‹ Acadie (volume 4)Chapitre 27 sur 82 · Hist. of N. 8, I. P · texte numérisé non relu

Hist. of N. 8, I. P

et cela, non pour l'information de l'historien américain qui a eu ces documents sous les yeux quand il écrivait, mais pour l'édification du lecteur non préjugé qui désire avoir des éclaircissements puisés aux meilleures sources.

Le Révérend Andrew Brown, avide de se renseigner fidèlement sur le caractère des Acadiens, leurs mœurs, leurs habitudes, s'adressa à cet effet aux personnes qui avaient été le mieux à même de les observer. L'une d'elles était le capitaine Brook Watson, qui avait commandé le détachement envoyé à la Baie Verte pour enlever les habitants, et qui, en une autre circonstance, commanda une flottille de plusieurs vaisseaux transportant les Acadiens d'Halifax à Boston "; l'autre était ce Moïse de Les Derniers, qui a joué un assez triste rôle pendant la déportation. Voici en quels termes s 'exprimait celui-ci :

« Les Acadiens étaient le peuple le plus innocent et le plus vertueux que j'aie jamais connu ou dont j'aie lu le récit dans aucune histoire ... Ils vivaient dans un état de parfaite égalité, sans distinction de rang dans la société. Les titres de Messieurs n'étaient pas connus parmi eux. Ignorant le luxe et même les commodités de la vie, ils se contentaient d'une manière de vivre simple, qu'ils se procuraient facilement par la culture de leurs terres. On ne voyait parmi eux que bien peu d 'ambition ou d 'avarice ; ils allaient au devant des besoins les uns des autres, avec une bienveillante libéralité; ils n'exigeaient pas d'intérêts pour des prêts d'argent ou d'autres propriétés. Ils étaient hu-

44. "In 1755 I was a very humble instrument in sending eightesn hundred of those suffering mortals out of the Province. ' '

Watson to Brown. London, lat July 1791. CoU. N. S. H. S. vol. II, p. 133.

mams et hospitaliers à l'égard des étrangers, et d'une grande libéralité pour ceux qui embrassaient leur religion. Ils étaient très remarquables pour leur inviolable pureté de mœurs. Je ne me rappelle pas un seul exemple de naissance illégitime parmi eux, même aujourd'hui. Leurs connaissances en agriculture étaient très limitées, quoiqu'ils cultivassent assez bien leurs terres endiguées . . .

« Ils ignoraient complètement le progrès des ai-ts et des sciences. Je n'ai connu qu'une seule personne parmi eux qui sût lire et écrire ; quelques-uns pouvaient le faire, mais imparfaitement, et aucun parmi eux n'avait appris les arts mécaniques. Chaque cultivateur était son architecte, et chaque propriétaire était un cultivateur. Ils vivaient presque entièrement indépendants des autres peuples, excepté pour se procurer du sel et des outils; vu qu'ils ne se servaient que de très peu de fer pour les autres objets d'agriculture. . .Ils cultivaient et confectionnaient eux-mêmes de quoi faire leurs vêtements, lesquels étaient uniforaies. Ils aimaient les couleurs noires et rouges avec des lisières aux jambes, des boucles de rubans et des nœuds flottants . . . Malgré leur négligence, leur défaut de moyens et de connaissances en agriculture, ils amassaient d'abondantes provisions de bouche et de vêtements, et avaient des habitations confortables . . .

