Conseil de Marine, 27 mars 1716. Casgrain, loc. cit
droits qui leur avaient été assurés, référa leurs légitimes demandes à Sa Souveraine ; que, subséquemment, après avoir refusé aux Acadiens de les transporter sur des vaisseaux anglais, on refusa également l'entrée des vaiseaux français dans les ports de l'Acadie; que la détermination des Acadiens de quitter le pays était telle qu 'ils se construisirent eux-mêmes des bateaux; que, voulant se procurer à Louisbourg des apparaux pour les gréer, permission leur en fut refusée ; qu 'ayant voulu s 'adresser à Boston pour le même objet, on le leur défendit également, et que de plus on s'empara de leurs bateaux.
Rien de ce qui précède ne se trouve au volume des Archives : il est possible que le compilateur n 'ait pas eu quelques-uns des documents en question. Et alors, quelle que soit l 'importance des faits qui y sont allégués, l 'on ne saurait le blâmer de ce chef. La mission que lui avait confiée la Législature de la Nouvelle-Ecosse lui imposait en effet la tâche de collectionner les matériaux qui pouvaient se trouver à Halifax, à Londres et à Québec : à cela se bornait son rôle.
Pourtant, parmi les pièces que nous avons soumises, il y a une lettre de Costebelle à Nicholson, accompagnant les ordres de la Reine dont de la Ronde était porteur et que celui-ci remit au gouverneur. Il y a aussi le compte rendu que MM. de la Ronde et de Pensens firent de leur mission à ce sujet: tout cela devait se trouver dans les Archives de Halifax, et cependant il n'en est pas soufflé mot dans la compilation. Et pourquoi! Est-ce que ces pièces, par hasard, auraient été jugées insignifiantes? — Akins n'ignorait cependant pas les empêchements qui furent mis au départ des Acadiens; comme on le verra, il avait pris forcément connaissance de documents se rapportant à cette question, laquelle ne laissait pas de lui causer un certain malaise. Ainsi,
à la page 265 de son livre, quand il en est rendu déjà à produire les pièces qui ont trait à la déportation de 1755, il met en note ce qui suit : « Le gouverneur Nicliolson vint à Annapolis en 1714, et soumit alors aux Acadiens les termes qui avaient été convenus à leur sujet, à savoir: qu'ils pouvaient garder leurs terres à la condition de devenir sujets de la Couronne Britannique, ou disposer de leurs propriétés et quitter le pays, à leur choix, dans l'espace d'un an. Ils choisirent unanimement la dernière alternative et se préparèrent à évacuer le pays; mais les vaisseaux que Von avait promis de leur envoyer du Cap Breton pour opérer leur émigration n'étant pas venus, ils se trouvèrent forcés de demeurer où ils étaient. Ils continuèrent cependant de refuser à prêter le serment, alléguant qu'ils avaient été retenus contre leur désir, ce qui, dit le gouverneur Mascarene dans une lettre à Shirley, datée d'Annapolis, le 6 avril 1748, « n'était vrai qu'en partie, puisque le gouverneur Nicholson «avait déclaré qu'ils ne pouvaient pas être transférés par « le moyen de vaisseaux anglais, et que les Français du Cap « Breton pouvaient venir et les prendre à bord de leurs « propres navires, ce que ces derniers ne voulurent pas « faire » ; autrement il est probable que la plupart d 'entre eux se fussent retirés à l'Ile Royale ou à l'Ile St-Jean. »
