Journal. P
22. "If within — days tlie absent ones were not delivered up, military exécution would be immediately visited upon the nest of kin. " — C'est ce que porte le MS. original d'Acadie — fol. 636, — mais nous n'avons pu retrouver ce texte dans le Journnl de Winslow, et nous ne croyons pas qu'il soit de Winslow. Il nous semble plutôt qu 'il y a ici confusion chez Richard, confusion qu 'il n 'aurait pas comnùse s'il avait eu eous les yeux le texte de ce journal. Selon nous, voici ce dont il s'agit, et le passage de Haliburton, que Richard cite après ce prétendu texte de Winslow, y fait précisément allusion :
Le 7 octobre, Winslow note dans son Journal:
7 octobre. — Il a plu considérablement aujourd'hui et nous n'avons pas commencé à embarquer la population comme nous l'avions décidé. Pendant la soirée, 24 jeunes gens ont déserté des vaisseaux du capitaine Church et du capitaine Stone, (la goëlette Léopard et le sloop Endeavour) bien qu'il y eût 8 hommes de garde sur chaque navire, à part l'équipage. Personne ne peut expliquer comment cette désertion a eu lieu.
Et le 8 octobre, après avoir dit que "environ 80 familles ont été mises à bord des transports des capitaines Church et Milburry" (ce dernier était capitaine du sloop Elizabeth; — on voit que cette entrée de Winslow diffère sensiblement du récit de Richard, d'après lequel 4 bateaux ont reçu leur cargaison le même jour,) — Winslow continue:
"Je fis faire l'enquête la plus rigoureuse afin de savoir comment ces jeunes gens s'étaient évadés hier, et après avoir pris connaissaoee des faits, je cooe-
« En somme, dit Ilaliburtoii, les Acadiens étaient tellement terrorisés que, de vingt-qnatrc jeunes gens qui s'étaient échappés d'un transport, vingt-deux revinrent d'eux-mêmes se constituer prisonniers, les autres ayant été tués par les sentinelles; et un de leurs amis, soupçonné d'avoir favorisé leur évasion, fut ramené au rivage pour être témoin de la destruction de sa maison et de ses effets, lesquels furent brûlés en sa présence en punition de sa te-
stai qu'un nommé François Hébert qui se trouvait à bord du navire et y embarquait ce jout-là ses effets, en avait t'té l'auteur ou l'instigateur. Je le fis venir à terre, et le conduisis devant sa propre maison, et là en sa présence je fis brûler sa maison et sa grange. Je donnai ensuite avis à tous les Français que si les fugitifs ne se rendaient pas dans l'intervalle de deux jours, tous les amis des déserteurs subiraient le même sort; que de plus, je confisquerais tous le^irs effets, et que si janmis ces déserteurs tombaient entre les mains des Anglais, il ne leur serait accordé aucun qu<irt'ter, car tous les ]iabitants français de ces districts s'étaient rendus responsables lorsque la permission fut accordée aux amis de transjJorter des provisions aux prisonniers à bord et de les visiter."
Le 9 octobre, nouvelle entrée au sujet du même incident:
"9 octobre. — J'ai fait descendre les hommes qui avaient été embarqués sur les trois premiers transports, afin de permettre à leurs familles de les rejoindre à l'arrivée des autres transports. Le père Landré (François Landry, époux de Marie-Joseph Doucet,) m'a fait des propositions au sujet du retour des déserteurs; il croit qu'il serait possible de les faire revenir, mais à condition que je signe la promesse qu'ils ne seront pas punis. Je lui répondis que j'avais déjà donné ma parole d 'honneur et que je ne fournirais pas d 'autres garanties, quelqu'en puisse être le résultat.*'
(Journal P. 1666-7. Arch. Can. (loe. cit. P, 87.)