« C'était un peuple fort et sain, capable d'endurer de grandes fatigues, et vivant généralement jusqu'à un grand âge, quoique personne n'employât de médecins. Les hommes travaillaient fort dans le temps des semences et des récoltes, et dans la saison convenable pour faire ou réparer leurs digues, et dans les occasions où l'ouvrage pressait. Ils se procuraient ainsi, pour la moitié de l 'année au moins, des

loisirs qu'ils employaient en réunions et en réjouissances dont ils étaient très avides. Mais les femmes étaient plus constantes à l'ouvrage que les hommes; cependant elles prenaient une grande part à leurs divertissements. Quoiqu'ils fussent tous entièrement illettrés, il arrivait rarement toutefois qu'aucun d'eux restât longtemps silencieux en compagnie, ne semblant jamais en peine de trouver un sujet de conversation. Bref, ils paraissaient toujours joyeux et gais de cœur, et unanimes en presque toute occasion. Si quelques disputes s'élevaient dans leurs transactions, etc., ils se soumettaient toujours à un arbitrage, et leur dernier appel était aux prêtres. Quoique j'aie eu quelques exemples de récriminations les uns contre les autres en retour de ces décisions, cependant on découvrait rarement ou jamais panni eux des idées de malice ou de vengeance. Enfin ils étaient parfaitement accoutumés à agir candidement en toute circonstance; réellement s'il y a un peuple qui ait mppelé l'âge d'or, tel que décrit dans l'histoire, c'étaient les anciens Acadiens *\ »

La description de Book Watson se lit comme suit :

« C 'était un peuple honnête, industrieux, sobre et vertueux; rarement des querelles s'élevaient parmi eux. En été, les hommes étaient constamment occupés à leurs fer-

45. Le M8. original n'indique pas la source où il a puisé ce document. Cela vient de Casgrain, Pèlerinage . . . App. no III. P. 384-5. — L 'auteur le fait suivre de la note ci-dessous: "Cette description des mœurs du peuple acadien n'a été citée, que je sache, par aucun historien. Le Mémoire d'où je l'ai extraite a été écrit par Moïse de Les Derniers à la demande du Dr. Andrew Brown. J 'en ai obtenu une copie grâce à l'obligeance de M. F. B. Crofton, bibliothécaire de la législature de la NouveUe Ecosse." Rameau, Uiie Colome. II, 94, cite également ce témoignage, qu'il dit avoir emprunté à Casgî^iu.

mes; eu hiver, ils coupaient du bois pour leur chauffage et leurs clôtures, et faisaient la chasse; les femmes s'occupaient à carder, filer et tisser la laine, le lin et le chanvre que ce pays fournissait en abondance. Ces objets, avec les foumires d'ours, de castor, de renard, de loutre et de martre, leur donnaient non-seulement le confort, mais bien souvent de jolis vêtements. Ils leur procuraient aussi les autres choses nécessaires ou utiles au moyen du commerce d'échange qu'ils entretenaient avec les Anglais et les Français. Il n'y avait pas une maison où l'on ne trouvât pas une barrique de vin de France. Ils n'avaient d'autres teintures que le noir et le vert ; mais afin d 'obtenir du rouge dont ils étaient remarquablement épris, ils se procuraient des étoffes rouges anglaises, qu'ils coupaient, échiff aient, cardaient, filaient, et tissaient en bandes dont étaient ornés les vêtements des femmes. Leur pays était tellement abondant en provisions que j'ai entendu dire qu'on achetait un bœuf pour cinquante chelins, un mouton pour cinq, et un minot de blé pour dix-huit deniers. On n'encourageait pas les jeunes gens à se marier à moins que la jeune fille ne pût tisser une mesure de drap, et que le jeune homme ne pût faire une paire de roues. Ces qualités étaient jugées essentielles pour leur établissement, et ils n'avaient guère besoin de plus, car chaque fois qu'il se faisait un mariage, tout le village s'employait à établir les nouveaux mariés. On leur bâtissait une maison, défrichait un morceau de terre suflQsant pour leur entretien immédiat; on leur fournissait des animaux et des volailles; et la nature, soutenue par leur propre industrie, les mettait bientôt en moyen d'aider les autres. Je n'ai jamais entendu parler d'infidélité dans le mariage parmi eux. Leurs longs et froids hivers se pas-

saient dans les plaisirs d'une joyeuse hospitalité. Comme ils avaient du bois en abondance, leurs maisons étaient toujours confortables. Les chansons rustiques et la danse étaient leur principal amusement ^". »

