‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 7 sur 105 · Cf. Mémoires inédits.., t. I, p. igS et suivantes · texte numérisé non relu

Cf. Mémoires inédits.., t. I, p. igS et suivantes

s'estimât fort au-dessus de ses confrères incapables de traiter rhistoire ou la fable'.

Restent les peintres des genres les moins réputés. Louis- Elle Ferdinand, le seul portraitiste que nous trouvions, « grava d'après Testelin, nous dit Mariette dans VAbecedario. Il fit encore quelques planches d'après le Primatice et d'après d'autres maîtres ». Et ainsi à côté du portrait, où déjà son père s'était distingué, Louis Ferdinand pratiquait les grands genres par l'intermédiaire de la gravure ^

Gérard Gosvin, parfaitement inconnu aujourd'hui, peignait les fleurs, et voici ce que nous dit de lui Dubois de Saint- Gelais : « Gérard Gosvin, que M. de Piles nomme Gosselin, était de Liège. Il n'a passé que pour peindre des fleurs. Cependant la part qu'il eut à l'établissement de l'Académie, étant le huitième de la seconde classe et ayant été élu professeur en 1659, ne permet pas de douter qu'il avait des parties qui l'avaient fait juger capable de remplir cette charge; mais comme il ne l'exerça que quinze mois (parce qu'il en fut démis par la mutation qui était alors d'usage, le 3 juillet 1660), il y a apparence qu'il s'en retourna dans sa patrie sans avoir beaucoup laissé de ses ouvrages en France puisqu'il en est fait peu mention ^ » Et, si nous en croyons Dubois de Saint-Gelais, voilà encore un artiste qui, tout en pratiquant un genre assez peu relevé, connaissait de plus nobles parties et les enseignait au besoin.

Des quatre peintres de paysages, un au moins est inconnu : « Tout ce qu'on sait de Pinagier, dit le même Du-

1. Dubois de Saint-Gelaîs a laissé sur Gilbert de Sève une courte notice conservée parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts sous le n" 5i.

2. Dubois de Saint-Gelais a laissé sur cet artiste une notice conservée parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts sous le n» 35 et ainsi conçue : « Louis-Elle Ferdinand, né à Paris en 1612, était fils de Ferdinand-Elle, habile peintre de portraits à Malines. Il suivit le goût de son père et l'égala. 11 était le troisième de la seconde classe et fut élu professeur en lôSg. Cependant, comme il était protestant, il fut exclu de l'Académie par ordre du roi en 1681. Mais ayant fait abjuration en 1686, il rentra dans cette compagnie qui le reçut avec une grande joie et lui rendit ses places. Il mourut à Paris en 1689, âgé de soixante-sept ans. II laissa un fils qui a peint dans le même genre et a été de l'Académie. »

3. Ms. 53 de la Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts. J'ignore dans quel ouvrage de Roger de Piles il est fait mention de Gosvin sous le nom de Gosselin, et je ne serais pas étonné que ce fût une méprise de Dubois de Saint-Gelais.

LES PREMIERS ACADEMICIENS. i3

bois de Saint-Gelais', c'est qu'il était de Paris et faisait bien le paysage. Il mourut le 6 de janvier de Tannée i653. II était le neuvième de la seconde classe. » Sur Platemontagne, nous ne sommes guère mieux informés. Il était d'Anvers et s'appelait Mathieu van Platenberg. « 11 vint, dit encore Dubois de Saint-Gelais, à Paris à dix-sept ans, et dessinait pour les brodeurs. Mais, la broderie étant tombée..., il prit le parti de se mettre à peindre. Il s'attacha au paysage et a fait des marines qui sont estimées, où il a excellé^. » Son petit-neveu Nicolas Wleughels nous apprend d'ailleurs que déjà à Anvers « il peignait des mers », ayant été l'élève de Van Ertuelt'. Cependant nous sommes bien en présence d'un artiste qui ne jure ni par l'Italie, ni par l'antique, ne méprise pas les artisans, et ne se consacre même à la peinture que faute de pouvoir dessiner pour les brodeurs. Quant à Henri de Mauperché, il semble d'une classe un peu supérieure : « Henri de Mauperché, lisons-nous toujours dans Dubois de Saint-Gelais, était de Paris. Il faisait bien le paysage et a beaucoup peint à Fontainebleau, particulièrement dans l'appartement de la reine-mère. Il était le cinquième de la seconde classe et fut professeur en i655. Il avait quatre-vingt-quatre ans lorsqu'il mourut à Paris en i686\ » D'autre part, nous savons, par Guillet de Saint-Georges, que « M. Montagne (le peintre d'histoire) fit le voyage d'Italie avec M. Mauperché, peintre paysagiste^ ». En voilà assez pour nous renseigner sinon sur le talent, au moins sur les tendances de cet artiste : quoique paysagiste, il pouvait entrer à l'Académie.

Enfin Samuel Bernard pratiquait un genre un peu différent, mais non moins éloigné du grand art, ce qui d'ailleurs ne l'empêchait pas d'être quelqu'un.. Voici ce que rapporte Dubois de Saint-Gelais' : « Samuel Bernard, fils d'un peintre, était né à Paris en 1614. Il s'attacha avec succès à peindre en petit.

1 . Ms. 52 de la Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts. Dans le manuscrit de Caylus conservé au cabinet des Estampes, on retrouve mot pour mot la même notice.

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