Je crois que le texte que donne Kichard sans plus de référence: "If within - — days the absent ones wore not delivered, military exécution would be immediately visited upon the next of kin," — est simplement la transposition de l'entrée que nous venons de citer sous la date du 8 octobre, et qui se lit comme suit dans l'original: " ...gave notice to ail the french that in case thèse men did not surrender themselves in two days, I should serve ail their frinds in the same maner and not only so would eonfistieate their household goods and when ever those men shonld fall into the english hands they would not be admitted to quarter. . . "
mérité et de l'aide perfide qu'il avait donnée à ses compagnons ". »
Nous n'avons aucune preuve écrite que des actes de cruauté, autres que ceux qui furent rendus nécessaires par la nature même de l'opération, aient été commis par les soldats; mais, lorsque l'on se souvient des instructions données par Lawrence, « to distress them as much as can be ^* », et que l'on tient compte de la haine que l'on portait à tout
23. Uùt. of N. S. I. IV. P. 178 .11 y a dans le Journal de Winslow (P. 171,) une entré* qui semble bien relater le fait des deux fugitifs tués par des «cntinclles, mentionné par Haliburton: October 12th. Tavo ot" three transports bound up Piziquid Saild. Our partys being reconnoitering the countrey fell in with one of the french deserters, who endeavored to make bis escape on horseback. They hold him and fired over him, but he persisted in riding off wlien one of our men shot him dead of his horse, and also meeting with a party of the same people fired upon them, but they made their escape into the wood?. "
"1^ octobre. — Deux des trois transports qui doivent se tendre à Piziquid sont partis pour cet endroit. Nos détachements qui font la patrouille dans les campagnes ont rencontré un des déserteurs français qui s'est efforcé de s'échapper à cheval. Ha le hélèrent et tirèrent au-dessus de lui, mais voya.nt qu'il continuait de galoper, l'un de nos hommea le renversa mort d'un coup de fusil. Ils rencontrèrent aixssi un certain nombre de déserteurs auxquels ils tirèrent des coups de fusil, mais ceux-ei se sauvèrent dans les bois.'' — (A. C, loe. cit. P. 88.
A la page 173, nouveau détail: "October 13. This evening came in aud privately got on board the transportes the remains of twenty-two of the 24 desert^rs and off whome I took notice. The other accoordg the best accts from the french suffered yesterday with his conirade. " — J. W.
' ' 13 octobre. — Le reste des déserteurs, soit 22, est revenu hier soir et a été embarqué secrètement. Celui qui manquait a été tué hier avec son camarade,, selon le rapport de ceux qui se sont livrés." — (A. C. P. 89.)
24. "Lawrence to Monclcton. 8 aug. 1755: As there may be a dcal of difficulty in securing them, you wiU, to prevent this as raueh as possible, destroy ail the villages on the North and North West Side of the Isthmus, . . . and use every other method to distress, as much as can be, those who may attempt to eoneeal themselves in the woods..." N. S. D. (AkiTis) P. 270. "Vous devez faire tous les efforts possibles pour réduire à la famine ceux qui seraient tentés de s'enfuir dans les bois." A. C. P. 65.
ce qui était français et catholique, et du fait que les soldats avaient à peu près toute liberté d'agir selon leurs inclinations, l'expérience de l'histoire est là pour nous démontrer qu'il a dû se passer des scènes beaucoup plus révoltantes que celles qui ont trouvé place dans le Journal de Winslow. Ce dut être pour mettre un tenne à des excès de cette nature que ce dernier ordonna aux soldats et matelots, sous peine de châtiments sévères, de ne plus s'absenter sans permission de leurs quartiers, « car il importe de mettre un terme à des actes qui ajoutent à la détresse de cette population -^ ».
25. Eichard a beau dire, le Journal même de Winslow renferme la preuve que des actes de cruauté, que la déportation ne rendait pas du tout nécessaires, ont été commis à cette occasion. Etait-il nécessaire, par exemple, de pousser ces gens sur le rivage à coup de crosses de fusils et de baïonnettes? Etait-il nécessaire de brûler sous leurs yeux leurs maisons et leurs effets et de semer la plus complète dévastation là où auparavant régnait l'aisance? Etait-il nécessaire de démembrer les familles? Et quand l'auteur à'Acadie en appelle à l'expérience de l'histoire pour conclure que des cruautés ont dû se passer, il prend des détours inutiles pour laisser supposer des choses dont la réalité crève les yeux. L'ordre dont il parle, et qui fut porté par Winslow, venait précisément de ce que les soldats et matelots avaient commis contre la population des actes de barbarie injustifiables à tous les points. Voici l 'extrait de son Journal d'où est tirée la citation que fait Eichard:
• ' Camp at Grand Prée. October 13th 1755.
