‹ Académiciens d'autrefoisChapitre 97 sur 105 · Relation.., p · texte numérisé non relu

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commencera d'aujourd'hui en huit jours ses fonctions ».

A la fin de novembre 1649, Juste d'Egmont déclare avoir reçu des étudiants, pour les quatre premières semaines, la somme de 21 livres 10 sols. Tous ceux qui n'étaient point fils d'académistes étant astreints à une contribution de 5 sols par semaine ', il y avait donc alors au moins 22 étudiants à l'Académie, sans compter les fils d'académistes, les privilégiés qui certainement devaient exister, et les jeunes gens dont la cotisation n'avait pu être perçue ^ Il est vrai qu'en décembre la recette tombe à i3 livres i5 sols pour cinq semaines. C'est en novembre i65o que le montant des cotisations est le plus élevé; l'Académie reçoit de ses étudiants 42 livres, ce qui suppose au moins 42 participants. Malheureusement en avril i65i on retombe à 23 livres i5 sols, et ce n'est qu'après la jonction avec la Maîtrise qu'on arrive à 42 livres i5 sols. Cette somme fut-elle bientôt dépassée ? On ne saurait le dire, parce qu'à partir du mois de septembre i65i nous n'avons plus aucun renseignement sur les contributions des élèves. Mais, puisqu'en i652, on doit, faute d'étudiants, fermer l'école pendant deux mois, c'est que la Jonction n'avait pas donné tous les bénéfices escomptés, et je crois bien qu'il fallut attendre quelques années pour arriver enfin à un effectif régulier et fidèle.

A vrai dire, les professeurs semblent bien quelque peu responsables des premiers échecs de l'école. Tous n'avaient pas le zèle et le désintéressement de Louis Testelin, et nous sommes bien obligés de constater que, le 6 décembre i653, « l'Académie étant assemblée à son ordinaire, sur ce qui a été remontré que, par la négligence de quelques-uns des anciens manquant aux fonctions de leurs charges, l'Académie demeurait sans modèle et les exercices étaient interrompus, il a été arrêté qu'à l'avenir ceux qui refuseront de faire leurs charges paieront l'amende suivant les statuts ", et, en cas de refus seront

1. Je prends le chiffre de 5 sols parce que je le trouve fixé pour les apprentis des jurés le 12 septembre i65i; mais la délibération du 28 octobre i656 permet de se demander si la contribution n'était pas en réalité de 10 sols.

2. Ces comptes sont publiés dans les procès-verbaux de l'Académie; ils commencent en novembre 1649 et finissent en septembre i65i.

3. L'article VIII des statuts de 1648 prévoit une amende de 10 livres, puis de 20, puis la déchéance pour l'ancien en mois, « s'il manque à se trouver pour faire l'ou-

démis et déclarés interdits des assemblées par affiche appliquée en la salle où l'on dessine, et, à l'égard de MM. Bustel et Baugin, ils seront mandés pour répondre aux plaintes faites contre eux » . Ainsi un bel artiste comme Philippe de Buyster (dont le nom est ici étrangement défiguré et qui rentra plus tard à l'Académie avec honneur) délaissait ses devoirs de maître au point que les exercices se trouvaient interrompus; il épuisait la patience de ses confrères et finissait, le 2 janvier i655, par se faire exclure de la Compagnie, malgré le talent qu'on lui connaissait ' . Comment espérer retenir les étudiants lorsque les professeurs se désintéressaient ouvertement d'eux? Il semble bien qu'en i656, quoique les académiciens se fussent cotisés pour payer Girard le modèle, les professeurs aient continué à donner les plus mauvais exemples; car au mois d'octobre nous voyons tout à coup Le Brun, Errard et Bourdon s'offrir spontanément à faire les fonctions de la charge, et des artistes aussi occupés n'auraient pas assumé une telle tâche si l'école n'eût été en péril, si les étudiants ne se fussent éloignés de l'Académie. Quelques jours plus tard, c'est Girard lui-même qu'il faut exclure, et cette exclusion ne provient-elle pas de sa négligence provoquée par les mauvaises habitudes des professeurs et l'abandon de la plupart des étudiants? Je crains que l'année i656 n ait été une année de crise pour l'école : la caisse elle-même doit être vide, puisqu'on profite de la mésintelligence avec la Maîtrise pour faire payer les contributions aux maîtres et à leurs enfants '\ Cependant la leçon ne fut pas pro-

