PITRE H
Recourbées et un peu tordues sur leur longueur, les incisives se montreni — « aplaties d'avant en arrière à leur sommet; épaisses dans tous les sens vers leur milieu, ^- aplaties encore mais d'un côté à l'autre, de gauche à droite, en approchant de l'extrémité de la racine (grav. 2). Par suite de cette disposition, cela va de soi, la partie apparente de la dent change successivement dans sa forme à mesure que le cheval vieillit ou que l'organe s'use, c'est tout un (grav. 3).
Quand elle vient d'acquérir tout son développement, la dent offre, dans sa coupe longitudinale, l'aspect de la gravure 4. Le bord extérieur B est mis en contact avec la mâchoire opposée ; le bord intérieur B' , moins élevé, n'est pas
/ Pi.. . Le cornet doiUaire
encore expose au irottement, dei'incisive
, ,, , . de leuiplaceiiient.
a 1 usure par conséquent.
Au milieu de la partie supérieure, qui s'appelle la table, entre les deux bords que nous venons de désigner, se remarque une cavité G, connue sous le nom de cornet dentaire : la matière noire qui emplit cette cavité se nomme germe de fève.
Aussi longtemps que le bord B de la dent nouvelle n'est pas parvenu à la hauteur des dents qui ont poussé avant elle» l'usure est impossible : dès qu'il commence à frotter, la dent subit sa première modification!
Grav. 41.
<;îi
La deuxit'iiie modification a lieu quand, par suite de l'usure, le bord B est descendu au niveau du bord intérieur B' ; alors celui-ci frotte et s'use à son tour. Bientôt le pourtour de la table est entamé ; le cornet dentaire est au centre, occupé par le germe de fève.
Cependant cette dernière substance, ne se renouvelant pas, diminue à mesure que la dent pousse et s'use par son extrémité libre.
Une troisième modification de la dent apparaît quand le sac C, qui contient le germe de la fève, est usé, c'està-dire quand la table ne présente plus à Tobservateil c qu'une couche d'ivoire presque unie. Alors le cheval arasp.
Grav. 5. — Les incisives du poulain. «îu Irmtîcnie au quarantième jour
En tout cela, le lecteur ï-d eï^mpris, il ne s'agit que des incisives; nous ne parlerons plus des autres dents.
En naissant, le poulain n'apporte pas d'incisives. Les pinces percent la gencive à quinze jours ; les mitoyennes se montrent à un mois; les coins ne sortent qu'à huit mois (grav. 5).
A un an, les pinces ont rasé, elles ont donc éprouvé jusqu'à leur troisième modification; les mitoyennes en sont à leur deuxième ; les coins arrivent seulement à leur première et sont encore intacts.
jO chapitre II.
A deux ans, les miloyeiiiies ont rasé; les coins isont à leur deuxième modification; les pinces commencent à se déchausser, signe d'une chute prochaine.
En effet, de deux ans et demi à trois ans, les pinces de remplacement ont chassé les dents de lait; les coins ont rasé, les mitoyennes se déchaussent (grav. 6).
De trois ans et demi à quatre ans, les pinces de remplacement sont à leur première modification ; les mitoyennes caduques ont fait place aux dents persistantes; les coins ne tarderont pas à tomber.
Crnv. 6. — Les incisives de deux ans et demi a trois ans.
De quatre ans et demi à cinq ans, les pinces en sont à leur deuxième modification et les mitoyennes à leur première seulement; les coins de remplacement percent les gencives. Dès qu'ils ont atteint le niveau des mitoyennes, la denture est complète : on dit que le cheval a tout mis (grav. 7).
Il entre alors dans une période nouvelle, celle de la plus grande valeur commerciale. Les incisives forment, à cet âge, un demi-cercle parfait dont la régularité se modifiera pea à peu^ "lais profondément avec les années.
A six ans, les pinces en sont à leur troisième et les mi-
toyennes à leur deuxième modification; les coins n'usent encore que leur bord extérieur (première modification), le bord intérieur est intact.
Grav. 7. — Le clicval prenant cinq ans.
Les incisives de la mâchoire inférieure se présentent alors comme en la gravure 8 : les pinces PP ont rasé et le germe de fève a disparu pour toujours, les mitoyennes MM ont nivelé leur bord intérieur, et le germe de fève se montre au centre du cornet dentaire; enfin les coins GG n'usent encore que le bord extérieur, l'autre est dans toute sa fraîcheur.
Grav S. — La mâchoire inférieure du cheval de six ans.
A sept ans, les pmces et les mitoyennes ont rasé; les coins en sont à la deuxième modification et, seuls, conservent encore le germe de fève.