Tout n'est pas exact dans ce qui précède, bien loin de là. Il n'y a de vrai que ce qui concerne l'arrivée de Nicholson et la détermination des Acadiens de quitter le pays. Et aussi, sans doute à son insu, le compilateur confirme par une preuve nouvelle, l'infamie déjà signalée dans les documents que nous avons publiés plus haut. En effet, si nous comprenons bien sa pensée, les Acadiens n'avaient pas eu le privilège que leur assurait le traité, c'est-à-dire de pouvoir, advenant leur départ, emporter avec eux leurs effets
ni emmener leurs bestiaux, etc. ; on les avait seulement laissés libres d 'en disposer par la vente. Or, comme ils étaient les seuls habitants du pays, à qui donc auraient-ils vendu ces choses? Dans ces conditions, dire qu'on leur permettait d 'en disposer n 'était qu 'un vain mot et une fourberie. Cela équivalait à une spoliation de la part de l'autorité. Et quand Akins ajoute que « les Français ne partirent pas parce qu'on ne leur envoya pas, du Cap Breton, les vaisseaux qui leur avaient été promis », ne fausse-t-il pas outrageusement la vérité f La question même de leur départ ayant été référée à la Eeine par Nicholson, celui-ci n'avait donc pas convenu que les Français du Cap Breton viendraient prendre les Acadiens dans leurs propres vaisseaux. Ce renvoi à la Reine fut si peu une fiction que, le 7 novembre 1714, M. de Pontchartrain, ministre de la Marine, faisait tenir à Monsieur d'Iberville, ministre de France à Londres, copie du compte rendu de la mission de MM. de la Ronde et de Pensens à Port-Royal, avec instruction de presser la solution des questions référées par Nicholson à l'autorité royale. Quelques jours après, le 15 novembre 1714, Lord Townshend, secrétaire d'Etat, soumettait ces questions au Board of Trade '\
24. Cf. N. S. doc. Halifax, 1869, pp. 4-5. — La lettre suivante de Pontchartrain à de Costebelle et de Soubras jette un plein jour sur la question qui noua occupe: "J'ai appris avec beaucoup de surprise la manière dure et injuste avec laquelle le général Nicholson a traité les habitants de l'Acadie, et aussi l'opposition qu'il a faite au déménagement de leurs effets et de leurs instruments et à la vente de leurs biens, ce qui était contraire non seulement aux ordres qu'il avait reçus de la feue reine d'Angleterre, mais encore à la convention qui avait été passée entre lui et MM. de la Bonde et de Pensens. J'ai écrit là-dessus à M. d'Iberville, à Londres, de façon qu'il puisse porter des plaintes énergiques devant le Roi d'Angleterre. Je vous en ferai savoir \e résultat. Entre temps, il est urgent que vous fassiez tout votre possible pour
D'ailleurs, peut-on supposer raisonnablement que les Français, qui avaient tout intérêt à ce que cette transmigration eut lieu, eussent négligé d'envoyer des vaisseaux à cette fin? Les documents officiels de l'époque, tels que le compte rendu de tous les points discutés entre de la Ronde et de Pensens d'un côté, et Nicholson de l'autre, et aussi le rapport au gouverneur de Louisbourg, et le rapport de celui-ci au gouvernement français, en parleraient. Dans le cas même où il serait vrai que les Français n'eussent pas voulu ou eussent été empêchés de fournir des bateaux de transport, comme les Acadiens s'en étaient construits euxmêmes, pourquoi leur a-t-on refusé de s'en servir? Et pour quelle raison leur fut-il interdit de se procurer des apparaux à Louisbourg et même à Boston?