" Whereas complaint has been made to me hy the french Inhabitants that they are greatly injured as well hy seamen as people who come after their cattle, etc. Thèse are therefore to direct that no seaman without the master of the vessels beiug with him, or an order in writing from the master shewing their business be allowed to pass higher than the Dutchman 's house nor on the other side of the River Gaspercau, nor any Englishmen nor Dutchman stir from their quarters without orders, that an end may be put to distressing this distrcsEod people, and I hâve given directions to ail marehing partys and patrols to pick up ail such people as disobey thèse orders, and bring them to camp lluii ihey may receive military pvnishment, and the maeters of vessels sève-
Haliburton a supposé que les premiers vaisseaux qui reçurent, le 10 septembre, leur chargement de jeunes gens et d'hommes mariés, firent voile tout de suite"'^. Mais, par manque d'approvisionnements, et peut-être aussi parce qu'il fut jugé plus piTident de les faire convoyer, ces bateaux ne partirent qu'à la fin d'octobre, avec le gros de la flotte. Parkman, avec raison,a relevé cette erreur, qui faisait que l'on pouvait donner comme intentionnelle la dislocation des familles -\ Nous avons bien des motifs de croire que ces bateaux furent expédiés avec leurs chargements tels que composés le 10 septembre. Nous en donnerons plus loin des preuves tirées de notre famille même, et qui semblent éta-
rally are to notify their respective crews of tbis order. ' ' — John Winslow {Journal. P. 171).
Que l'on juge si de telles sanctions ne supposaient pas de véritables crimes de droit commun commis par la soldatesque. Eichard se montre bien difficile quand il prétend que "nous manquons de preuves écrites" établissant qu'il y a eu des ' ' actes de cruauté ' ' autres que ceux qui étaient iuéxitables à raison de la nature de l'opération. Les preuves du contraire abondent.
26. L'erreur commise par Haliburton est plus considérable: il fixe le départ au 10 septembre. Voici ce qu'il dit: "The préparations having been ail completed, the lOth of september was fixed upon on the day of departure. " (I. P. 179.) Dans les Arch. Can. {Gén. des fam. acad. avec documents.) Page IX, l 'on Ut ceci : * ' Par suite d 'une erreur commise par Haliburton qui a déclaré que ces cinq transports partirent le 10 septembre, .jour même de l 'embarquement, plusieurs historiens anglais et français de mérite qui ont puisé leurs renseignements dans son ouvrage, ont commis la même inexactitude. Parkman a été le premier à la signaler dans son Acadian Tragedy. De fait, ces transports sont restés au bassin des Mines jusqu'au 27 octobre, alors qu'ils partirent avec le reste de la flotte composée de neuf autres transports, sans compter les 10 de Chibouctou qui partirent le 13 pour leur rendez-vous au dit bassin."
27. "Haliburton, who knew Winslow 's Journal only by imperfect extraets, erroneously states that the men put on board the vessels were sent away immediately. They remained at Grand-Pré several weeks, and were then sent off at intervais with their familles. "—(i/ontca?m and Wolfe. 1. ch. VII. P, 288, sote.)
blir ce fait d 'une manière péremptoire. Cej>endant, nous tenons à corriger l'erreur d'Haliburton sur ce point, et à laisser le lecteur dans son doute, si nos affirmations, basées sur notre tradition familiale, n'ont pas pour effet de le dissiper entièrement. L'odieux abonde assez dans tout ce drame pour que nous n'ayons rien à ajouter à la réalité des faits.
Dans les Instructions à Winslow concernant la destination des Acadiens du district des Mines ; il est dit :
« Pour la Caroline du Nord, un nombre suffisant (de vaisseaux) pour transporter à peu près 500 personnes.
« Pour la Virginie, un nombre suffisant pour transporter à peu près 1,000 personnes.
« Pour le Maryland, un nombre suffisant pour transporter à peu près 500 personnes, ou un nombre proportionnel de vaisseaux si le nombre des expulsés devait excéder 2,000 =^ »
Or, le nombre total des déportés, pour Pigiguit et Grand- Pré, excéda 3,000 et peut-être 3,500. D'autres navires suivirent les premiers, et leur chargement s'effectua au fur et à mesure de leur arrivée, au milieu des mêmes scènes de désolation et de désespoir. Puis, le 29 octobre, la flotte appareilla ^^