A huit ans, la marque, c'est-à-dire le germe de fève, a disparu dans toutes les incisives de la mâchoire inférieure; on dit que le cheval a rasé (grav, OJ. On disait autrefois, à cause de cela, l'animal hors d'âge. On en sait un peu plus long aujourd'hui. D'ailleurs, toutes les incisives de la mâchoire supérieure portent encore le germe de fève.
A neuf ans, il a, à son tour, disparu dans les pinces supérieures, qui ont rasé : les pinces et les mitoyennes inférieures présentent une forme ovale déjà un peu rétrécie. Les coins s'épaississent, mais la forme circulaire de la mâclioirc est encore bien accusée.
Grav. 9. — Les incisives inférieures a nuit ans.
A dix ans, les mitoyennes supérieures cessent de marquer; à l'autre mâchoire, les pinces commencent à s'arrondir, les mitoyennes et les coins ont encore beaucoup plus de largeur que d'épaisseur .
A onze ans, les coins supérieurs rJà marquent plus ;* en bas, les mitoyennes s'arrondissent, mais les coins sont ovalaires (grav. 10).
A douze ans, le rasement est complet : les pinces infénejiires sont rondes, et les coins de la mâchoire supérieure suni fortement échancrés.
A treize ans, la mâchoire ijiférieure montre les mitoyenii^^i rondes, et les coins, très -épaissis, présentent une forme ovoïde assez exacte.
Grav. 40. — Les incisives inférieures k onze ans.
A quatorze ans, les coins s'-arrondissent , comme les mitoyennes à treize ans, et comme les pinces à douze {grav. llj.
Grav. H. — Les incisives inférieures k quatorze ani.
A quinze ans,toutes les incisives inférieures sont encore rondes; l'aspect de la mâchoire est très- modifié; l'arc â&
cercle forme tout aU plus un huitième de circonférence (grav. 12;.
Grav. 12. — Les incisives inférieures a quinze ans.
A partir de seize ans, les dents passent successivement et par paires par la forme triangulaire d'abord (grav. 13)
Grav. 18. — Les iooisives inférieures à dix-huit ans.
et ensuite par la dernière forme, celle qui est qualifiée de biangulaire (grav. 44^, pour arriver au dernier terme (grav. 15J.
Passé quinze ans, la détermination exacte de l'âge est -chose beaucoup moins importante que la constatation de
de son état actuel bien plus propre à faire apprécier d'uiie manière certaine son degré d'utilité, la somme des services qu'il est encore capable de rendre en dépit de ses années. L'apparence générale, la condition des membres offriront alors des données plus sûres que l'inspection des dents; la véritable vieillesse vient moins du temps que de la ruine et de la destruction successive de tous les organes. Beaucoup de chevaux sont vieux, c'est-à-dire incapables, dès l'âge de douze ans, mais on en voit aussi de quinze et seize ans dont la membrure est solide, dont la poitrine est
Grav. 14. — Les incisives inférieures de vingt a vingt-cinq ans.
saine, dont l'œil est ardent, et dont l'état de conservation promet encore d'excellents et longs services.
Chez les animaux de bonne souche qu'on a toujours bien nourris, qu'on n'a point surmenés, l'âge a souvent produit des effets salutaires en condensant les parties solides de la machine, en les faisant plus résistantes; mais la vieillesse est venue prématurément chez une foule d'autres qu'on n'a pas su ménager, ou dont on a abusé avant la maturité.
La question d'âge n'a donc rien d'absolu.
Avant de passer outre, nous devons nous occuper de certains cas exceptionnels qui rendent la détermination uo
l'âge un peu moins aisée que lorsque la dentition est régulière.
Parfois le cornet dentaire ne disparaît pas aux époques que nous avons indiquées. Cette anomalie vient ou de l'excès de profondeur du cul-de sac du cornet (grav. 4 C) ou d'une usure beaucoup plus lente par suite de l'excessive dureté de la matière dont les dents sont formées.
Les chevaux chez lesquels se présente cette irrégularité sont dits bégus.
Les incisives du cheval bégu, nous le répétons, port eii<
Grav. is. — macnoire intérieure du cheval arrivé a rextiôme vieîiiesse.
toutes le germe de fève; toutes s'arrêtent à la deuxième modification et montrent leur pourtour nivelé. Il en résu' ï que les pinces marquent cinq ans et les coins sept b\s.hk est l'anomalie; l'irrégularité est flagrante et dé- /oilée. Un autre indice la décèle chez l'animal bégu par défaut d'usure, la longueur disproportionnée des dents.
