ANGLETERRE
Depuis quelques années, surtout en Angleterre, les terrains diluviens ont été étudiés avec le plus grand soin et la plus minutieuse attention ; ils présentent généralement le même aspect qu'en France. Ce sont des couches de sable et de gravier le long des vallées des rivières. Dans quelques cas, ils se trouvent au-dessus du niveau des rivières, dans d'autres, sur des collines adjacentes. M. Joseph Prestwich * a étudié avec le plus grand soin et la plus minutieuse attention, le diluvium d'Angleterre, et, tout en faisant nos réserves sur les déductions hypothétiques qu'il en tire, nous pouvons, avec la plus entière confiance, nous appuyer sur ses observations.
Dans les vallées, dit-il, une série de graviers occupant un espace plus ou moins grand, et s'élevant quelquefois sur les flancs des montagnes, les couvrent dans toute leur longueur, quoiqu'ils soient constamment cachés par des dépôts récents d'alluvions. Les parties les plus basses des coUi-
^ J. Prostwich, On the geological position and âge oftheflint implement hearing heds and on the Lœss, etc.. 1864.
nés qui garnissent les flancs des vallées sur chaque côté, sont quelquefois couvertes de semblables graviers; mais au lieu d'être continus comme dans les couches inférieures, ils ne se rencontrent que par intervalles, et il y a souvent de longs espaces sans aucune trace de drift. Les graviers supérieurs sont généralement séparés des graviers inférieurs par une surface inclinée et usée. Bien qu'ils s'étendent rarement loin de la vallée, et qu'ils n'atteignent jamais les sommets des plus hautes montagnes, les deux séries ont néanmoins Tune avec l'autre une relation définie. Elles consistent toutes deux en débris provenant de roches qui se trouvaient dans les vallées, au travers desquelles coulent les rivières actuelles ainsi que leurs affluents, et elles contiennent des restes organiques en aussi grand nombre Tune que l'autre. Elles peuvent être considérées comme vallées de graviers, mais pour les désigner, M. Prestvy^ich propose d'appeler vallée inférieure celle qui occupe le fond des vallées et s'élève comparativement à une petite hauteur au-dessus du niveau de la rivière, tandis que celle qu'on trouve sur les coUines adjacentes portera le nom de vallée supérieure, La hauteur de ces dernières couches au-dessus de la vallée est variable, et, quoique généralement Umitée à une plate-forme principale, le niveau n'est pas toujours le même, et il se trouve quelquefois des terrasses intermé-
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diaires entre les niveaux extrêmes. La plupart des géologues français n'admettent pas ces divisions dans Tétude du diluvîum gris ; pour eux, le phénomène du diluvium forme un tout connectif et corrélatif, et ces dépôts de gravier à diverses hauteurs sont généralement regardés comme le résultat d'une même cause, le produit d'un seul et unique fait. Quelquefois, souvent même, il y a des interruptions entre ces dépôts , ou sur rétendue d'une même couche, mais ce fait est attribué justement aux dénudations postérieures, aux courants dans lesquels ont été formées les couches de Loess et du diluvium rouge.
Ce diluvium anglais se rencontre surtout dans les vallées de Waveney, de TOuse et de Lark, de Herne-Bey et dans la vallée de la Tamise. Les dépôts de graviers sont dans les mêmes conditions dans toutes ces vallées, et on y a rencontré également partout des silex taillés et des ossements de mammifères. Ces couches consistent en une masse de cailloux subangulaires mêlés à des pierres siliceuses et à d'anciennes roches, dans un milieu de sable, d'ocre et d'argile. A Hoxne, dans la vallée de Waveney, on a découvert des silex taillés ; dans l'importante vallée de l'Ouse, à Bedfort, huit instruments de silex ont été trouvés dans des circonstances qui ne permettent pas de douter de leur position géologique. A Icklingham, dans la vallée du Lark, affluent de la même
rivière, on a rencontré deux spécimens qui, bien qu'ils ne fussent pas découverts in situ, donnent tout lieu de croire qu'ils viennent des graviers supérieurs. Près de Bury-St-Edmund, MM. Preslwich et Evans rencontrèrent des ossements d'Éléphants ; dans la caverne de Biddenham, des instruments en silex, et, près de la ville de Bedfort, dans les tranchées du chemin de fer, des restes d'Hippopotame en assez grand nombre. A OfiFord, à trois milles au sud d'Hantingdon, on découvrit un grand nombre de restes de mammifères ; près de Herne-Bay, des instruments en silex, et, à Studhille, M. Evans trouva une partie de dent d'Éléphant. Parmi les espèces que l'on peut regarder comme caractéristiques des terrains diluviens d'Angleterre nous citerons : ^leplias primigenius, E. antiquus, Rhinocéros ticho^ rhinus, Bubalus moschatus {Ovibos), Cheval, Ours, Bœuf, Cerf, etc.