L'opinion émise par Akins est si absurde qu'elle porte en soi sa réfutation. Comme personne avant lui ne s'était avisé d'énoncer une pareille sottise, l'on ne peut s'attendre à trouver nulle part de discussion qui la contredise direc-
induire le gouverneur anglais à traiter ces colons avec justice et impartialité. Comme M. Nicholson a été rappelé et que M. Vetch lui succède, je crains que ce dernier ne soit pas mieux disposé, car il a déjà donné des preuves, quand il était en Acadie, de mauvaise volonté et de haine à leur égard. Il est nécessaire que vous me teniez informé de tout ce qui se passera à leur sujet. Je reconnais avec vous que, dans l'état des choses, la meilleure solution serait d'envoyer directement un vaisseau du Eoi en Acadie pour en tirer les colons. Si l'information que voua m'avez fait parvenir sur ce point par le Sieur de la Eonde me fut arrivée plus tôt, des mesures auraient pu être prises à temps pour effectuer ce plan; mais la permission que Sa Majesté a chargé M. d'Iberville de solliciter de l 'Angleterre, ne sera pas, j 'ai peur, très vite accordée, et nous la recevrons probablement trop tard pour qu'un navire puisse être dépêché cette année-ci. Dans ces circonstancees, voyez ce que vous pourrez faire vous-mêmes, en vous servant de la frégate Le Samslack et du vaisseau marchand La Charente que Sa Majesté dirige sur Port-Eoyal, tâchant d'agir en conformité avec les vues du gouverneur. . . Sa Majesté aurait très bien pu se décider à envoyer un vaisseau directement en Acadie, mais Elle a pensé qu'il valait mieux en deman-
tement et qui en fasse justice. Cependant voici deux documents anciens où la prétention du peu honnête compilateur a été confondue à l'avance. Le premier est une délibération du Conseil de Marine touchant un rapport fait par le Père Dominique de la Marche sur la situation présente des Acadiens. Nous nous contenterons d'en donner l'extrait suivant : « Le refus absolu qu 'ont toujours fait les gouverneurs anglais de souffrir que les vaisseaux même du roi vinssent à l'Acadie pour transporter ceux qui étaient de bonne volonté, ou à prêter des agrès pour les bâtiments qu'ils avaient construits et qu'ils ont été obligés de vendre aux Anglais, la défense qui leur a été faite depuis de transporter avec eux aucuns bestiaux ni provisions de grains, la douleur d'abandonner leurs biens, héritage de leurs pères, leur travail et celui de leurs enfants, sans aucun remboursement ni dédommagements. Toutes ces infractions sont les motifs principaux de l'inaction dans laquelle ils sont demeurés. . . Qu'il n'avait pas tenu à eux qu'ils ne se fussent retirés en 1714, mais que la porte leur avait été fermée par le refus du général Nicholson, qu'ils étaient dans la même résolution et prêts à se retirer sur les terres de la domination de France, mais qu'il fallait qu'on leur fît raison sur la convention mutuelle entre les deux couronnes, ce qu'ils ne pouvaient espérer par le refus actuel qu'on leur faisait de transporter pour leur vie et la subsistance de leurs fa-
der la permission à l'Angleterre, vu qu'il n'était pas certain que le vaisseau pourrait entrer dans le port sans sauf-conduit. . . "
(A. C. Lettre de Pontchartrain à MM. de Costebelle et de Soubras, datée de Versailles le 4 juin 1714. Aux Archives de la Marine. Série B. Fin du vol. 37. fol. 226, 23 pages.) (Dans le Rapport des Arch. du Canada pour 1899, Supplément, p. 499-500.)
milles les grains suffisants pour leur nourriture, et leurs bestiaux -^ . . »
Le second est une lettre de M. St-Ovide de Brouillan, gouverneur de Louisbourg, au gouverneur d 'Annapolis, Richard Phillipps, en date du 8 juin 1720 : « L 'inaction dans laquelle ces peuples sont restez jusqu'à présent ne peut ni ne doit leur estre imputé à crime tant par rapport au deffaut des Secours essentiels à leur transmigration que par les obstacles que les gouverneurs généraux et particuliers qui vous ont précédé y ont mis. Je ne puis non plus me dispenser Monsieur de vous exposer que les deux clauses de vostre Proclamation qui concernent le terme, et les circonstances de leur Evacuation me paroissent peu conformes aux assurances de bienveillance qu'ils auaient de la part de la Cour d'Angleterre surtout après un Traitté et une Convention de bonne foy entre la feu Reyne Anne et le Eoy Louis Quatorze de glorieuse mémoire Traitté qui a été exécuté en Entier de la part de la France et en partie de la part de l'Angleterre. Vous n'ignorez pas Monsieur que par cette convention Le sort des Habitants de l'Acadie étoit et deuoit être le même que celuy des habitans de Plaisance. On ne peut rien adjouter à la gracieuseté et à la bonne Foy avec laquelle cest Traittée cette Evacuation et j'auray l'honneur de vous re-
25. Arch. dxi miv. de la Marine et des Colonies. C, G. année 1719, vol. 4. Fol. 96. Délibérations du Conseil. Fait et arrêté le 23e may 1719. Ce document porte en marge les notes suivantes ; ' ' Porter à Mgr le Régent. Le Conseil croit que suivant les représentations du Père Dominique de la Marche, il convient d'envoyer un nouveau missionnaire d'augmentation à la côte de l'Acadie en réglant avec le Père de la Marche ce qu'il faudra pour ce missionaaire. " L. B. L. M. d '.
