II. — l'appareil digestif
Le vulgaire ne sait de la digestion que son commencement et sa fin, l'ingestion des matières étrangères (aliments et boissons) et le rejet de celles qui n'ont point servi à la nourriture, à l'accroissement, et, par excédant, à la fabrication des divers produits propres à chaque espèce animale. Entre ces deux actes extérieurs, si l'on peut dire, il s'en accomplit d'autres dont les plus instruits seuls ont une connaissance approfondie. Nous ne voulons en donner ici que les notions les plus indispensables.
L'ensemble des organes qui concourent à l'accomplissement des actes de la digestion prend le nom d'appareil digestif. Celui-ci est constitué par un long tube contractile qui commence à la bouche et finit à l'anus. Par la première ouverture, sont introduites les matières alimentaires ; par l'autre sont expulsés les résidus du travail de tout l'appareil.
De la bouche à l'estomac, sont accomplis des actes préalables qui facilitent beaucoup les phénomènes digestifs. Ainsi la nourriture est saisie, déchirée, divisée, triturée par les dents, imprégnée de salive, déglutie et portée dans le premier renflement de l'appareil, dans ce sac par-
ticulier qu'on nomme l'estomac. Là, les matières ingérées subissent une transformation spéciale qui les réduit en une pâte molle ou semi-liquide; c'est le cJujme.
A la suite de l'estomac, commence la masse intestinale qui s'étend et se loge dans l'abdomen, c'est-à-dire dans la cavité du ventre, sous forme d'un canal, offrant dans sa*^ longueur une suite de rétrécissements et de dilatations, dans lesquels passeront successivement les matières alimentaires chassées de l'estomac dans les premières parties de l'intestin et conduites de celles-ci dans les suivantes par un mouvement vital qui n'est point soumis à l'empire de la volonté.
On le sait déjà, cette course à travers l'intestin n'est pas seulement affaire de forme, une simple formalité ; la nature ne fait rien sans motifs et toutes ses lois ont un but bien défini. Les matières iiip^érécs sont travaillées sans relâche dans toute l'étendue du canal digestif qui nous pré-, sente un exemple frappant de la division du travail.
En effet, un seul organe, si complet qu'on le suppose, n'aurait pu suffire à la tâche, longue et pénible, de convertir du foin, de la paille, des grains, un aliment quelconque, en une masse homogène ; il en eût éprouvé une extrême fatigue ; il en fût résulté une extrême lenteur dans l'accomphssement d'une fonction aussi compliquée. Aussi trouve-t-on des organes spéciaux préposés à chacun des actes nombreux qui concourent à la digestion; de là cet ensemble d'instruments dissemblables, qui tous on leur tâche, toujours la même, pour l'accomplir opportu nément, régulièrement, sans labeur excessif.
Ceci revient à dire sans doute qu'il faut s'inquiéter de savoir si chez le cheval dont on veut faire choix, tous les organes de l'appareil digestif sont en bon état et peuvent fonctionner au plus grand profit de la maciiine, à la
/•éparation et au bon entretien de laquelUe ils ont été particulièrement dévolus. Nous dirons plus loin à quels signes extérieurs on peut s'en rapporter pour juger de la condition bonne ou mauvaise des organes digestifs.