28. Winslow 's Journal. Ibid. P. 79.— N. S. B. Akins. P. 292.— Arch. Can. etc. P. 70.
29. Nous prévenons nos lecteurs qu'aucun historien d'Acadie n'est arrivé à la vérité absolue concernant le nombre exact des déportés. Les statistiques apportées de part et d'autre ne nous permettent d'aboutir qu'à des conclusions conjecturales et approximatives. Le document le plus sûr en l'espèce, et même le seul que nous ayons, à proprement parler, est le Jounuil de Winslow. Mais quelle imprécision dans ses relevés! L'on ne saura probablement jamais combien de personnes exactement furent embarquées pour l'exil, combien se sauvèrent à travers les bois, combien se réfugièrent à l'île St-Jean, etc. — Toutefois, étant données les précautions militaires prises pour englober toute la po-
« Toute cette vaste baie, dit Casgrain ^°, oii travaillait, comme un essaim d'abeilles, un peuple industrieux, était maintenant déserte. Dans les villages silencieux, où les portes et les fenêtres des maisons battaient au vent, on n'entendait plus que les pas des soldats et les mugissements des troupeaux qui erraient inquiets autour des étables pour chercher leurs maîtres ^\
«D'après les ordres qu'il (Winslow) avait reçus du gouverneur Lawrence, toutes les constructions devaient
pulation acadienne dans la déportation, il nous semble que le plus grand nombre a dû être embarqué violemment. Lawrence, dans une lettre à Robinson du 30 nov. 1755 (N. S. D. P. 285) dit ceci: The securing and embarlcing such a prodigious number of French inhabitants . . . — Le sort de ceux qui échappèrent à l'embarquement pour se sauver dans les bois fut peut-être encore pire, si possible, que celui des déportés: beaucoup y mounirent de misère. Ce qui est certain, c'est que les anglais ont laissé derrière eux la dévastation, qu'ils ont fait de leur mieux pour se saisir de tout le monde, que ceux qiii leur ont échappé n 'ont pas été moins malheureux que les exilés mêmes, et que la meilleure solution à donner à ce problème: combien y a-t-il eu de déportés? est de s'en tenir au dernier recensement d'Acadie et de comparer ce chiffre de 17 ou 18,000 habitants français avec l'état de la province après huit ans de chasse à l'homme.
30. Pèlerinage etc. P. 141 — Richard a encore eu ici une distraction; car, ni dans te MS. original — fol. 638 — ni dans l'édit anglaise (II, 120) il n'y a aucun signe pour annoncer qu'il fait un nouvel emprunt à cet auteur.
31. Haliburton a été le premier à peindre ces scènes de désolation, et il l'a fait en traits profonds et émus. Ferland (IL XXXV, page 520,) a une trèsbelle page sur le même sujet, et qui n 'est que la traduction de celle de Halibui'ton. (Cf. ce dernier. I. P. 180-1.) Pourquoi donc Ferland n 'a-t-il pas eu la simplicité de le dire? Et Casgrain ici s'inspire du même, sans le dire non plus. A preuve, cette phrase de Haliburton : " . . . For several successive evenings the cattle assembled round the smouldering ruins, as if in anxious expectation of the return of their master . . . ' ' — Casgrain a laissé de côté le reste de la phrase, qui est très beau, et que Ferland, lui, avait utilisé et d'où il avait tiré un effet touchant : "... while ail night long the f aithf ul watch dogs of the Neutrals howled over the scène of désolation, and mourned alike the hand that had f ed, and the house that had sheltered them, ' ' — ' ' pendant les longues nuits les chiens de garde hurlaient sur ces scènes de désolation: leurs voix plaintives
être détruites, afin que les habitants échappés aux poursuites, privés d'asile, fussent forcés de se rendre. Les derniers navires qui emportaient les exilés n'avaient pas encore franchi l'entrée du bassin des Mines, quand ces infortunés qui jetaient un regard d'adieu sur leur cher pays, aperçurent des nuages de fumée qui montaient du toit des maisons. En quelques instants, toute la côte, depuis Gaspareaux jusqu'à Grand-Pré, fut en flamme "'. »
C'était bien l'adieu suprême, l'anéantissement des dernières espérances ^'\
Les convoyeurs étaient : le Nightingale, capitaine Diggs ; le senau Halifax^ capitaine Taggert ; la goëlette armée
semblaient rappeler leuis anciens protecteurs et les toits sous lesquels ils avaient coutume de s 'abriter. ' '
Cela fait donc trois auteurs que nous prenons en flagrant délit de plagiat plus ou moins inconscient: Ferland, Casgrain, Kiehard. Le plagiat a fait un mal extrême à notre littérature canadienne. Que l'on se souvienne des luttes de Chapman avec Frécliette et avec Routhier à ce propos, et de tout ce que l'honnête et intègre Tardivel a écrit là-dessus.
