Archives des Basses-Pyrénées, C
Croissy avait fait connaître que le roi avait choisi pour y être statufié la ville de Pau ', et enfin les États avaient décidé aussitôt d'agrandir la place Royale actuelle pour qu'elle fût digne de recevoir l'image du monarque-. Marc Arcis, quoiqu'il travaillât encore d'après son maître Girardon, se trouvait donc à la tête d'une œuvre considérable qui pouvait lui attirer gloire et profit.
Mais son inexpérience du pays et peut-être du métier lui valut de rudes déconvenues. Dès le mois d'octobre 1688, il commence ses travaux, et il fait extraire des blocs de marbre successivement de la carrière de Louvie Soubirou dans la vallée d'Ossau^ de Saint-Béat dans le département actuel de la Haute-Garonne, puis de Gère dans la vallée d'Ossau, sans pouvoir en trouver d'utilisables, soit qu'ils fussent veinés, soit qu'ils eussent été brisés au moment de l'extraction'. Aussi l'artiste dut-il renoncer à employer le marbre, et, le 20 juillet tôgo, il passe avec la communauté de Pau un nouveau traité aux termes duquel il s'engage à exécuter la statue en bronze et les bas-reliefs du piédestal en marbre pour le prix de 27.700 livres*, prix porté le 20 août suivant à 3o.ooo livres par une sorte d'avenant au traité \
Les documents d'archives nous prouvent donc que Malliot était bien renseigné et nous devons l'en croire lorsqu'il nous dit que le pauvre Arcis échoua une première fois dans l'opération de la fonte, mais, volé et ruiné, mena quand même son œuvre à bien. Que de temps et de peine il lui fallut! Nous trouvons, à la date du 25 juin 1697, une délibération des Etats de Béarn relative à l'inauguration de la statue nouvellement érigée*. Arcis, à diverses reprises, réclame son paiement', et finalement les États concluent un emprunt de lO.BSg livres pour subvenir aux frais*. Le sculpteur n'est payé, après procès