Nous n'aurions que peu de chose à ajouter à ce tableau des mœurs acadiennes. Dans ses lumières comme dans ses ombres, nous le savons à peu près fidèle, et comme nous ne désirons rien d'autre que la fidélité et la vérité, cela nous suffit. Il y a loin, très loin, de ces témoignages aux phrases décousues que Parkman a puisées ça et là ! Et il est si rare que l'historien ait à son usage des matériaux qui réunissent, au même degré que ceux-ci, les conditions voulues pour inspirer confiance et respect. En effet, les circonstances qui ont donné lieu à leur élaboration sont uniques: ils étaient destinés à figurer dans l'histoire que Brown avait en préparation. Cet homme qui, par l'élévation du caractère, mérite d'être placé à côté d'Haliburton et de Murdoch, avait jeté les yeux autour de lui pour s'assurer qui étaient ceux sur qui il pouvait le plus compter pour se renseigner en

46. Le MS. original — fol. 726 — porte le renvoi suivant: "Collections of N. S. H. S. vol. II, p. 132," et ajoute: "Voici ce que nous détachons d'une lettre adressée au duc de Nivernais, le 2 décembre 1762:" "Les Acadieus vivaient comme les anciens patriarches au milieu de leurs troupeaux, dans l'innocence et l 'égalité des premiers siècles. Tous ceux qui les ont connus parlent encore avec attendrissement de leurs vertus et de leur bonheur. ' '

La version anglaise à'Joadie ajoute au renvoi du MS. concernant la provenance de la lettre de Brook Watsou ces mots: This is taken from Casgrain's translation. En effet, cette traduction se trouve au bas des pages 115-116 du Pèlerinage . . . Dans les Coll. of N. S. H. S., la lettre de Watson, qui est datée de Londres, 17 juillet' 1791, va de page 129 à page 134 du vol. II. Quant à l'extrait de la lettre ou duc de Nivernau. Cf. Pèlerinage . . . Appendice no. 14, où cette lettre se trouve reproduite en grande partie, d'après Arch. den Aff. Etrangères, Paris.

vue de cet ouvrage. Nous ne pouvons porter une appréciation sur son choix, mais nous devons supposer que ce choix a été t'ait avec discernement et à sa satisfaction : étant donnée l'intégrité de Brown, une telle conclusion s'impose. Les deux hommes auxquels il s'était adressé pour en obtenir des renseignements dont le but avait une extrême importance, étaient, sans nul doute, parfaitement au courant du sujet; et il est certain qu'ils avaient pesé et mûri avec soin les opinions qu 'ils avaient émises. Il semble même qu'ils avaient conscience de répondre à tout un questionnaire. Ni l'im ni l'autre n'avait intérêt à exagérer dans un sens favorable aux Acadiens : au contraire, en le faisant, ils eussent ajouté à l'odieux du rôle qu'ils avaient rempli à leur égard. L 'on pourrait s 'étonner que Parkman u 'ait pas saisi cette occasion exceptionnelle de se renseigner à bonne source, si l'on no savait déjà qu'il n'a même jamais mentionné le nom de Brown ou celui d'Haliburton, quand, à la faveur de Vincognito, il a fait la place si large à Pichon.