32. Le MS. original d'Acadie — fol. 638 — change légèrement le texte de Casgrain et porte "depuis le Cap Blomédon jusqu'à Gaspereau".
33. L'édition anglaise (II, 120) porte ici un renvoi au bas de la page qui ne se trouve pas dans le MS. original. Nous le traduisons: "Eosalie Bourc (Bourg,) mon arrière grand-raêre, femme de Jean Le Prince et mère de Mgr Jean-Charles (Le) Prince, évoque de St-Hyaciuthe, P. Q., était alors âgée de cinq ans. L 'impression que lui fît l 'incendie des habitations, alors que la flotte sortait du Bassin, demeura toujours vivace dans son esprit. Elle mourut en 1846 à l'âge de quatre-vingt seize ans. Je possède son portrait à l'huile."
Ce portrait, non pas à l'huile, mais au pastel, de mon arrière grand-mère est maintenant chez M. Octave Bourbeau, de Victoriaville, P. Q. — Madame Bourbeau — née Alphonsine Richard — a hérité de tout ce qu'a laissé son frère Edouard, auteur d'Acadie.
D'autre part, Ferland (II. XXXV, 520), au bas de la page, met la note suivante: "Le père de feu Mgr (Le) Prince, évêque de Saint-Hyacinthe, encore enfant, se trouva séparé de ses parents, et jeté au sein d'une famille à Boston. Il ne retrouva ses parents qu'après plusieurs années de recherches."
Même chose chez Casgrain, Pèlerinage (ch. IX. P. 202,) dans le texte.
Warren, capitaine Adams ", avec les bateaux transports suivants :
De
Capitaine
Tonnes
Hommes
Nombre ajouté
Corvette Eanqer
Piercey
Pigigiùt
' ' Dolphin
Farnam
Goélette Neptune
Davis
" Three Friends
Carlile
Corvette Stinflower
Donnell
Grand-
" Uannah
Adams
Pré
Goélette Léopard
Chnreh
Corvette
Milburv
et
MuUy & Sarah
Haslura
' ' Mary
Deniiy
Rivière-
' ' Prospcrovs
Bragdon
Canard
' * Endravour
Stone
' ' Indiistry
Goodwin
Puddington
34. * ' To capt. Thomas Church. commander of the Schooner Léopard. "Sir.
. . . For your greater security you are to waite on Dudley Diggs Esqr. com. mander of his Majestys Ship Nightengill (sic) and desier the benefit of his eonvoye. Wish you a successful voyage. ' '
"Given at Grand-Pré etc., this ]3th day of october 1755. .John WinsloTV. " {.ToumaL P. 172.)
"Grand-Pré Camp. Oet. Il, 1755.
'•Sir,
You are dirceted to remove the Sloop Three Frinds of wliome you are master and fall along side of Ilis Majesty's Snoiv Halifax, capt. Taggert comniander. . . ' '
JOItX WlXSLOW.
"To capt. .Tamos Carlile commander nf the Sloop Three Frinds." (Journal. P. 168-9.)
"Grand-Pré Camp. X. S. Oct. 2()th 1755. Whislnin to William Shirlcy... Capt. Adams of the Schooner Warren arrived hcre froni Chegnecto the lOth inst. . . " — {Journal. P. 175.)
35. Ce tableau est tiré des Domm. inéd. sur l'Aeadie (C. F. I. P. 141,) et se
Ce tableau, ainsi que tant d'autres rapports, avait disparu des archives au temps où écrivait le Dr. Brown. Il lui fut fourni par Richard Bulkeley, qui avait été secrétaire du conseil au temps de Lawrence, et qui vivait encore à cette époque (1790)^^ Il (Bulkeley) ajoute au bas de ce tableau: « N. B. J'ai commis une sottise en perdant la liste principale de ceux qui se sont embarqués, mais le nombre de per-
trouvait parmi les Brown 's MS. Quelle valeur a-t-il? — Nous donnons ei-après un tableau d'après le journal de Winslow, relatif au premier embarquement:
'"October 23, 1755.
