‹ Accord de la Science et de la religionChapitre 8 sur 29 · EVE, LOUY · texte numérisé non relu

EVE, LOUY

on la vie. celle qni entraîne les

autres dans son propre

mal. TsoD, la gnuidf

aïeule.

Gam, Chao-Hao on Hiuen-Hiao, possesseur Le petit le noir vocifépossédéi Hao, le ratenr, ou qni se Hao infé- Tchy, l'avide, lamente. rieur. ou

Kiong'Sang, nom du pavs où il est né.

3* Hénoch. Kiao-Ky. \

(V«ir il la septième génération.)

40 Irad.

5* Maviael.

6* Matbusael.

Kiu-vang?

Yu-vang?

7* Lamech. Kon-Sai?

Les quatre enfants de Lamech .

Jabel.

Jubal.

Ghun,

Tubalcaln.

et

Noema.

Siang?

plein d'orgueil, filsdeKou-Seou,

frère de Chun.

Époque du déluge, dont Noé, Deucalion, Xixouthros. Manu, Coxcox sont également avertis.

Traditions îles C/ialdëens. — Les traditions de ce peuple ont été recueillies par Bérose, prêtre chaldéen contemporaio d'Alexandre. Il entreprit d'écrire l'histoire de sa nation, d'après les monuments les plus authentiques, et il nous a transmis le récit d'un déluge qui semble calqué sur celui de Moïse. Malheureusement sou histoire n'est pas arrivée jusqu'à nous, nous n'en possédons que quelques fragments, tout aussi bien que des écrits d'Alexandre Polyhislor et d'Abvdène, qui traitent la même matière. Ces fragments nous ont été conser\'ës par Eusèbe ' et par Josèphe *. On pense généralement que Bérose, quoique écrivant postérieurement à la captivité de Babylone, n'a pu emprunter quelque chose aux traditions hébraïques, et voici les raisons sur lesquelles on s'appuie : 1* Il aurait pris toute l'histoire; 3° il ne pouvmt insérer des faits aussi extraordinaires, si ceux-ci □'a\'aàent pas été dans les annales; 3* l'abjection des Jui£s pendant leur captivité n'était pas un titre à la confiance des Cbaldéens ; 4° Bérose écrivait

> Euseb. Prjipar«ti9 eranfctira, Ub. X. cap. xii, p. 144, col. 1688. itérai.

> FUvii Juseiibi jMfi'. Juil. lih. I, cap. lu. n* 16, p. 16. înful. 17».

pour des Grecs ; il n'avait donc aucun motif de leur exposer une histoire du déluge qui ne faisait même pas partie de l'histoire chaldéenne, si ce n'est, parce que telle était sa propre foi ; et on ne peut l'expliquer qu'en admettant que, telle était aussi la tradition de son pays ou de sa caste. Si Ton vient à objecter qu'il a pu recevoir cette tradition des Juifs, cela prouverait tout au plus, qu'elle a existé de tout temps chez les Hébreux, que de ceux-ci elle passa chez les Ghaldéens dès l'origine, et s'est conservée de génération en génération.

Bérose s'exprime ainsi : « On dit qu'en Arménie, sur la montagne des Gordiens, il existe encore une partie de l'arche de Noé; les habitants y exploitent le bitume dont elle était enduite, en conservent les restes avec soin, et les portent sur eux pour apaiser la colère du ciel ^ , etc. »

Assurément, nous ne devons pas prendre ces paroles au pied de la lettre, et il est bien certain que l'auteur ne rapporte qu'une tradition bien légère, pour ne pas dire ridicule, au point de vue de la science et de la raison; mais ces paroles n'en prouvent pas moins que la tradition du déluge s'était conservée parmi les Ghaldéens. Jérôme

l'Égyptien, Mnazéas, parlent de même ; Nicolas

< Berosi, Chaldseorum Hislorix quœ supersunt, edit. Richter, p. 60.

