OBSERVATION N° XII
(Forme à rechute avec association prœcox-vivax)
Le matelot B... est hospitalisé le 3 octobre 1941 dans le service des contagieux, pour angine. Sa température est de 40°, accompagnée de frissons.
L'examen du frottis de gorge ne révèle pas de bacilles de Loefler, Les poumons et le cœur sont normaux ; la rate n'est pas perçue. On est frappé par l’extrême anémie du malade qui incite à faire une recherche d’hématozoaires le 4 octobre ; on trouve des schizontes de pl. præœcox relativement peu nombreux qui, le traitement ayant été commencé aussitôt (quinine intramusculaire 1 gr. 40 et per os 0 gr. 60) seront en moins grand nombre le lendemain.
À son passage au service de médecine, il existe une anémie marquée à 2.350.000.
Quinze jours après avoir suivi un traiement régulier avec quinine, quinacrine puis proequine, le malade peut quitter le service, un traitement d'entretien semblable au précédent est prescrit.
Mais 3 jours après sa sortie, le 24 octobre, B... entre à nouveau dans le service. Il aurait eu de la fièvre dès sa sortie. Cependant, la température qui est à 37° 6 à l’entrée et s’élève le lendemain à 38° 9, retombera ensuite.
L'état général est mauvais, le teint très pâle, les bruits du cœur sont assourdis. La tension est à 9 x 5 au Vaquez-Laubry. Le foie déborde de deux travers de doigt ; la rate hypertrophiée déborde d’un travers de doigt.
L'examen de frottis, fait le jour même, montre une image d’accès pernicieux avec très nombreux schizontes de pl. prœcox. Le traitement est mis immédiatement en œuvre : injection intraveineuse de quinine de 0 gr. 80, diluée dans du sérum physiologique, suivie de deux injections intramusculaires de 1 gr. 80 chacune, qui seront seules poursuivies pendant 4 jours : tonicardiaque, pressyl, etc. L'amélioration est rapide. Le nombre des hématozoaires diminue. L'anémie est toujours importante ; le 6 novembre, le nombre des hématies est de 3.720.000 et le taux d’hémoglobine à 85 %.
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Mais, le 12 novembre malgré deux séries de quinine et de proequine le malade fait une nouvelle rechute. Sur la lame de sang on trouve non plus du pl. prœcox, mais de nombreux corps amiboïdes de pl. vivax. Le traitement de l'accès pernicieux est à nouveau mis en œuvre et suivi enfin de guérison, sans nouvelle rechute.
En résumé : Accès pernicieux à pl. prœcox survenu 3 semaines après un paludisme primaire correctement traité. Rechute avec pl. vivar en cours de traitement.