‹ Acadie (volume 4)Chapitre 19 sur 82 · Exts. from a letter of gov. Lawrence to gov. Shirley · texte numérisé non relu

Exts. from a letter of gov. Lawrence to gov. Shirley

Halifax, 9 nov. 1754.

' ' Being well informed that the French hâve designs of encroaching stiU further upon His Majesty's rights in this province... I hâve sent the bearer It. col. Monckton to solicit your assistance . . . He has my directions to propose to you the raising two thousand men ..."

Nova Sco. Doc. (Akins.) 376-7-8.

cache en même temps une partie de son dessein, déjà réglé dans tous ses détails avec l'aide de Morris '". Puis il en hâte l 'exécution : le temps presse ; il faut que tout soit terminé avant la réponse des Lords du Commerce. Les actes de persécutions se succèdent avec une rapidité fiévreuse. Comme il ne parvient pas à provoquer l'insoumission chez les Acadiens, il exige de leurs députés le serment, sans leur permettre toutefois de se consulter avec leurs commettants. Les députés hésitent d'abord, puis se déclarent prêts à se rendre à son désir, mais Lawrence ne veut plus. Il les emprisonne pour empêcher toute relation avec leurs compatriotes et afin de laisser croire à ceux-ci que les députés se sont obstinés dans leur refus de prêter serment. Il prend toutes les précautions possibles pour que les habitants ne puissent s'enfuir avec le bétail ni ne puissent lui opposer de résistance armée. Il s'empare de leurs archives, de leurs bateaux, de leurs prêtres, de leurs principaux conseillers. Il fait endosser son projet par ses aviseurs, accrus de Boscawen. Pour mieux assurer le succès de sa conspiration, il donne ordre de disperser ses victimes à de longues distances les unes des autres; il prend toutes les mesures propres à rendre impossible leur évasion; il fait tout incendier pour enlever aux habitants l'espoir de retour; il démembre les familles, afin de jeter ces pauvres gens dans une plus grande détresse morale, qui ne leur laisse pas la liberté de songer à autre chose qu'à tâcher de se retrouver et de se réunir. Pour être plus sûr qu'ils ne reviendront pas dans leur ancienne patrie, il demande aux gouverneurs des Provinces où ces malheureux seront dispersés, de les faire gar-

16. Nov. Sco. Doc. (Akins.) Lawrence to Lords of Trade. 28th June 1755. — P. 408-9.

der à vue en quelque sorte. La partie est jouée ; le crime est consommé. Ce projet, infernal dans sa conception, fut exécuté d'une façon infernale: son auteur n'a reculé devant rien pour en assurer le plein succès. Cet homme n'était pas capable d'un sentiment humain.

Ainsi que nous l'avons vu, sa sollicitude ne s'est jamais exercée qu'à l'endroit du bétail, dont la conservation lui importait au plus haut point. L'on se souvient des mesures qu'il avait portées afin de ravager le pays et d'en faire un désert, de semer partout le feu et la ruine : les fuyards, s 'il y en avait, y trouveraient bientôt la mort. Et ici se pose une question: qu'a fait Lawrence des 120,000 têtes de bétail qui restaient à sa disposition! Les aurait-il laissées sans gardiens, sans protection, sans en tirer parti, de façon à permettre aux fuyards de pourvoir ainsi à leur propre subsistance à môme ces troupeaux, quand il avait au contraire pris tant de précautions pour rendre la contrée inhabitable ? Avec un homme de la perspicacité et de l'astuce de Lawrence, les conclusions sur ce point se tirent d'elles-mêmes. Mais avant d'en venir aux faits principaux de la preuve, voici un nouvel anneau qu'il faut ajouter à la chaîne dont l'ensemble va constituer l'évidence.

Il y avait, à Halifax, un certain Moïse de Les Derniers qui exerçait le métier de marchand colporteur dans les campagnes acadiennes. Ses connaissances de tout ce qui concernait les Acadiens faisaient de lui un instrument précieux aux mains du gouverneur. Dans les derniers jours qui précédèrent la proscription, Lawrence l'avait chargé d'aller de ferme en ferme choisir les plus beaux chevaux qu'il pourrait trouver et de les lui envoyer, sans les payer à leurs propriétaires, bien entendu, vu que tout le bétail des Aca-

diena était déjà sous séquestre. Depuis longtemps, il n'était plus permis de circuler d'une paroisse à l'autre sans être muni d'un passe-port: celui qui avait été accordé à Moïse de Les Derniers était formulé comme suit :

« Par Alexandre Murray, Ecr., commandant des troupes de Sa Majesté à Piziquit. Permis au porteur, Moïse de Les Derniers, d'aller à Grand-Pré, à Rivière-aux-Canards et aux Habitants, chercher des chevaux pour l'usage du Itgouverneur, lesquels chevaux le porteur devra amener à ce Fort.

« Donné au Fort Edouard le 3 septembre 1755.

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