Il n'y a pas de cheval bégu avant six ans, et encore ne sera-t-il bégu à cette époque que pour les pinces ; il le devient pour les mitoyennes à sept ans, et à huit ans poui les coins.
Certains chevaux appuient et frottent leurs incisivesi
contre les crèches ou tous autres corps durs, qui se trouvent à leur portée : ils usent ces dents en biseau. Ce sont des tiqueiirs; ils ont le tic avec usure des dents^ défaut non rédhibitoire par cela seul, qu'il est apparent.
II y a des chevaux qui avancent^ qui paraissent à la dent plus âgés qu'ils ne sont réellement, par la perte anticipée de la marque. Cela tient ou à ce qu'il ont été nourris exclusivement au sec, d'aliments très-durs, ou à ce que, chez eux, la matière dont les dents sont formées a offert moins de résistance au frottement.
En général, quand il y a désaccord entre l'âge réel et l'âge apparent, il y a lieu de s'en tenir aux indications des dents les plus jeunes qui offrent moins de chance d'anomalie : les coins, on le sait, sont plus jeunes que les mitoyennes, et celles-ci plus jeunes que les pinces.
Il est prudent, enfin, de contrôler les indications même les plus précises fournies par la mâchoire inférieure, par les signes que fournit aussi l'examen des incisives supérieures.
Mais voici venir la fraude et les ruses du maquignonnage. Tantôt on vieillit un jeune cheval pour lui donner une valeur marchande qu'il n'a point encore, tantôt on veut rajeunir le vieux cheval en donnant à ses dents les signes d'un âge depuis longtemps passé.
On parvient à vieillir de dix-huit mois à deux ans, le jeune cheval auquel on arrache les pinces à dix- huit mois, ies mitoyennes à deux ans, ou les coins à trois ans. On peut déjouer cette fraude par T examen attentif des dents les plus jeunes.
Etant présenté un cheval de dix-huit mois dont les pinces ont été arrachées et qu'on veut faire passer pour cheval de trois ans, on remarquera que les mitoyennes caduques portent encore le germe de fève ou viennent
seulement de le perdre; que les coins caducs sont à leur première modification, le bord intérieur étant encore au-dessous du bord extérieur. Ce n'est pas là un cheval de trois ans dont les coins caducs devraient avoir complètement rasé et à plus forte raison les mitoyennes.
Chez le cheval de deux ans auquel on a enlevé les mitoyennes pour lui donner trois ans et demi, on verra que les coins portent encore le germe de fève et marquent seulement l'âge vrai, deux ans.
On arrache les coins à trois ans pour indiquer de quatre ans à quatre ans et demi. On y serait facilement trompé si on ne se rappelait pas ceci : à quatre ans, les mitoyennes de remplacement doivent avoir presque tout leur développement tandis qu'elles n'ont pas encore paru à trois ans, ou du moins qu'elles viennent tout au plus de surgir.
Toute extraction prématurée se trahit par l'absence, dans la cavité laissée, du bord antérieur de la dent de remplacement.
Les dents qui viennent remplacer des dents arrachées sont plus petites et moins régulièrement conformées que les autres; par suite la denture ne présente pas, à cinq ans, sa forme circulaire parfaite.
Il existe un moyen de faire pousser prématurément les coins de remplacement sans arracher les coins caduques. Il consiste à donner fréquemment dans les gencives de légers coups de lancette : l'avance peut-être d'une année entière; on a souvent recours à cette pratique en Angleterre pour vendre comme ayant cinq ans de jeunes chevaux de quatre ans.
On emploie plusieurs moyens aussi pour rajeunirles dents ou le cheval. Le premier est une sorte de contre -marque à laquelle on procède de la manière suivante : à l'aide d'un burin, on pratique dans la table de la dent une cavité que
Ton noircit avec un fil de métal rougi au feu ; on entend, par là, imiter le germe de fève. Cette fraude est facile à reconnaître : si habilement pratiquée qu'elle ait été, la cavité factice se distingue toujours par l'absence de l'émail qui circonscrit le cornet dentaire extérieur.
Un piège plus grossier consiste à scier une partie des dents qui sont restées trop longues et qui, par cela même, sont un indice de vieillesse. On déjoue la ruse en examinant la bouche fermée, car alors les incisives ne peuvent se joindre.
h' Auge est ce vide plus ou moins large, plus ou moins creux, qui existe à la face postérieure de la tête, entre les os qui forment la base des ganaches.
