II. — Type algide
Au cours d’un paludisme grave, mais aussi parfois de type larvé (Obs. 6), l’algidité peut survenir, entrainant un refroidissement des extrémités qui précèdera la chute thermique. Le pouls s'accélère, devient petit ; l’aspect du malade est le plus souvent impressionnant : nez pincé, yeux excavés, faciès altéré et angoissé. À la pâleur s'ajoute la cyanose avec parfois marbrures du visage et du corps (Obs. 2). Le malade est couvert de sueurs profuses. Les bruits du cœur sont rapides et assourdis ; la tension artérielle très abaissée, la minima souvent difficile à apprécier tendant vers zéro. Le malade a gardé toute sa lucidité. L'évolution se fait rapidement vers le collapsus cardiaque.
a) Formes cholérique et dysentérique s’apparentent aux formes algides ; elles s’accompagnent d’une diarrhée profuse avec deshydratation intense surtout dans la forme cholérique.
En Afrique du Nord, la forme dysentérique doit être bien connue, le traitement palustre associé à celui du collapsus étant seul capable d'enrayer l’évolution fatale.
b) Fréquemment un tableau clinique d’ictère grave vient compliquer une des formes cliniques décrites ei-dessus et malgré le traitement le pronostic est habituellement fatal.
c) Les malades atteints de formes viscérales à symptomatologie pseudo-péritonéale poseront un diagnostic chirurgical d'urgence ; les chirurgiens et les médecins exerçant en pays impaludé doivent avoir ces formes présentes à l'esprit et savoir les détecter.