' ' Décision de S. A. R, approuvé l 'avis du Conseil. " — L. B. L. M. d.
Cf. Doc, sur l'Acadie, publ. par le Can.-Fr. Tome I, p. 193.
présenter que rien ne pourroit estre de plus dur que l'Extrémité ou pour mieux dire l 'Impossibilité à laquelle se trouveroient réduits ces pauvres Peuples Si vous ne vouliez vous relâcher en rien du temps que vous leurs accordez et de la manière dont vous Exigez leur sortie ^°. . . »
Si le compilateur pouvait alléguer qu'il ne connaissait pas la plupart des documents qui ont été cités plus haut, lesquels n'étaient ni aux archives de Halifax, ni à celles de Londres ou de Québec, ignorait-il d'autre part ceux que nous allons maintenant offrir à nos lecteurs! Voici d'abord une lettre de Vetch au Bureau de Commerce {Board of Trade) de Londres:
« Le 9 mars 1715. « Milords,
« Je crois de mon devoir, en considération du bien public, d'exposer à vos Seigneuries la situation qui règne en Nouvelle-Ecosse : les habitants français ont été en quelque sorte obligés de quitter le pays à cause du traitement que leur a infligé le gouverneur Nicholson, ainsi que Vos Seigneuries pourront le constater par le témoignage de quelques personnes récemment arrivées de cette province, et auquel je me permets de les renvoyer. J 'ose donc suggérer à Vos Seigneuries d'expédier au plus tôt des ordres pour empêcher cette émigration des habitants français, avec leurs bestiaux et leurs effets, vers le Cap Breton: car pareil événement aurait pour effet de dépouiller et de ruiner la Nouvelle-
26. Public Record Office. Col. Eecords, Nova Scotia, vol. III. Endorsed: Nova Scotia. Letter from Mr. St. Ovide, Governor of Cape Breton to col. Philipps . Dated 8th of .Tune 1720. — Cf. Doc. sur l'Acadie, pièce XXIX. Tome I, p. 126. — Arch. de la Marine, vol. III, fol. 180.
Cf. Ualiburton, loc. cit. Tome I, c. III, p. 94, ad calcem.
Ecosse et ferait immédiatement du Cap Breton une colonie populeuse et riche, résultat que la France, de loin, serait incapable d'obtenir par plusieurs années de travaux et de grandes dépenses, comme j'ai eu l'honneur de le faire remarquer à Vos Seigneuries dans une communication préalable et où cette question était traitée avec plus d'ampleur -". . . »
L 'on se souvient que, d 'après Aldus, Nicholson, à la fin de juillet 1714, aurait donné un an aux Acadiens pour quitter le pays. Or, la lettre ci-haut est du 9 mars 1715, c'est-à-dire neuf mois après la permission accordée par le gouverneur, ou mieux, la promesse qu'il avait faite aux habitants de les laisser partir librement. Cette promesse n'avait donc pas encore été exécutée, puisque Vetch suppliait le Board of Trade d'envoyer des ordres pour empêcher leur départ: speedy order to prevent the Inhabitants removal. Et Vetch ne faisait que répéter ici ce qu'il avait déjà dit dans une lettre du 24 novembre précédent, laquelle se trouve bien, par exemple, à la page cinq de la compilation.