' ' Gentlemen,
"Since the foregoing Capt, Murray bas corne from Pizquid with upwards of 1000 people in four vessels — Taken up coll. Dunniels sloop, wbo I bave supplied with Sj/^ tun of water cask some of which I bougbt and some my own and hope you wont forget to cbarge tbe government the same, as if bougbt in Boston in that sloops account, and crédit may account witb tbe money be bas. I am now able to give you an account of our embarkation baving fiUed wbat transports I bave and are as follows:
Vessels nam.es
Idasters
Numbers
Where hound
Hannab
Adams
Pensylvania
Swan
Hazlum
Sally and
MoUy
Purrington
Virginia, Total 364
Mary
Dunning
Total 8.31
Prosperous
Bradgton
Maryland
Encbeere
Stone
InduBtry
Goodwïn
Total 364
Léopard
Cburh
Milbury
1598 and bave 500 left for want of transports Capt. Murray bas sbipt from Pizquid bis wbole and are upwards of 1000. W. 'sb you every bappiness etc.
J. Winslow.
To Messrs Aptborp and Hancock." — (Journal. P. 178.)
36. Dans les Doc. in. sur l'Âcadie (C. F. 140) il y a une note au bas de la page qui porte ce qui suit : ' ' Mr. Bulkeley can f urnish you witb an exact list of ail tbe transports wbo carried tbese people away and tbe nnmber of neutrals as the returns was made to bim. " — (Note du manuscrit du Dr. Brown.)
sonnes qui ont pris place à bord des transports était de 2,921. Combien se sont embarqués dans la suite, je ne le sais pas. Le reste des 'neutres demeura sur place jusqu'à l'arrivée d'autres transports. »
Nous sommes parvenu, par nos recherches, à rectifier la liste fournie par Bulkeley, quant aux vaisseaux partis de Pigiquit. L'augmentation est de 182 pour ce dernier endroit. Les chiffres ajoutés dans la colonne de droite du tableau ci-haut sont de nous. Il faudrait ajouter 416 à ceux de Grand-Pré pour atteindre le chiffre donné par Bulkeley. D'autre part, comme l'on sait, par le Journal de Winslow, que le nombre total des déportés de Pigiquit fut de 1,110, et qu'il en restait encore au delà de 600, à Grand-Pré, après ce départ, il faudrait admettre que le nombre total des déportés du Bassin des Mines fût de près de 4,000, au lieu de 2923, qui est l'évaluation invariablement donnée par les historiens.
D'un autre côté, le Journal de Winslow, à la date du 3 novembre, quatre jours après le départ de la flotte, porte le nombre des déportés de Grand-Pré à 1510, répartis en neuf bateaux. Or, l'état ci-haut mentionne dix bateaux au lieu de neuf. En outre, Winslow ajoute : « Bien que nous ayons chargé les navires à raison de plus de deux personnes par tonneau, et que les déportés soient sérieusement entassés, il me reste cependant sur les bras un total de six cents âmes. » Si ce chiffre de 1510 est exact, alors il n'y aurait pas eu tout à fait deux personnes par tonneau ".
37. Le texte de Winslow que cite ici Richard se trouve dans une lettre à Lawrence, en date du 27 octobre : "... altho I put in more than two to a tua
Il est difficile de concilier de telles divergences; néanmoins, comme nous savons, par un mémoire de l'abbé de l'Isle-Dieii, que la population du Bassin des Mines était, en 1753, d'environ 3,500, il est, selon nous, plus vraisemblable d'admettre que le chiffre global des déportés de ces endroits doit osciller entre 3,600 et 4,000, et qu'il est probablement plus près de ce dernier terme que de l'autre ^®. Le reste représenterait ceux qui quittèrent le pays sous l'administration de Lawrence ainsi que ceux qui échappèrent à la déportation.
Murray, d'après le Journal de Winslow, aurait terminé sa tâche dès la fin d'octobre, « s 'étant débarrassé de la population de son district qui s'élevait à 1110 personnes», lesquelles s'étaient embarquées sur quatre vaisseaux^®. Ceci s'accorde mal avec le tableau dressé par Bulkeley, lequel porte le nombre contenu dans ces quatre vaisseaux à 674, — 856 avec nos corrections. Il restait donc encore 426 personnes pour atteindre le chiffre de 1110, Il ne serait pas étonnant qu'après le départ de ses quatre vaisseaux, Mur-
and the people greatly crowded, yet remains upon my hands. . . upwards of six hundred soûls. . . " Journal. P. 179. Le 3 novembre, dans une lettre à Monckton, datée de Grand-Pré : . . . " af ter giveing my orders hère proceeded to that place (pointe à Boudrot) and fiUed up ail the transports and even more than two to a tun, which amounted to 1510 persons, after which I hâve left upon my hands 600 people. . . " (Zbid. P. 183.)
