‹ Accès Pernicieux PalustreChapitre 27 sur 47 · OBSERVATION N° V · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° V

(Début à forme cholecystique.

Coma et collapsus terminal avec ictère)

Tout récemment, un ouvrier de la marine, âgé de 32 ans était hospitalisé de nuit dans un état très grave.

Le malade, blafard, au teint cireux, les conjonctives et les muqueuses subictériques, était subcomateux et dans une adynamie profonde ; tout interrogatoire était impossible,

Le diagnostic d’entrée était celui de cholécystite aiguë. Le malade en effet accusait une douleur vive dans la région

te

sous-costale droite. Le bord inférieur du foie qui débordait de 2 à 3 travers de doigt était très douloureux, et la région

vésiculaire particulièrement sensible à une palpation, même légère. Il paraissait exister de la périhépatite.

Par contre la rate n’était pas hypertrophiée à l'examen clinique.

En l'absence des commémoratifs qui seront apportés le lendemain par la famille, la cholécystite aiguë avait paru

au médecin de garde, être le diagnostic le plus vraisemblable.

Le lendemain matin, la famille nous apprend que la maladie avait débuté 10 jours plus tôt, par des douleurs de la région hépatique, une fièvre irrégulière et progressive. Le médecin qui pendant cette période a suivi le malade presque chaque jour, avait envisagé l'existence d’une cholécystite aiguë pour laquelle avait été administrés des désinfectants hépato-biliaires par voie buccale, puis par voie intraveineuse sans qu’un examen de sang soit pratiqué.

Le matin, l'intéressé qui a déliré une partie de la nuit, est dans un coma complet, manifestant encore une sensation douloureuse à la palpation de la région hépato-vésiculaire qui est empatée, avec petite réaction péritonéale sous-jacente. Le teint cireux du malade, la fièvre et le coma inciteront à pratiquer aussitôt l'examen du sang, qui révèle une image particulièrement grave d'accès pernicieux, puisque tous les globules rouges sont parasités ; on note la présence de corps en croissant. Le dosage d’urée sanguine fait en même temps donne un chiffre très élevé, 4 gr. 80. Dans les urines retirées par sondage (le malade étant incontinent) existent de l’albumine et des cylindres granuleux, ainsi que de l’urobiline et des pigments biliaires, révélant ainsi l’existence d’une hépato-néphrite grave, très vraisemblablement secondaire. La pression artérielle ne peut être déterminée par suite d'’oscillations notables au Pachon. L'état paraît d'emblée désespéré.

On pratique immédiatement, en même temps qu’une injection intraveineuse de pressyl, une injection intraveineuse de quinine diluée dans le sérum isotonique. Une transfusion sanguine est tentée, mais abandonnée aussitôt à cause du collapsus veineux complet qui précède la mort de quelques instants.

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