verture de l'Académie, poser le modèle et faire les autres fonctions de sa charge, ou prier un des autres anciens de s'y trouver en sa place, ce qui n'empêchera pas qu'il ne répare son absence en s'y trouvant le mois suivant autant de fois qu'il aura manqué lorsqu'il aura été en charge ». Les règlements successifs de l'Académie ont toujours prévu des pénalités sévères contrôle professeur qui n'accomplit pas sa fonction; mais on peut être sûr que les pénalités n'étaient guère appliquées.

1. Le procès-verbal porte l'annotation suivante : « M. Bustel étant présent a refusé de se soumettre, quoique la Compagnie lui ait fait des propositions pacifiques. »

2. Cf. séance du 28 octobre i656 : « Le même jour, considérant la difficulté qui se trouve dans les contributions pour les frais ordinaires ou l'entretien du modèle et autres dépenses nécessaires, et, d'autant aussi que les Maîtres se sont séparés et ne contribuent point aux dépenses, laquelle deviendrait incommode à l'Académie, il a été résolu que les Maîtres et leurs enfants qui voudront dessiner paieront les 10 sols ordinaires et que les Académistes jouiront des privilèges ordinaires en affranchissant leurs enfants : et, en cas qu'ils n'y envoient pas leurs enfants, ils pourront y faire dessiner un de leurs élèves pour 5 sols. »

fitable et, le 4 janvier lôSg, FAcadémie examine « les plaintes qui ont été faites que plusieurs professeurs, manquant à faire les fonctions de leur charge, causent du trouble à l'Académie et pourraient l'anéantir si on n'y apportait le remède nécessaire » . Le 3o août de la même année, Gaspard de Marsy se voit menacé d'être révoqué de son rang de professeur s'il s'obstine dans sa négligence! Et le 7 juillet i663, et le 8 mai i665, et le 3 avril 1666, l'Académie s'occupe encore du recteur ou du professeur « défaillant » !

Du moins, si ces messieurs avaient apporté dans leur fonction la compétence nécessaire ! Mais c'est pour nous un grand sujet d'étonnement de lire ceci dans la délibération du mois de janvier 1660 : « En confirmant la résolution prise en diverses assemblées précédentes sur la réception des professeurs, a été arrêté que nul n'entrera en la jouissance de cette charge et des privilèges qui y sont attribués qu'il n'ait premièrement fait connaître sa capacité en posant le modèle en présence de la Compagnie laquelle il convoquera pour cet effet. »

Cinq ans plus tard, l'Académie se montre encore plus exigeante et déclare que « ceux qui aspirent d'être reçus en la charge de professeurs seront tenus de dessiner auparavant l'espace d'un mois à l'Académie et d'y attacher leurs dessins pour faire connaître leur capacité ' » . Quels scandales avaient donc pu provoquer une pareille délibération ? Le 1 " août de la même année, on avait déjà été obligé de rappeler aux officiers en exercice qu'ils ont le devoir de corriger les dessins des étudiants! Qui sait même si ce n'est pas pour astreindre le professeur à sa besogne matérielle qu'on prend le 3i octobre la délibération suivante : « Les professeurs qui sont obligés de faire des figures dans l'exercice de leur mois seront tenus de donner l'original qu'ils feront et particulièrement les sculpteurs donneront la terre cuite et non le plâtre. »

Au reste si l'on veut se rendre un compte assez exact des irrégularités graves de l'enseignement et de l'état d'esprit des étudiants, il faut se rappeler la plainte imprimée que dix-huit ou

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