Voir aussi Moïse de Korène, Histoire de l* Arménie (traduction de Levaillant de Florval), in-5". Venise 1841,

70 LE DBLUGE srOSAÏOl'B-

de Damas, au sixième livre de son Histoire, s'exprime dans ces lermes : " 11 y a en Arménie, dans la province de Miniade , une haute montagne nommée Bar, où l'on dit que plusieurs se sauvèrent dans le cataclysme, et qu'une arche dont les restes se sont conservés longtemps et dans laquelle un homme s'était renfermé, s'arrêta sur cette monlagne '. »

Josèphe ajoute que les Arméniens appelèrent l'endroit où Noé offrit un sacrifice, le lieu de la descente. Ce lieu devenu une ville, existe encore au pied du mont Ararat et porte aujourd'hui le nom de Nachidchcvan, qui a en effet ce sens. Les Arméniens de nos jours prétendent, comme le faisaient ceux d'autrefois, que l'arche subsiste encore sur la montagne où elle s'est arrêtée.

La tradition constante des mahométans et des autres Orientaux est que l'arche s'arrêta sur la montagne de Gioudi, qui est une des croupes du mont Gordien, dans la partie de l'Arménie majeure qui regarde la Mésopotamie ; les Turcs l'appellent aujourd'hui la montagne du doigt, parce

' K«i NixôXaOî Eé 4 àa^aax.T\v6i; ïv Tii tvvewixoîTÏÎ xai ixTf, PiSXm l'ffTopeï itEp{ autSv liyiov oCrwc "Eçiv ÛTrip rf|V MivuaSa piya ifoç xati tJ)v Ap(xsvi«v, Bapiî ^yo'jjievov, liç 6 itoïioûç auftfU^inat iiti toû !tïTO(KXuii|j.où Xôyoç Éj^ei TTEpiaiiiflïîvtti' miÎ Tivec in! Xupvctxo; 6-/j)\ifuvm înl ti^ dxfxûpeiav âxE'îï.at, xa\ tJi Xti'Javd TÏâv ïu)iuv lirî nolù oiodîïïai. l'évono S'av jyroî, Sv Tncc xcEi Mquox; étiyfw^ev, o -tûv louSoiîiov totio^vrfi. (Ex TOÛ IwuïiTTou louS. Ap/aioXoy. BiÇi. A, xe^. y-)

qu'elle s'élève au milieu des autres comme un doigt. Le bourg qui est situé au pied de cette montagne se nomme Thamanine, c'est-à-dire quatre-vingts, en mémoire des quatre-vingts personnes qui, selon TAlcoran, sortirent de l'arche et établirent là leur demeure.

Il y a dans la Mésopotamie un château nommé Deir-Abouna, c'est-à-dire le monastère de notre père, et près de là, un autre château où l'on voit un grand tombeau que Ton croit être celui de Noé. D'autres placent le tombeau de Noé dans l'Arabie, dans un lieu appelé Ardh-nouh, c'està-dire la bourgade de Noé. Mais ces traditions sont très-incertaines * . Arrivons enfin à la tradition des Chaldéens ; nous ne ferons que traduire les fragments que Georges Syncelle^ a extraits de Bérose, d'Abydène, d'Alexandre Polyhistor et d'ApoUodore.

Dix rois régnèrent pendant cent vingt sares avant le déluge ; leurs noms nous ont été conservés, et nous y voyons encore une coïncidence frappante avec les dix patriarches nommés par la Bible et la chronologie chinoise. Ce sont Alorui

« Bible de Vence, t. I, p. 418, in-8, 1827.

* Chronographia corpus scriplorum historiss Byzantine^, Georgius Syncellus et Nicephorus, ex recensione Guillelmi Dindorfii. Bonnao, 1829. 2 vol. in-18, p. 53. — Scaliger, Thésaurus iemporum Euseb.y Pamph. Chronicorum, Lugduni Batavorum, 1606.

72 LE DÉH'GE MOS-VigUE,

qui régna dix sares; Alaspants, trois sares;.4OTe-

lon. treize; Amoion, douze; Métolarus, dix-huit; Daonus, quatre-vingt-dix; Everodaclius, dix-huit; Amphis, dix; Oliartes ou Ardate, huil, et Xixoulliros, sous qui arriva le déluge, dix-huit sares.