38. La France aux Colonies (eh. V, note 10, p. 143,) signale un "mémoire fort curieux sur l'état des Acadiens en 1754, dressé par l'abbé de l'Isle- Dieu, et déposé aux archives". — La note 11 de ce même chapitre (p. 144) est extrêmement importante, en ce que le savant auteur essaie d'y déterminer le nombre des déportés. Dans les appendices de Une colonie féodale.. .IVe série, XII. P. 385, Eameau donne un court extrait de ce mémoire.
39. Eichard, dans le MS. original — fol. 641, — met ecci: "ayant expédié 1110 personnes in four frightfulhj crowded transports.'^ — Ces derniers mots
ray eût décidé de joindre ce qui lui restait de prisonniers à déporter à ceux de Grand-Pré ". Les deux endroits étaient rapprochés l'un de l'autre; le départ d'un aussi grand nombre de personnes rendait inutile l'entretien de deux garnisons, et il devenait plus commode d'opérer d'un même endroit. Cette interprétation aurait du moins l'avantage d'expliquer d'une manière satisfaisante le fait que sa tâche se trouvait terminée, quand nous savons à n'en pas douter qu'il avait encore sur les bras au moins 244 prisonniers. Murray séchait de soif; il brûlait du désir de rejoindre Winslow pour se distraire im peu.
Bien que les chiffres donnés par Bulkeley et Winslow diffèrent dans les détails, ils s'accordent cependant dans l'ensemble: les deux rapports fixent le total du premier départ respectivement à 2921 et 2923. Winslow déclare qu'il lui en restait à expédier au delà de 600; Bulkeley dit ne
ne se trouvent pas tels quels dans le Journal de Winslow. Voici ee qu'on y lit à propos de Murray:
"October 23, 1755.
* ' Since the f oregoing Capt. Murray has eome f rom Pizquid with upwards of 1000 people in four vessels. . . " . . ."Capt. Murray has shipt from Pizquid his whole and are upwards of 1000. . . " (P. 178).
"To Messrs. Apthorp and Hancock."
Grand Pré Camp, Nov. 3, 1755.
. . .Major Murray has got rid of his whole amounting to upwards 1110.'* "To Col. Monckton." (P. 183.)
40. Cette interprétation est opposée au sens obvie des paroles de Winslow que nous venons de citer. D'autre part, dans une lettre de Winslow au gouv. Shirley, en date du 19 décembre 1755, il y a ceci qui semble donner raison à la conclusion de Eiehard: " . . .1 also informed you (dans ma letre du 20 octobre) that we fiUed up ail the transports we had with the French Inhabitants, to the amount of 1510 persons, and left after on our hands with others coming from Pizquid 650.. ." {Journal. P. 190.)
pas connaître le nombre de ceux qui furent embarqués ultérieurement. Il ne peut guère subsister de doute que sur un point: savoir, si les 600 dont Winslow parle comprenaient les 426 nécessaires pour compléter les 1110 prêtés à Murray. La tâche de Winslow ne s'acheva que le 20 décembre, alors que deux navires emmenaient tout ce qui restait de la population, soit 232 personnes ",
Le chiffre des déportés d'Annapolis, qui est généralement évalué à 1654, nous paraît correspondre à ce que nous connaissons de la population totale et du nombre de ceux qui échappèrent à la proscription. A Cobequid (Truro,) la
41, Notons pourtant que Winslow laissa à des subalternes le soin de terminer sa macabre besogne. Nous voyons, en effet, par son Journal (P. 185-6,) que, le 29 novembre, il écrivait d'Halifax " To the officer commanding at Menis: Am confident you will malce no delay in putting a finishing stroJce to the removal of our Friends the French. Je suis sûr que vous ne tarderez pas à mettre la dernière main à la déportation de nos amis les Français." CN os lecteurs remarqueront comme Winslow est délicat et comme il a l'ironie fine: our Friends the French!.' Maudite brute, va!) — Cet officier commandant aux Mines était Phins Osgood. Celui-ci écrivait à Winslow, des Mines, le 18 décembre:
"Sir, I hâve the pleasure to acquaint you I hâve shipt off the French Inhabitants which you left hère, on Board the sloop Dove, Saml Forbes Master, 114 for Connecticut, and on board the Brigantine SwaUow, Willm Hayes Master, 236 for Boston. And hâve two vessels hère preparing to reeeive the remainder. WTiieh I hope I shall get ready to sail to-morrow. . . " (Journal. P. 118.)
