‹ Accoucheurs et sages-femmes célèbresChapitre 29 sur 42 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

Après que nous avons amplement déclaré, d'où est proceddée l'invention de ces saiges femmes ou belles mères, d'où est proceddé le premier malheur des femmes à leur enfantement, qui a causé l'eslection d'icelles saiges bestiolles, le commencement de leur corruption, par quelqu'une d'entr'elles faisant la bonne mesnaigère, et comment elle a commencé à forcer et violenter nature, la constituant par son ignorance en abominable corruption, par plusieurs accidens et nouvelles philosophies par elles controuvées et inventées. Reste maintenant les moyens par lequels il faut rembarrer, exterminer et abollir toutes ces abominables inventions et nouvelles philosophies de ceste saige pécore, et remettre les choses au premier ordre de nature, comme Dieu l'a ordonné. Et pour commencement, nous reprendrons la faulse et extropiatte comparaison de ceste nouvelle officière, laquelle elle a fondée sur un sac dedans lequel il y a une pierre de deux ou trois livres, par laquelle comparaison, ceste misérable meurtrière a fait mourir cent mil millions de millions de femmes et d'enfans à l'enfantement, ou bien tost après. D'autant qu'elle s'est forgé en son fol entendement, que tout ainsi que pour faire sortir la pierre du sac, il faut lever le cul du sac au haut et luy mettre la gueuUe contre bas, pour et afïin que la pierre, par sa pesanteur, sorte et lumbe du sac en terre. Aussi faut-il, dit-elle, lever le corps de la femme droit en haut, à celle fin que, l'enfant qui est en son ventre, par sa pesanteur, vienne à descendre et trouver droit le passaige, que Dieu et nature luy a préparé, ayant son ouverture contre bas.

O postérité ! postérité, voyez un peu, je vous prie, le malheur de cette folle et insensée bestiolle, et combien il y a de danger de faire et d'user de faulses et erronées comparaisons. Les petits vachers et bergers des champs estant bien interrogez sur ce fait, en ingeroient à la raison et à la vérité, par Pinstinct de nature seulement qui domine en eux, et diroicnt haut et clair que telle comparaison est faulse, car nature n'a point opéré en ce sac, luy donnant la vertu occulte, apéritivc et expulsive des choses qui sont dedans, sinon par le moyen de le renverser le cul au haut Mais quant à la

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femme enceinte, que Dieu, par sa divine providence, a tellement besongné en elle et en Tenfant, que l'heure de l'enfantement estant venue, nature garnie de ces deux vertuz, assçavoir de l'apéritive et de Pexpulsive, fait tellement ouverture à l'enfant, et le poulse hors du ventre, luy donnant sens et entendement, par vertu occulte, de se préparer luy mesme à sortir ainsi qu'il faut (comme aussi fait elle à tous les autres animaux de la terre) qu"'il n'est point nullement besoing de dresser le corps de la femme en haut. Laquelle^ combien que, entre tous les animaux femelles de la terre, elle seule ait le corps naturellement droict en amont, si est-ce néantmoins que quand l'heure de Tenfantement est venue, elle doit en cela ressembler aux autres animaux femelles de la terre, et avoir le corps couché tout à plat et de son long comme elle, à celle fin que, quand ces eauës alimentales, dont il a esté parlé cy dessus, sont esvaguées du ventre, Tenfant qui demeure là dedans au large, en sa chambre, laquelle nature lui a préparée par les vertuz occultes qui sont en luy, conduictes par la mesme nature, sa mère gouvernante, il se puisse tourner et virer tout à son aise, sans danger de tumber en quelque destroict, et prendre tout droit son chemin à la porte de sa chambre (passant par sa gallerie) et sortir gayement et heureusement sans destourbier, ainsi que font ordinairement tous les autres an maux de la terre.

Comment donc lajemme enceinte se doit préparer quand elle sent l'heure de son enfantement approcher.

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