‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 84 sur 105 · Cf. le procès-verbal de la séance du 5 octobre · texte numérisé non relu

Cf. le procès-verbal de la séance du 5 octobre

demain même une protestation de dix-neuf académiciens (dont quatre transfuges de la veille); mais Paillet ne se déjugea pas, et finalement Le Brun, après avoir obtenu en apparence un avantage marqué, ne put se faire donner le titre que vraisemblablement il convoitait et auquel il substitua seulement celui de recteur principal, que les statuts n'avaient point prévu et que les procès-verbaux n'indiquèrent jamais. Qu'on ne s'étonne donc pas de voir Paillet vieillir à l'Académie dans les honneurs obscurs du professorat, malgré son assiduité aux séances, malgré les dons qu'il procura sans doute ou qu'il fit lui-même à la Compagnie.

Car il est à remarquer que, le i"" février 1676, Paillet et Vallet annoncent à l'Académie qu'elle vient d'hériter : le collectionneur Accard lui a légué « un grand dessin à la plume représentant la colonne de Théodose et un masque de sculpture i> que quelques jours après on attribue à Jules Romain ' . L'Académie étant entrée en possession du legs résolut « en reconnaissance » de faire célébrer un service pour l'âme du donateur qui, s'il faut en croire l'abbé de Marolles, ne se livra qu'à des actes de générosité posthumes. Parlant des estampes, le poète amateur s'exprime en effet ainsi :

Accard en fit amas sans aucune dépense. Étant fort ménager, et ne sut que c'était D'employer un denier pour ce qui lui plaisait; Mais il le méritait par force et complaisance.

En mourant il en fit un don aux abbayes

De Sainte-Geneviève et du martyr Victor

De Saint-Germain-des-Prés comme d'un grand trésor.

Mais de ces legs pieux on les vit ébahies.

Il semble que l'Académie n'ait pas recueilli la plus belle part de l'héritage du collectionneur parcimonieux : elle n'en a que plus de mérite à avoir prié pour celui qui avait mérité ces trésors d'art « par force et complaisance » et recherché en mourant l'intercession monacale pour son salut éternel.

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