Le êO décembre, autre lettre du même au même, datée de Grand-Pré: "This serves to inform you that the French which you left under my care are ail removed. The last of them sailed thîs afternoon, in two Schooners, viz: The Race Horse, John Banks Master, with 120 persons, — Ranger Nathan, Monrow Master, with 112 persons. Banks for Boston. Monrow for Virginia. . . " (Journal. P. 192.)
Faisons un© petite addition: 18 décembre 114 le 20 décembre: 120
population avait pris l'alarme à temps et s'était réfugiée à l'Ile St-Jean.
Nous avons vu qu'à Chipody, Petitcodiac, le major Frye n'avait pu qu'incendier les habitations et s'emparer de quelques femmes. La population qui tomba au pouvoir des autorités, dans le district de Beaubassin, se composait des habitants demeurant dans le voisinage immédiat de Beauséjour ; et Monckton en évalue vaguement le nombre à plus de 1,000 personnes. Or, il y en avait au moins 4,000 dans ce district.
Le nombre total des déportés, à cette époque, peut être évalué à 6,500 ou 7,000 tout au plus. Nous verrons plus loin que ce chiffre fût doublé, et que les déportations ne cessèrent qu'après la Paix de 1763.
Le nombre des bâtisses incendiées à Grand-Pré et à la rivière aux Canards, fût de 686, plus 11 moulins et 2 églises *'. Les familles enlevées de ces deux paroisses pos-
Nombre de constructions, etc., brûlées par le lieutenant colonel Winslow dans les districts des Mines, etc.
Maisons
Granges
Dépendance»
Aux rivières. Canards, Habitants, Perro, etc. j^ Canard et Habitants
sédaient 7,833 bêtes à cornes, 493 chevaux, 8690 moutons, et 4197 porcs '\
Le chiffre total de têtes de bétail possédées par les Acadiens au temps de la Déportation a été évalué diversement par les historiens, ou plutôt bien peu ont pris la peine de s'en occuper. Eaynal, qui ne peut servir de guide en cette matière, le porte à 200,000. Ce nombre est exagéré. Rameau, qui s 'est livré à des études beaucoup plus approfondies que tout autre sur l'histoire intime des Acadiens, l'estime à 130,000 têtes, comprenant bêtes à cornes, chevaux, moutons, porcs. Quiconque se donnera la peine de suivre cet auteur dans les patientes recherches auxquelles il s'est livré pendant près de quarante ans, ne pourra s'empêcher de lui accorder, sur ces questions de statistiques, une autorité considérable. Laissant de côté les quelques milliers d 'Acadiens qui demeuraient alors à l'Ile St-Jean, il nous reste, tant dans la péninsule que dans le district de Beaubassin, une population d'environ 13,000 âmes. Si, pour évaluer le nombre de têtes de bétail, nous prenons pour base ce chiffre de population; si, d'un autre côté, nous acceptons
Moulins détruits de temps en temps aux endroits Granges 276
ci-dessus 11. Maisons 255
Déportés par le colonel Winslow 1,510 Moulins 11
" " Osgood 732 Eglise 1
2,242 Total. 698
(Jcnirnal. P. 185. A. C. P. 93.) L'on remarque que Winslow met 1 église et Richard 2.
43. Ces chiffres sont tirés du tableau statistique qui se trouve p, 114-122 du Journal de Winslow, et dressé le 15 septembre 1755. Voici le détail: " Btilloclcs :1269; Cowes : 1557; You7ig cattle : 2181; Sheep : 8690 : Hogs : 4197; Horses : 493. ' '
le chiffre donné par Winslow, tant pour la population de Grand-Pré, que pour le bétail qu'elle possédait, savoir:
Population ...... 2,300 âmes
Bêtes à corncf; 7,833
Moutons ....... 8,690
Porcs 4,197
Chevau.x 493
Total. 21,213
Nous en arrivons, pour la population acadienne résidant en territoire anglais au temps de la déportation, aux chiffres suivants:
Population . . . . . . 13,000 âmes
Bêtes à cornes 43,500
Moutons 48,500
Porcs 23,500
Chevaux 2,800
Total. 118,300