‹ Achat du cheval, ou Choix raisonné des chevaux d'après leur conformation et leurs aptitudesChapitre 3 sur 15 · I. — l'appareil locomoteur · texte numérisé non relu

I. — l'appareil locomoteur

L'extérieur montre le cheval apparent, le cheval superficiel ; le squelette met en évidence le cheval profond et révèle en partie le cheval interne; l'animal vivant, qu'on nous passe l'expression, est entre les os et la peau,

entre la charpente qui le soutient et l'enveloppe qui le recouvre.

En effet, le squelette forme la charpente intérieure du corps ; il en consolide l'édifice, et en détermine la configuration et les dimensions. Résultant de l'ensemble des os, unis entre eux par les articulations, il est entouré par les muscles, sert de fondement à la machine et prête, ainsi que nous venons de l'établir , un appui solide à toutes ses parties; sans lui, il n'y aurait plus ni proporlions, ni forme, ni attitudes.

Les os et les muscles constituent ce qu'on nomme un appareil d'organes; ils sont préposés aux mouvements volonlaires : les os, comme instruments passifs ; les muscles, comme puissances actives de la locomotion.

Cette fonction est donc sous l'étroite dépendance de la disposition mécanique du squelette et de Faction musculaire ; elle comprend les diverses allures du cheval et tous les mouvements dont il est susceptible; elle est de plus intimement liée à la respiration et à la circulation, puis soumise comme tous les actes de la vie , à l'influence directe du cerveau.

Dans ses cavités, le squelette loge les organes les plus délicats ; il les enveloppe et les protège contre les violences extérieures qui en auraient à tout propos troublé les fonctions.

A cet effet, comme pour offrir aux muscles qui les font agir l'appui nécessaire aux mouvements, les os sont composés d'une substance dure et résistante; ils prennent et conservent la forme la plus propre à leur destination spéciale, à leurs usages particuliers. On les voit courts et épais, garnis de tubérosités nombreuses, là où les mouvements doivent jouir d'une grande liberté, comme à l'encolure, au genou, au jarret, etc. Alors les points arti-

culaires se rapprochent et se multiplient de façon que, si bornée que soit pour chacun l'étendue des mouvements, la somme totale en est pourtant considérable. Ailleurs ils sont plats ou aplatis et forment des boîtes, des cloisons protectrices pour le cerveau, par exemple, pour les organes de l'odorat, du goût, de l'ouïe, etc. Symétriquement rangés et contournés, ils constituent la cage de la poitrine pour oifrir aux principaux organes de la circulation et de la respiration un lieu sûr et abrité, le vaste espace nécessaire au plein et entier accomplissement des importantes fonctions qui leur sont dévolues ; ou bien ils s'épanouissent, comme à l'épaule, pour donner de larges surfaces d'implantation aux muscles volumineux que les besoins de la machine ont accumulés en certaines régions. Ils sont autres encore lorsqu'ils doivent servir de colonnes de support ou d'organes de progression; alors ils sont longs comme ceux du rayon supérieur des membres.

Ces derniers sont composés de colonnes brisées, fortement articulées les unes aux autres, destinées tout à la fois à soutenir le tronc et à le transporter dans tous les mouvements auxquels se livre l'animal.

Nous venons de dire comment on divise anatomiquement celui-ci pour en faciliter l'étude. Or, cette division est si simple et si naturelle qu'on l'a conservée dans ' l'examen de la conformation extérieure auquel nous allons nous livrer, par grandes masses, par régions importantes.

En revétissant les diverses parties du squelette , les muscles déterminent plus immédiatement le volume et la conformation de chaque partie du corps dont ils grossissent principalement la base, c'est-à-dire l'os. Ils se présentent en paquets distincts , très- différents par leur grosseur, par leurs formes, par la direction de leurs

fibres, intimement unies aux points qu'ils doivent mouvoir ou sur lesquels ils peuvent prendre leur appui, os, cartilage, peau, etc. Il en est qui s'appliquent sur l'os même dans toute leur étendue; d'autres qui les recouvrent, forment une couche moins profonde; il en est un plus superficiel encore, qu'on trouve précisément sous la peau ; vient ensuite cette dernière qui enveloppe le tout et porte la livrée particulière à chaque individu, son manteau, sa robe.

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