Les lettres suivantes éclaireront d'un jour nouveau la situation :
Le colonel Sam. Vetch au Bureau de Commerce.
• « Londres, 2 septembre 1715.
« . . .M. Nicholson ayant tout fait pour empêcher les habitants de se livrer à aucun commerce et ayant ordonné
27. Public Eec. Office. Col. Becords, N. S. vol. I. — Doc. sur l'Acadie, pièce XIII. — Quand il a écrit cette lettre, Samuel Vetch était à Londres depuis septembre ou octobre précédent.
qu'on leur tienne fermées les portes du Fort, de jour et de nuit, de façon qu'ils ne puissent avoir aucun rapport avec la garnison, ayant en plus, par Proclamation, défendu qu 'ils entretiennent des relations avec les indigènes, comme ils en avaient toujours eu l'habitude pour la traite des pelleteries, cela a eu pour effet de détourner les Acadiens de prolonger leur séjour dans la Province. Aussi se sont-ils construits un grand nombre de petits vaisseaux pour se transporter, avec leurs effets, au Cap Breton: chose que les officiers français avaient toujours demandée et qu'ils avaient même menacé de faire ^^. . . »
Vetch se garde bien de mentionner les raisons qui empêchèrent les Acadiens d'utiliser les nombreux bateaux qu'ils s'étaient construits: on les devinerait facilement, même si des documents authentiques ne les signalaient pas.
Samuel Vetch au Bureau de Commerce.
« Londres, le 21 février 1716.
« . . .Quant aux habitants français de cette Province, d'après ce que je sais, bien peu ont émigré, encore que les tracasseries auxquelles ils ont été en butte eussent dû les porter à s'en aller. Je ne doute pas qu'ils ne fussent heureux de pouvoir continuer à demeurer sur leurs terres, (dont quelques-unes sont d'une étendue considérable,) à la condition de trouver protection et encouragement de la part de la Couronne. Du reste, comme un pays sans habitants ne compte plus, le départ des Acadiens, avec leurs bestiaux, pour le Cap Breton, serait une source de richesse pour cette
28. Public Record Office. Col. Becords, N. S. vol. 2, — Doc. sur l'Acadie, pièce XVIII.
colonie nouvelle, en même temps qu'il entraînerait la ruine de ]a Nouvelle-Ecosse, à moins que des colons anglais ne vinssent les remplacer, ce qui prendrait plusieurs années. Il est donc tout à fait à l'avantage de la Couronne que les Acadiens restent dans cette province avec tous leurs troupeaux -^ . . »
Le Major Canlfield au Col. VefcJi.
« Annapolis Royale, le 2 novembre 1715.
« Monsieur,
«L'arrivée du transport chargé de provisions m'a procuré le plaisir de recevoir votre lettre. Je ne ressens que trop l'inconcevable malice de Nicliolson. Si ses desseins eussent été exécutés, je suis persuadé qu'il ne resterait plus un seul habitant dans tout le pays, et pas même de garnison. Je me rappelle en effet son étrange déclaration aux Acadiens et ensuite aux soldats : ne dit-il pas à ces derniers que les Français étaient tous des rebelles et qu'ils méritaient qu'on allât leur couper la gorge dans leurs propres maisons? Ne nous fit-il pas défense expresse d'avoir avec eux aucune espèce de rapports ? Ne nous obligeât-il pas à garder fermées les portes de la garnison? Et cependant il n'était pas sans se rendre compte que nous ne pourrions pas subsister pendant l'hiver qui approchait sans l'aide des habitants, qu'il n'y avait pas pour nous d'autre moyen de vivre qu'en nous adressant à eux. . . Si l'on dressait un bilan exact de toute son administration, il serait bien difficile