s'agit de Vacte du i" juillet i
io8 ACADEMICIENS D'AUTREFOIS.
lettres de provision pour être échangées contre d'autres aussi avantageuses, conservait toujours des partisans; il y avait vraiment, comme nous dirions aujourd'hui, une aflfaire Bosse, et on aurait eu grand besoin de ce pacificateur des différends dont l'office fut créé à l'Académie le 26 mars 1678', grand besoin aussi d'une amnistie.
Car enfin c'était un ancien adversaire de Bosse qui maintenant prenait sa défense. Reportons-nous en effet à la Relation^, tout inspirée qu'elle soit par Testelin, et nous y lirons que ce jour-là « M. Bourdon, par un excès de charité entreprenant de le supporter (Bosse), lâcha quelque expression aigre et choquante qui toucha particulièrement M. Le Brun, ce qui les fâcha si fort l'un contre l'autre qu'ils en vinrent à de grosses paroles, ce qui aurait sans doute produit quelque chose de plus fâcheux sans l'entremise de la Compagnie ». Testelin peut bien présenter les faits à sa guise : mais il est obligé de reconnaître que l'exclusion de Bosse, même après ses lettres déplaisantes pour l'Académie, n'était pas acceptée sans résistance.
Il fallut, pour l'obtenir, une dernière bravade de Bosse qui écrivit au directeur de l'Académie lui-même l'extraordinaire lettre que voici :
« A M. de Ratabon, conseiller du Roi en ses conseils, et Surintendant des Bâtiments de Sa Majesté et de sa maison, à Paris.
n A Paris, ce i" décembre 1660.
« Monsieur,
« J'ai craint que vous ne connaissiez trop tard que je suis bien fondé à me plaindre du procédé de plusieurs de l'Académie et aussi étonné de n'avoir pu obtenir de vous aucune audience après vous l'avoir tant demandée, et vous, si amplement donnée à MM. Errard, Le Brun et le secrétaire Testelin.
« Je ne saurais m'imaginer que vous puissiez douter de
1. Procès-verbal de la séance du 26 mars 1678. — Nulle part on ne voit intervenir par la suite le pacificateur des différends.