A MONSIEUR HAUTAIN, MÉDECIN DU ROY
Quand ces grands Médecins furent entr'eux en peine, De choisir qui pourroit servir une grande Reyne, Hautain tout hautement donna sa voix pour moy ; C'est pourquoydu bonheur dont j'ay la jouyssance, J'en fay à tes vertus cette reconnoissance, Et le faisant ainsi, je fay ce que je doy.
Dans le liuitain suivant, elle prend elle-même la parole et lance cette fière apostrophe :
AU MESDISANT
Envieux, si tu as l'audace De t'attaquer à mes escrits, Fay moy paroistre en quelle place Tu as mieux fait que je ne dis.
Ma prattique n'est un langage, Ce sont véritables effects, C'est à son port faire naufrage, De parler sans venir aux faits.
Enfin, S. Hacquin, poète fort peu connu, lui adresse ce sonnet :
Que n'ay-je maintenant ainsi que je désire,
D'un Desportes mignard le langage affecté,
Que ne suis-je un Ronsard, ou bien que n'ay-je esté
Sur le mont d'Hélicon oîi Phœbus se retire ;
Afin qu'ayant appris la façon de bien dire, Plein de sainte fureur et de divinité.
Je peusse ce jourd'hui à toute éternité Marier tes vertus aux chansons de ma lire.
Muses, modérez-vous, n'aspirez point si haut, N'imitez point celui dont l'effroyable saut Eternise son nom par une chute étrange.
Vous ne possédez rien digne de son autel ; Pour louer cette Dame et son œuvre immortel. Il faut l'esprit d'un Dieu et la plume d'un ange.
Loyse Bourgeois rédigea, en un style qui n'est pas sans mérite, une Instruction à sa fille. Cette pièce, fort morale d'ailleurs dans le fond, nous donne quelques détails intéressants sur les mœurs tant soit peu corrompues de l'époque ; nous la reproduisons in extenso, en raison de son intérêt et de sa rareté.