‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 73 sur 105 · Le Maire, Paris ancien et nouveau, t. III, p · texte numérisé non relu

Le Maire, Paris ancien et nouveau, t. III, p

2. Les mots : qui sont dans le cabinet de M. Le Brun ont été raturés sur le brouillon de Guillet, sans doute pour ne pas compromettre Le Brun.

3. Le nom de Le Brun a été raturé et remplacé par le mot on. La fin de la phrase est biffée.

que jour pour faire voir jusqu'où peut aller votre intelligence en prospective. » Nous ne possédons ni le dessin ni le billet incriminés. Mais l'exagération même de Guillet ruine son affirmation. Car Tami de Du Fresnoy, qui avait étudié tous les préceptes de l'art avec l'auteur du poème fameux sur la Peinture, qui chez le cardinal Barberini s'était intéressé aux manuscrits du Père Matteo Zaccolini sur la perspective, dont nous possédons des œuvres très savantes telles que la fresque du Valde-Grâce, n'ignorait pas les lois de la technique au point d'être pris en pitié par les tapissiers des Flandres, ou même par Le Brun qui aurait dû se souvenir des leçons d'Abraham Bosse. Si Mignard et son ami furent violents, Le Brun et Guillet furent perfides : le beau rôle reste encore à Mignard, bien qu'il ait engagé maladroitement la querelle.

Au moins sut-il s'arrêter à temps, et ne répondit-il pas à ses ennemis, de sorte que Le Brun ayant le dernier mot put se croire le vainqueur du débat. En réalité l'influence de Mignard grandissait aux dépens de la sienne. En même temps que la disgrâce de Colbert affaiblissait son prestige, les peintres commençaient à secouer le joug et à ne plus s'inspirer sans cesse des figures figées qu'il avait montrées à l'Académie avant qu'elles fussent publiées dans le petit traité de V Expression des passions. Rigaud et Largillière, formés loin de Paris et de l'Académie, apportaient dans leurs premiers essais cette loyale observation de la nature dont Mignard portraitiste avait, plus que son rival, gardé la tradition.

A la mort de Colbert, Le Brun ne vivait plus guère que sur sa réputation, sur sa situation officielle et sur l'amitié du roi. Aussi passa-t-il une vieillesse chagrine; aussi l'avons-nous vu, de i683 à i6go, se montrer, à tout moment, pointilleux, fraudeur et malgracieux à l'égard de Louvois et des admirateurs de Mignard', ne laissant point passer une occasion de dire un mot déplaisant aux favoris du jour. 11 est vrai que le sentant irritable, ceux-ci durent parfois en abuser et s'ingénier à l'exaspérer : témoin la très belle lettre, qu'il adressait à Louvois en 1686, et dans laquelle, après avoir rappelé fièrement ses

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