ACHAT
Bien merveilleuse est la structure du cheval. Quiconque la considère attentivement à l'extérieur, sous le rapport physique, comprend très-vite la nécessité de pénétrer sous la peau et de faire connaissance avec l'admirable arrangement qu'on peut soupçonner à l'intérieur. Ce cheval vit, mais pour cela il travaille sans relâche : il se nourrit par l'appareil digestif et par l'appareil respiratoire, fonctionnellement liés l'un à l'autre par un autre appareil, celui de la circulation; il absorbe et rejette sans s'arrêter jamais; il reçoit et donne; il assimile efc perd une à une toutes les molécules de son organisation ; il marche; il crée des forces et les dépense pour en créer de nouvelles; il fabrique lui-même, à l'aide d'instru ments qui lui sont propres, tout ce qui est utile ou nécessaire à son existence, du sang, de la chair, de 1/ graisse, des os, etc., à la condition qu'on lui eu fournisse les éléments, les matières premières, dans une
alimentation appropriée; il va plus loin encore, il se reproduit lui-même par l'accouplement et la fécondation, et la femelle transforme une partie des substap<î<»s soumises à l'élaboration de ses organes en un liquide nutritif précieux, le lait, dont se nourrira son produit une fois sorti de la vie utérine... .
Quelques-unes des fonctions de l'économie s'accomplissent sous l'empire de la volonté; mais les plus essentielles, indépendantes de cette volonté, s'exécutent plus sûrement et plus complètement à l'insu de l'animal. C'est qu'au-dessus de toutes il y a un commandant en chef, un appareil dominant, celui de l'innervation, dont l'influence s'exerce ou s'impose par les nerfs, la moelle épinière et le cerveau. Centre et foyer, ce dernier préside à tous les actes de la vie.
Ceux-là ne savent point le cheval et ne sauraient le juger sainement, qui restent complètement étrangers à la connaissance de ces grands phénomènes. Cependant quelques notions rapides suffisent à la pratique; nous n'irons point au delà. Après s'être si longtemps occupée obscurément des dehors de l'animal, celle-ci a compris l'utilité d'un savoir un peu plus approfondi, la nécessité d'une recherche plus exacte. C'est qu'on ne trouve la lumière que là où elle est réellement. L'appréciation des qualités physiques n'offre de certitude que par l'alliance '\itelligente de la pratique et de la théorie.