Après la mort d'Ardale, son Gis Xixouthros régna donc dix-huit sares, et ce fut sous son règne que le déluge eut lieu. Kronos lui apparut en songe le 15° jour du mois de /J«(sios, et lui prédit que les hommes seraient détruits par un déluge. C'est pourquoi il lui ordonna de consigner l'origine, l'histoire et la fin de toutes choses et d'enterrer ces écrits dans la ville du Soleil, appelée Sisparis, puis de fabriquer un vaisseau et d'y monter avec ses amis et ses proches. Celui-ci obéit, prend les provisions de bouche nécessaires, et fait entrer avec lui des oiseaux et des quadrupèdes. Tout étant ainsi préparé, si on lui demande où il va, « Vers les dieux, répond-il, pour les prier de rendre heureux le genre humain, n

Or, exécutant les ordres de la Divinité, il construit un navire long de Ô stades et large de 2, puis, lorsque tout est disposé, il fait monter avec lui sa femme et ses enfants, auxquels il ajoute ses amis.

Le déluge survint, et ayant cessé peu de temps après, Xixouthros laissa voler quelques oiseaux qui, ne trouvant pas de nourriture ni un endroit

pour se reposer, retournèrent au vaisseau. Quelques jours après, Xixouthros fit de nouveau sortir d'autres oiseaux, et ceux-ci revinrent les pattes souillées de vase; enfin, sortis pour la troisième fois du navire, ils ne revinrent plus. Xixouthros alors comprit que la terre était desséchée; il ouvrit donc un des côtés de Tarche et voyant qu'il avait abordé sur une montagne, il sortit avec sa femme, sa fille et le pilote, adora la terre, et, construisant un autel, il offrit un sacrifice aux dieux. Puis, lui et ceux qui l'avaient accompagné disparurent et on ne les revit plus désormais sur la terre. Cependant ceux qui étaient demeurés dans le navire, ne voyant plus revenir Xixouthros ni ses compagnons , se mirent à leur recherche les appelant par leur nom; mais ce fut en vain, Xixouthros ne reparut plus à leurs yeux. Une voix semblable à la sienne se fit entendre, leur recommanda fortement de garder toujours la piété et la religion envers les dieux, et leur apprit que Xixouthros, à cause de sa piété et de son culte envers la Divinité, avait été transporté avec elle : que son épouse, sa fille et le pilote habitaient avec lui le même séjour. Enfin, la voix leur prescrivit de se rendre à Babylone, comme les destins l'ordonnaient, de prendre les écrits qui étaient à Sisparis et de les faire connaître dans la suite à tous les hommes. Ils devaient les trouver en Arménie. La voix se tut, les compagnons de

Xixouthros offrirent des victimes aux dieux, et de concert, se dirigèrent vers Babylone; ils déterrèrent les écrits enfouis à Sisparis, fondèrent des villes, érigèrent des temples et rebâtirent Babylone.

Abydène' rapporte la même tradition, avec les mêmes circonstances, mais plus en abrégé. Noé se retrouve encore dans ce que nous savons des Phrygiens, et sous un nom encore plus reconnaissable pour ceux qui savent l'hébreu, puisque c'est le nom même de .\aeli (en hébreu Noach) ou Noé un peu défiguré. Selon Suidas, les Phrygiens eurent uQ roi Irès-uncieu nommé Nannacus, qui, prévoyant un déluge, réunit les siens dans un temple ou dans un asile sacré ; Nawaxoï, TtaXaio;

ov^p, Sî TTpoeiSiïj^ tÔv fiEÂlôvTa )caTaxXuiTjj.ôv, aMviyafôtv

TKÎVtnî lîç TO ïlfOV, lAExi îaKpUMV ixiTElitTE. Voif SuldaS,

Ecoutons même lo Tarlare *. Une voix avait annoncé le déluge. Des hommes se renferment avec des provisions, la tempête éclate comme elle avait été prédite... Les eaux tombant sans cesse du ciel entraînèrent toutes les immondices dans l'Océan et puriGérent la demeure des humains.

• Euseb., Préparât, evangdic., lifa. IX, cap. ii.

