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BELGIQUE

Les couches superficielles de la Belgique sont aussi quaternaires ; la partie méridionale, selon M. Lyell*, est presque entièrement recouverte par un dépôt continu d'un limon argileux ressemblant pour la couleur et la composition au Loess du Rhin. Ce limon a été appelé Hesbayen, par M. Dumont, parce qu'il abonde surtout dans la partie du pays qu'on appelle la Hesbaye et qui renferme, entre autres surfaces, le triangle compris entre Liège, Waremme et Tongres. Il présente généralement la même uniformité d'aspect et de composition, et la même absence de stratification qui le caractérise sur les bords du Rhin, entre Bâle et Cologne. On y trouve abondamment la Sv^xinea ohlonga, si commune dans le Loess du Rhin. La puissance du limon hesbayen varie entre 7 et 9 mètres. Il couvre certaines collines et quelques-uns des plateaux les plus élevés des environs de Bruxelles, et il peut atteindre en quelques endroits l'altitude de 100 mètres. A la

* Sir Charles Lyell. Mémoire sur les terrains tertiaires de la Belgique et delà Flandre française, p. 3. Bruxelles, 1856.

base du limon, ou entre celui-ci et les roches plus anciennes, on rencontre assez généralement une ou plusieurs couches de gravier. C'est donc le même caractère que présentent les terrains quaternaires de France, comme nous le verrons bientôt : un terrain de transport, gravier, diluvium gris recouvert par une couche plus ou moins épaisse de Loess.

Aux environs de Dinant, dans la province de Namur, M. Ed. Dupont ' a relevé la série des dépôts quaternaires en commençant par les plus anciens; 1** grès, blocs presque anguleux de quartzites ardennais déposés sur les plateaux, ou mêlés aux cailloux roulés dans les vallées.

2** Une épaisse formation de cailloux ardennais très -roulés et contenant quelquefois des blocs anguleux. Cette formation se distingue nettement de la précédente, en ce qu'elle ne se trouve que dans les vallées. Elle existe aussi dans le trou du frontal à Furfooz, à 15 mètres au-dessus du niveau de la rivière. M. Dupont y a recueilli une dent d'un très-grand carnassier, peut-être VUrsus spelxus, et quelques ossements mal conservés.

3** Du sable graveleux avec Ancylus fluviatilis, Succinca putris, Pupa muscorum, Hélix y etc. Ce

* Ed. Dupont, Comptes rendus dé V Académie des sciences, 24 avril 1865. Observations sur les terrains quaternaires des environs de Dinant.

dépôt n'existe pas dans la caverne de Furiboz. Ces sables passent par transition insensible à la formation suivante.

4® Sables argileux irrégulièrement stratifiés avec concrétions calcaires, et coquilles principalement terrestres. Ce dépôt existe dans les vallées comme dans les cavernes de Furfooz, où il atteint une hauteur de 50 mètres au-dessus du niveau de la Lesse, et de 175 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est ordinairement dénudé à sa partie supérieure, sauf dans le trou des Nutons, où il était garanti par une couche épaisse de stalactites.

5® Argile jaune-rougeâtre avec nombreux blocs anguleux : les uns provenant des couches adjacentes, les autres de roches situées dans la direction du nord à la distance maximum d'un kilomètre. Ces blocs ont traversé, en certains points, les vallées, et ont été portés sur les plateaux voisins.

Cette couche offre quelquefois des traces de stratification, et correspond au diluvium rouge du bassin de Paris ; elle recouvre tous les environs de Dinant d'un manteau d'argile jaune; elle atteint une altitude de 250 mètres au moins au-dessus du niveau de la mer.

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