‹ Achat du cheval, ou Choix raisonné des chevaux d'après leur conformation et leurs aptitudesChapitre 5 sur 15 · III. — l'appareil respiratoire · texte numérisé non relu

III. — l'appareil respiratoire

Le résultat utile de la digestion est la transformation des aliments en chyme, de celui-ci en chyle ou fluide nutritif, et l'expulsion en temps voulu du résidu excrémentitiel. On ne parviendrait pas à faire consommer de nouveaux aliments à l'animal qui ne se débarrasserait pas régulièrement de ceux qu'il aurait précédemment ingérés. De nouvelles rations ne succèdent à d'autres que lorsqu'elles ont été digérées ou dépensées. On ne peut remplir que ce qui n'est pas plein, de même qu'on ne parvient point à emplir ce qui se vide dans une proportion exagérée. Ici, on le voit, surgissent des questions d'appétit normal ou de voracité qui sont bonnement des indices de santé ou des symptômes de maladie, indices et symptômes dont il faut savoir tenir compte.

Le résultat utile de la digestion, disons-nous, est la transformation des aliments en fluide nutritif.

Porté au cœur, mêlé au sang, poussé dans le poumon où il se trouve en contact avec l'air qui a pénétré dans cet organe, le chyle devient lui-même du sang.

Ces phénomènes s'accomphssent sous l'influence de la respiration au moyen d'un nouvel appareil d'organes que, pour cela, on nomme respiratoires, cela va de soi.

C'est un acte important que celui de la respiration; nous voulons qu'on le sente bien afin qu'on sache à quel point sont nécessaires, chez le cheval, la bonne conformation et l'intégrité des organes qui en sont chargés. Il

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met, répétons-le, il met en rapport le chyle et l'air atmosphérique. Par suite,, le chyle estmodifié, vivifié, complètement approprié à la nutrition, car tel est le rôle essentiel qui lui appartient dans l'économie vivante.

L'appareil respiratoire, placé à l'avant de la machine, ne dépasse pas les profondeurs de la cavité thoracique, de la poitrine; il fait contrepoids à la masse principale des organes digestifs qui occupe une partie de l'arrière, la cavité du ventre. L'appareil de la digestion a deux orifices; celui de la respiration n'offre qu'une seule et même issue à fintroduction et à la sortie de l'air nécessaire aux fonctions respiratoires. C'est que les actes digestifs doivent s'effectuer d'une manière continue, sans retour possible sur elles des matières ingérées, tandis que la respiration s'accomplit par des actes alternatifs d'inspiration et d'expiration qui se succèdent et permettent à l'air, parver^i dans le poumon ei qui a rempli son office, d'en sortir en suivant en sens inverse les mêmes voies que celles qu'il a déjà parcourues pour pénétrer dans les dernières ramifications de ce qu'on appelle les bronches. De la sorte, l'appareil pulmonaire, qui commence aux narhies, se continue par un tube qui arrive aux poumonsdans lesquels il se divise à l'infini pour constituer les bronches. A l'extrémité de celles-ci il n'y a plus rien. Dans l'inspiration, l'air pénètre dans toutes, mais l'expiration l'en chasse. Tel est le mécanisme de la respiration. Dans le premier mouvement, les parois de la poitrine sont soulevées, sa cavité est agrandie; dans le second, les parois s'abaissent et le diamètre de la poitrine diminue d'autant.

On a comparé ce double résultat à celui du soufflet qu'on agite : l'air se précipite entre ses parois, éloignées l'une de l'autre; il en est expulsé quand on les rapproche. Dans l'instrimient inanimé, le cuir permet aux parois de

s'écarter et d'opérer cotre elles un vide que l'air occupe aussitôt ; dans la machine vivante, c'est le diaphragme qui remplit l'office du cuir. Il y a encore cette différence que, dans le soufîïct, l'air pénètre dans une poche unique, tandis que, dans la poitrine, il emplit des myriades de petites poches, toutes les vésicules pulmonaires. Dans le soufflet, l'air n'a aucune fonction particulière, il est aspiré et chassé, rien de plus; dans la poitrine, il joue le rôle considérable que nous avons dit.

Il faut de bons aliments, des nourritures appropriées pour obtenir de bons résultats digestifs ; il faut un air pur et salubre pour que le résultat des actes respiratoires soit profitable à l'entretien de la vie dans sa régularité et dans son amplitude; mais les deux fonctions seraient incomplètes ou languissantes si leurs instruments étaient défectueux, frappés d'une activité moindre que celle réclamée par les besoins mêmes de l'animalité. C'est moins le volume que la parfaite intégrité des organes digestifs qui concourt aux bonnes digestions; le grand développement des organes respiratoires n'est pas moins essentiel que leur état sain et normal à l'entier accomplissement de la tache incessante qui est la leur.

Le ventre est souvent trop gros ; souvent il tombe trop^ suivant l'expression usitée : jamais, au contraire, la poitrine n'est trop spacieuse. Si le volume du premier peut nuire à la somme des services qu'on attend d'un moteur animé, les vastes dimensions du thorax en accroissent toujours, et dans toutes les circonstances, les aptitudes quelles qu'elles soient.

