‹ Accès Pernicieux PalustreChapitre 15 sur 47 · PARU · texte numérisé non relu

PARU

4 schizontes seulement alors que dans d’autres observations la massivité de l’infestation était remarquable ; dans l’une d'elles il fallait rechercher les hématies non parasitées et nous avons pu observer à côté d'innombrables schizontes de nombreux gamètes jeunes ainsi que, chose tout à fait exceptionnelle et que nous rencontrions pour la première fois, d'assez nombreuses rosaces de falciparum. L'examen du sang du seul malade atteint d’un accès pernicieux à malariae que nous avons pu suivre a donné lieu aux remarques suivantes : parasitisme intense uniquement constitué par des schizontes d’âge d’ailleurs variable : formes annulaires jeunes rappelant celle du vivax, mais à anneau cytoplasmique plus épais souvent muni d’un grain de pigment, nombreuses formes en raquette et en bandelette avec traînées linéaires de pigment ; il n’y avait ni rosaces ni gamètes.

Il va sans dire que nous avons utilisé ici en vue de préciser le diagnostic, la méthode de Giemsa.

Les procédés de coloration dont nous avons donné la technique, sont utilisés et connus d’ailleurs depuis longtemps.

Les colorations n’ont en effet d'autre mérite que leur simplicité, leur rapidité et leur économie ; elles ne sauraient être utilisées pour une étude fine ou des recherches scientifiques. Elles nous paraissent pouvoir rendre des services au praticien, au médecin du bled qui ne peut se plier à des techniques non pas difficiles, mais délicates et assez longues.

Il n’est en effet peut-être pas inutile de souligner que les nombreuses teintures préparées, commercialisées sous les noms de «Giemsa », « Tribondeau », « Leishmann » ne sont pas toujours faciles à conserver

en pays chaud ; le Giemsa « original à l’eau » employé suivant la technique de VizLan et Comte donne alors des résultats plus constants ; mais là encore la condition sine qua non d’une bonne coloration est de n'utilisér qu'une eau distillée neutre ou bien légèrement alcaline (PH=—7,4 à 7,6), l’eau distillée doit donc être quotidiennement vérifiée et ajustée ; le temps de coloration enfin est de 1 heure en moyenne.

Nous bornant dans ce chapitre à l’étude du diagnostic parasitologique des accès pernicieux, diagnostic essentiellement d'urgence, nous n’envisagerons ici ni les modifications portant sur les éléments figurés du sang, ni, malgré son grand intérêt, la question de la sérologie du paludisme.

Pour résumer nos constatations, dans tous les cas d'accès pernicieux que nous avons suivis, l'importance de l’infestation a été évidente, se manifestant à l’examen de la goutte épaisse par l’impression d’une « culture pure » de schizontes jeunes tassés les uns contre les autres ; cette impression traduit d’ailleurs un parasitisme qui, tout en étant toujours élevé, est cependant fort variable comme il est facile de le constater à l'examen des frottis minces. Dans une proportion de 92 % il s’est agi de falciparum (associé au vivax dans 3 cas) ; dans un cas le malariae était en cause.

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