de l'auteur? Testelin, dans le procèsverbal officiel qu'il a dressé de la séance du 6 novembre, nous dit : « L'Académie a résolu que, avant de juger du procédé dudit sieur Bosse, on prendra avis de M. le Directeur de l'Académie et, considérant qu'à l'occasion dudit sieur Bosse, il est arrivé combustion entre plusieurs personnes de la Compagnie qui sont en division, la Compagnie a résolu qu'elle travaillera incessamment à la réunion de ses membres, et MM. Errard et Corneille ont été nommés pour, avec les parties, rechercher les moyens de pacification avec charge de convoquer au plus tôt une assemblée extraordinaire et générale pour pacifier et terminer toutes les affaires. » Ainsi Bosse, malgré ses violences de langage, malgré sa démission, malgré son refus de confier à Corneille ses

très humble et très affectionné serviteur », et qu'il se sera tout à coup aperçu qu'il avait encore quelque chose à dire.

1. Quel est cet acte? Je ne puis m'empêcher de croire que c'est l'acceptation sous condition de la décision du 7 août dont Ratabon se serait employé à faire perdre l'avantage à Bosse. Malheureusement les archives ne l'ont pas conservé : aurait-il été détruit à dessein ?

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