Ces quelques mots font assez pressentir que nous devrons nous appesantir beaucoup sur l'étude de la confor' :iBmion du thorax dont les conditions, bonnes ou mauvaises, exercent une si grande influence sur la valeur absolue

des individus. Mais ce point viendra naturellement en son

lieu et en sa place, un peu plus bas.

IV — l'appareil circulatoire.

La théorie de la circulation importe moins à la prati que, nous nous y arrêterons peu.

La circulation est le mouvement par lequel le sang est porté du cœur dans toutes les parties de l'économie et reporté de celles-ci au point de départ.

Ce grand acte s'accomplit au sein de l'organisme dans un double but : pour distribuer à chacun de ses points, sans en omettre aucun, les matériaux nécessaires à sa nutrition, et pour en extraire ceux qui doivent être éliminés, en même temps que ceux qui doivent être vivifiés et revivifiés par la fonction respiratoire.

Le cœur est l'organe central de la circulation. Il est mis en communication avec toutes les parties du corps, avec tous les organes et tous les tissus, par deux ordres de vaisseaux, — les artères et les veines. Celles-ci, vaisseaux centripètes, rapportent au centre, au cœur, le sang qui en avait été emporté par celles-là, qui sont les vaisseaux centrifuges du système circulatoire.

Le sang, nul ne l'ignore, est le liquide charrié, transporté, dans le but que nous venons de dire et qu'un physiologiste célèbre explique en ces termes : « Le mouvement circulaire a pour usages de soumettre le fluide altéré pai le mélange de la lymphe et du chyle au contact de l'air dans les poumons (respiration) , de le présenter à plusieurs viscères qui lui font subir divers degrés d'épuration spéciale (sécrétions)^ et de le pousser vers les organes dont la partie nutritive animalisée , perfectionnée par ces actes

successifs, doit opérer l'accroissement ou réparer les pertes (nutrition). »

Le rôle des organes circulatoires est fort simple. On s*en formera une idée fort juste en les comparant à ces manœuvres qui, dans une vaste manufacture, d'où sortent des produits de toute espèce, sont employés à porter les matériaux aux ouvriers chargés de la fabrication; et de même que, parmi ces derniers, il en est qui perfectionnent, qui épurent les matières mises en œuvre par d'autres, ainsi les poumons et les glandes secrétoires sont incessamment appliqués à séparer du sang tout ce qui est trop hé térogène à la nature de l'animal pour s'identifier avec ses organes , s'assimiler à leur propre substance , ou les nourrir.

Le sang est le résultat de toutes les absorptions, de tout ce qui pénètre dans la machine par toutes les voies, par tous les pores : par les organes de la digestion, par ceux de la respiration, par la surface de la peau. De là vient que la richesse ou la pauvreté du régime, que les qualités de l'air, etc., exercent sur les êtres une influence si prépondérante ; de là vient que les propriétés du sang, ses caractères physiques , sa composition intime varient avec la race et suivant les climats.

On appelé le sang de la chair coulante. Si admirée qu'ai été cette expression, elle est tout au moins incomplète nous allions dire inexacte. En effet, le sang, c'est plus qu de la chair coulante, c'est la trame organique tout entier à l'état liquide; tous les solides, tous les tissus, quels qu'ils soient, ne sont que du sang modifié: l'os, le muscle, le tendon, la graisse, la salive, les larmes, la bile, l'urine, le lait, la corne, les poils, que sais-je? tout est venu du sang, tout est incessamment réparé, renouvelé par le sang.

Etudié dans ses propriétés particulières sur les races chevalines, on l'a trouvé, chez les familles nobles ou pures, plus riche, plus chaud, plus puissant qu'il ne se montre dans les races inférieures. Celui qu'on a examiné à ce point de vue et qui avait été pris à des chevaux qualifiés de pur sang, conserve plus longtemps, une fois extrait des vaisseaux qui le contiennent, sa fluidité, les caractères de la vie; il résiste plus aux causes de destruction physique, de dissolution de ses éléments divers. A l'analyse chimique il offre l'élément aqueux en moindre proportion, les composés salins plus abondants et des globules plus nombreux, toutes choses données en témoignage d'une nature plus riche, plus généreuse.

La question de race a donc son prix et ne doit point être oubliée dp.ns la recherche intelligente des qualités et des aptitudes du cheva^- Celui-ci ne vaut, cela est tout simplement l'évidence, que par ce que valent ceux-là; or, le sang, principe de toutes choses dans l'économie animée, source génératrice et reproductrice de toutes les molécules de l'être vivant, lui donne assurément, incontestablement, sa force ou sa faiblesse, ses divers degrés de puissance active, de résistance ou de vitalité. Ceux qui n'ont pas admis ce fait, c'est maintenant la minorité, n'ont pas une seule raison, même spécieuse à lui opposer. Il faut bien passer condamnation et se rendre quand on on est à bout de raisonnement, quand toute objection est devenue impossible.

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