‹ Accès Pernicieux PalustreChapitre 32 sur 47 · OBSERVATION N° X · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° X

(Accès pernicieux à rechutes avec association vivax-prœcox)

Le 19 juillet 1941 entre dans le service, venant des contagieux où il fut admis pour angine, le caporal D..., avec le diagnostic d’accès pernicieux ; il a reçu déjà depuis la veille au soir 0 gr. 80 de quinine intraveineuse et 0 gr. 80 de quinine intramusculaire.

Il présente à son entrée un état général grave avec prostration, des vertiges, une langue saburrale et des vomissements, une température à 40° 5. La rate n’est pas hypertrophiée, le foie est normal, ainsi que les poumons ; les bruits du cœur sont assourdis, la tension artérielle est à 10x6 au Pachon.

Le malade a eu un accès de type palustre il y a 22 mois en Tunisie, qui ne fut pas confirmé.

On continue le traitement jusqu'au 21 avec la quinine qui est administrée per os pendant 5 jours. Il persiste de l’anorexie, des vertiges. La rate est toujours normale ; le teint est pâle et la tension artérielle basse (10 x 8).

Les examens de laboratoire ont révélé dès son arrivée de très nombreux schizontes de plasmodium praecox réalisant le type d’accès pernicieux et disparaissant par la suite sous l'influence du traitement.

Le malade sort de l’hôpital le 12 août 1941 après avoir suivi à la suite du traitement de l’accès pernicieux deux séries de quinine et de proequine. Il doit suivre une cure hebdomadaire à la Prémaline. Mais, 6 jours après sa sortie le malade revient à l'hôpital dans le service des contagieux pour diarrhée glaireuse et sanguinolente. Il est transféré dans notre service pour accès palustre à plasmodium vivax (examen de sang pratiqué le 23 août).

Il y a une asthénie marquée et des tendances au vertige. L'examen des divers organes est négatif, mais cette fois-ci la rate est palpable et la région hépatique est sensible à la palpation profonde.

Alors que le 23 août l'examen du sang montre de nombreux corps amiboïdes et de rares schizontes de pl. vivaz,

le 30 août, on constate la présence de nombreux schizontes de pl. prœcox qui correspondent du reste à un accès fébrile grave chez notre malade, et ceci malgré le traitement continu. Aussi l’on a recours aux injections intraveineuses et intramusculaires qui apportent une amélioration rapide. On reprend une cure de quinacrine, puis de proequine. L'anémie reste importante. Le malade, en raison de la gravité des récidives, malgré le traitement, est proposé pour le rapatriement sur la métropole.

En résumé : Accès pernicieux à plasmodium prœcox avec deuxième accès grave à pl. vivax, à début dysentériforme suivi d’un accès pernicieux à pl. prœcox.

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