Moïse de Les Derniers et Brook AVatson n'étaient ni poètes ni romanciers, et cependant Raynal n'a rien dit de plus qu'ils n'ont fait eux-mêmes. Comme a dit Rameau, « ce dernier a peut-être eu tort d'affubler ses renseignements dans le langage ampoulé du dix-huitième siècle, mais le ton seul en est faux et la chose est bien vraie *'. » Les poètes, les romanciers, touchés des mallieurs dont les Acadiens furent victimes après une longue période d'abondance et de félicité, ont pu les entourer d'une auréole d'idéalisme qui les

47. Le MS. original — fol. 728 — oublie de signaler qu 'il emprunte cette phrase à Bamcau: il n'a ni guillemets ni référence; cet oubli est réparé dans l'édit. anglaise (II, 198) où le renvoi est fait. Cf. Une Colonie, II, 97.

place en quelque sorte en dehors des circonstances de la vie réelle. En cela, ces écrivains n'ont fait qu'obéir aux meilleurs instincts de notre nature. Les grandes infortunes ont toujours eu le don de les attirer. S'ils ne font pas l'histoire, souvent ils la corrigent; et Parkman lui-même leur aura rendu leur rôle nécessaire. Ils sont les successeurs de (;es anciens chevaliers qui parcouraient le monde à la recherche de misères à consoler, d'injustices à réparer, de tyrans à punir. Il serait cruel de leur arracher des mains l 'huile et le vin *% que, comme le bon Samaritain, ils ont versés sur les plaies des victimes. Nous trouverions notre consolation dans l'oubli des maux qui ont fondu sur nos pères; mais, comme cela ne se peut, l'amertume de ces souvenirs est cependant adouci par l'évocation du nom chéri de Longfellow et de tant d'autres âmes sjniipathiques.

Pour descendre à la réalité, nous dirons volontiers avec îiameaii : «les Acadiens n'étaient ni poétiques, ni enthousiastes, ni rêveurs; c'était tout simplement de braves gens, très obligeants les uns pour les autres, très-religieux, trèsdévoués à leur famille, et vivant gaiement au milieu de leurs enfants, sans beaucoup de soucis ; on pourrait peindre leur physionomie en deux mots: c'était un peuple honnête et heureux ** « — en qui il y avait une part plus ou moins grande des faiblesses propres à notre nature.

Aux témoignages non suspects que nous venons de produire, nous pourrions, dans une certaine mesure, ajouter le

48. Le MS. original — fol. 728 — dit "le baume", mais la version anglaise met avec raison ' ' l 'huile et le vin ' '.

49. Ici, même observation exactement qu'à la note 47. — Cf. Une Colonie...

nôtre. Il nous a été donné, sinon de vivre longtemps au milieu des Acadieus, du moins de les voir très souvent dans la paroisse de St-Grégoire où résidaient nos grands parents. Cet endroit est un des asiles où ils se réfugièrent après les huit années d'exil dans les ports de la Nouvelle- Angleterre. Ils fondèrent cette paroisse, où encore aujourd'hui il ne se trouve peut-être pas cinq familles dont l'origine ne soit pas acadienne. Le sol était très riche, mais très humide et très boisé. Les Acadiens, avec raison, ont toujours préféré les terres basses, malgré les difficultés plus grandes qu'entraînent leur défrichement et leur assainissement. Ceux qui se fixèrent à PAcadie, près de St-Jean d 'Iber^'ille, et à St- Jacques l'Achigan, firent également choix de terres semblables. Ces paroisses comptent parmi les plus prospères de la Province de Québec. Pour ne parler que de St-Grégoire, nous croyons que la peinture de mœurs, faite par Brook Watson et Moïse de Les Derniers, s'applique aussi exactement que les circonstances pouvaient le permettre, à l'état de chose qui régnait là il y a vingt-cinq ans. Sauf cette différence que. les parents pourvoyaient seuls à l 'établissement de leurs enfants et que l'éducation y était très répandue, tout le reste devait être la représentation fidèle de ce qui existait à Grand-Pré voilà cent trente-sept ans. Les différends se réglaient encore par le moyen d'arbitres; nous n'avons entendu parler que d'un seul procès, et jamais d'une naissance illégitime ou d'un scandale public. Il n'y a jamais eu, et je crois qu'il n'y a pas encore, à l'heure qu'il est, de débit pour la vente des spiritueux. La coutume y existait toujours de poun'oir à l'automne aux besoins des pauvres pendant l'hiver: l'on portait à leur domicile tout le bois, les provisions, les vêtements qui leur étaient nécessaires