• Traduit du Kalmouckpar laprolocope deStairopal. Malla- Brun. Précis de géographie, liv LX.

Traditions des Perses. — Les Perses avaient aussi conservé le souvenir d'une inondation universelle qui avait couvert toute la terre et fit périr le genre humain, à Texception d'un petit nombre de personnes. Ce déluge fut envoyé en punition des crimes de la terre. « Vetetum Persarum orthodoxi credunt diluvlum; idque fuisse univermle et totam terrant occupasse.., ex Zoroastris autem sententia aiunt, quod non fuisset dihivium, nisi propter iniquitatem et diabolica prmstigianequissimi hominis. Malcus (intelligunt Caïn), etc. » [Hyde, de Religione vet. Pers., cap. x, p. 171.] Ecoutez le persan actuel : « La lumière de Toschter (Ized de la pluie) brilla dans Teau pendant trente jours et trente nuits, et il donna la pluie sous chaque corps pendant dix jours. La terre fut couverte d*eau à la hauteur d'un homme... Ensuite toute cette eau fut renfermée * . »

Les Thibétains ont aussi conservé le souvenir d'une terrible inondation, et dans leur langage mystique ils la nomment déluge du temps.

« Boun Dehesch,

I£ DELUGE MOSAl'lJL'E.

Traditions des Egyptiens, — A la vérité, on ne connaît, en Egypte, aucune trace historique bien certaine du déluge ; cependant, dans les traditions, on voit des indications et un souvenir du déluge mosaïque. Manéthon nous assure que son Histoire de l'Egypte a été composée sur des mémoires gravés par le premier Mercure sur des colonnes avant le déluge. De plus, les prêtres égyptiens disaient à SoIoq qu'après certaines périodes de temps, une inondation envoyée du ciel changea la face de la terre, que le genre humain avait péri plusieurs fois et de différentes manières; c'était pour cela que la nouvelle race des hommes manquait de monuments et de connaissance des temps passés. Cette tradition est sans doute bien vague, mais nous pouvons cependant y voir que l'idée de la destruction des hommes, à une certaine époque, s'était conservée parmi les peuples de l'Egypte. C'était donc un fait universellement admis. Ou peut même retrouver dans le mythe d'Osiris et de Typhon, plusieurs traits remarquables relatifs à cet événement; mais comme ils ne nous paraissent pas certains, nous nous dispenserons d'en parler.

Quelques historiens ont voulu voir dans l'his-

toire primitive des Égyptiens, et dans ce qui regarde Thèbes surtout, l'histoire de Tarche de Noé (rarche en hébreu s'appelle THEBAH (nan), et dans Mènes * , le premier roi de l'Egypte, Noé lui-même. Guérin du Rocher, dans sou Histoire des temps fabuleux , adopte ces idées et les développe d'une manière fort ingénieuse.

Le nom de Menés, Mines ou Menas, est le nom même de Noé en hébreu (nT:), qui signifie repos. M n'est qu'une lettre servile au commencement du mot, comme dans Mnêé dérivé de Nuàh, qui signifie également repos. Les mots hébreux ayant été diversement prononcés, du seul nom de Mnéê on trouve formés trois noms de rois dans le livre de Juchasim ou des généalogies, cité par Bochart^ : le roi Manchœus, Menas et Ménachius.

Les Arabes qui, d'après l'Écriture, ont commencé par placer Mesraïm à la tête de tous les rois égyptiens, ont mis ceux-ci à la suite de Mesraïm, quoiqu'ils soient formés de Nuâh, Nach ou Noé, ou du dérivé de Mnêê, qu'on prononce Menuchah.

Les Egyptiens, dit Hérodote, ajoutaient que, du temps de Menés, toute l'Egypte, excepté le

* BafftXeti^at Se 'ïrpwrov avôpoicwv M^va. (Herod. 24.) » « Scriptum autem est in historiis regum Arabiae, primum -^Egypli regem fuisse Mesraim filiam Ghami... septimum ManchaBium, octavum Menam, nonum Menachium. » (Bochart, Phaleg, lib. I, col. 38.)

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