jusqu'au printemps. Une compagnie d'Assurance Mutuelle a été fondée, nous dit-on, il y a deux ans: jusque-là, toutes les pertes par le feu étaient réparées en commun ; non seulement l'on fournissait les matériaux, mais aussi la main d 'œuvre; et la règle était de remettre la victime de l'accident dans le même état oii elle était avant. Nous nous rappelons que l 'on ne fit même pas excei>tion à cette règle pour un riche avare d'assez triste réputation. Et si les maisons de ces Acadiens de St-Grégoire donnent une bonne idée de celles que leurs pères possédaient en Acadie, — vraisemblablement il en est ainsi, car ces gens sont respectueux de la tradition, et un grand nombre de ces logis datent du siècle dernier, — alors les remarques désobligeantes au sujet des demeures acadiennes, consignées dans la lettre plus haut citée de deux fonctionnaires français, n'avaient guère de fondement ^".

50. Au bas de cette page très-belle et très-vécuc, l'auteur a mis la note suivante, non moins intéressante, ni moins personnelle, ni moins précieuse pour toute notre famille : ' ' Mon grand 'père. .Joseph LePrinee, était marchand à St- Grégoire, en société avec son frère François. Tous les deux étaient mariés aux deux sœurs, .Julie et Henriette Doncet. Ils eurent chacun dix enfants, en tout quatorze filles et six garçons. Ils vivaient dans une communauté absolue et dans la même maison, qu'ils agrandirent plusieurs fois. Ils avaient avec eux leurs vieux parents et firent instruire leur plus jeune frère qui devint Evêque de St- Hyacinthe. Ils adoptèrent une jeune fille irlandaise, Mary Walsh> — dont les parents étaient morts du choléra à Québec. Tous ces enfants reçurent une bonne éducation, soit au collège, soit au couvent; deux des fils sont prêtres: l 'un est chanoine du diocèse des Trois-Rivières, et l 'autre de celui de St- Hyacinthc. Lorsque la maison ne put convenablement s'agrandir (davantage,) ils en firent construire une nouvelle à côté, mais elle resta plus d'un an inoccupée, tant répugnait l 'idée d 'une séparation après quarante ans de cette vie en commun. Vers 1836, le gouverneur de la Province, se rendant à Sherbrooke, avec sa suite, demanda et reçut l 'hospitalité de mon grand 'père. Plus tard, une hospitalité d 'une nature bien différente était accordée au frère de l 'honorable L, J. Papineau: c'était pendant les troubles de 1837-38. Sa retraite fut finale-

ment découverte; il y fut arrêté par le Shérif Burns, et emprisonné à Trois- Rivières.

"Quelques années auparavant, un américain de Boston, revenant de Québee, s'arrêtait pour la nuit chez mon grand 'père. Boston était un endroit dont le nom était encore tristement familier aux Acadiens de St-Grégoire, mais il n'en était pas tout-àfait ainsi pour mon grand 'père, parce que son aïeul y avait été recueilli et protégé par une dame charitable dont ma famille avait gardé un touchant souvenir. La conversation fut longue et agréable; il y fut question de la déportation, et finalement de la dame charitable. Que l'on juge de la surprise et de la joie : l 'étranger était le petit-fils de la bienfaitrice de mon grand père, et je regrette vivement d'en ignorer le nom. Son séjour fut prolongé, et au moment du départ, on lui offrit une boussole, don de son aïeule, laquelle avait servi à guider mon ancêtre à travers la forêt avec ses compagnons : * ' Prenez-là, lui dit mon grand père, elle pourra vous être utile à vous qui allez reprendre le même chemin. Si précieuse qu 'elle soit pour nous, à titre de souvenir, elle le sera également pour vous, outre qu'elle pourra vous rendre le même service qu 'elle nous a rendu. ' '

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