Cette partie doit être parfaitement évidée, nette et profonde. Quand elle est étroite et serrée, la tête est certainement difforme ou tout au moins défectueuse, longue, étroite elle-même, souvent busquée. Alors les fosses nasales ont peu de développement et, par continuité, la poitrine est serrée, peu spacieuse. Dans les conditions opposées, les grandes proportions de l'auge témoignent en faveur des grandes dimensions de tout l'appareil respiratoire. L'auge est ainsi faite chez les chevaux qui ont la tête carrée et une grande puissance d'haleine. Conséquente dans toutes ses œuvres, la nature observe avec soin les mêmes rapports, soit dans les conformations les plus accomplies, soit dans les structures imparfaites. Nous insistons beaucoup sur se point parce qu'il importe qu'on soit bien fixé sur la loi d'harmonie générale qui relie entre elles toutes les grandes fonctions de la vie.
Pour en finir avec la tête, nous avons encore à nous occuper de sa position et de ses dimensions. Dans leur ensemble, celles-ci résultent de la configuration et du volume propres aux diverses régions qui la constituent,
de leur disposition respective ; l'autre dépend du mode
d'union de la région avec l'encolure.
La position verticale retient les allures qui sont à la fois lentes e.t raccourcies. A l'époque actuelle, on recherche trop la vitesse pour faire de cette position une beauté, une qualité, puisqu'elle n'a par elle-même aucun avantage.
Au repos, on considère que la tête est bien attachée quand son union avec l'encolure présente un sillon peu profond, qui permet un libre mouvement entre ces deux parties. Alors, la tête est aisée dans toutes ses actions; les premières voies respiratoires n'éprouvent aucune gêne et le mors se maintient convenablement sur les barres pour produire en tout son effet utile.
Il ne faut pas oublier que la tête est la région sur laquelle on agit tout d'abord quand on veut imposer une direction quelconque aux actions dont la machine entière est capable, une impulsion déterminée aux forces qu'elle crée et qu'elle est appelée à dépenser au profit du maître. C'est la tête qui reçoit les pièces de harnachement dont se compose l'appareil de gouverne^ et l'animal se sent dominé dès qu il en est pourvu. La bride, tenue par une main intelligente, le rend obéissant et maniable, prompt à suivre et à exécuter la volonté du conducteur quand elle lui est transmise avec quelque habileté; le mors, placé dans la bouche et posé sur les barres, est un moyen de soumission très -sûr, à moins que son effet se fasse sentir avec maladresse ou bien à contre-temps.
La tête, on le voit, joue dans les actes de la locomotion, un rôle considérable, par les attitudes variées qu'elle prend ou qu'on lui inflige. Portée en avant ou en arrière, de gauche à droite ou de bas en haut, elle déplace d'une manière très-notable le centre de gravité de la machine; mais dans ces actions très-diverses elle ne fait ^ue
wivre les mouvements de Y encolure qui la joint au tronc.
^ette seconde région forme avec la première, qu'elle apporte, un balancier dont nous venons d'indiquer 'usage et qui prévient la chute dans tous les mouvements rapides ou excessifs. Le cheval qui tire avec force porte la tête et l'encolure en avant, pour avancer le centre de gravité et faire équilibre, autant que possible, à la résistance fixée au collier. Aux allures relevées, la tête est haute pour rejeter le poids du corps en arrière et soulager le train antérieur, l'avant-main.
En cela pourtant, l'encolure agit plus encore par sa longueur que par son poids, aussi et bien qu'en théorie on ne soit pas d'accord sur la convenance de la longueur de l'encolure, il y a lieu de remarquer que plus la tête est légère plus l'encolure s'allonge en général. Il en faut chercher la mesure dans ses rapports avec les autres parties du corps, en ayant égard aussi aux aptitudes de l'animal, au genre de service auquel sa conformation le rend propre.
Les chevaux appelés à des travaux rapides doivent avoir l'encolure plus longue et plus légère que ceux dont la destination est le trait plus ou moins lent. Chez ces derniers, la région doit être plus courte, plus épaisse, plus lourde, autant pour faciliter par son poids le tirage que pour offrir au collier un certain nombre de points de contact favorables à son effet utile sur les résistances à vaincre. Chez les chevaux de selle ou d'attelage rapide, toutefois, l'encolure remplit à un degré bien autrement élevé l'office d'un bras de levier puissant. Par la liberté, par la variété et l'étendue des mouvements, ce bras de levier contribue activement, à affermir les diverses attitudes qu'une locomotion hardie et précipitée impose à tout moment à la machine entière.
Résumons-nous : la longueur de l'encolure est une con-
ditîon de structure favorable chez le cheval destiné aux vives allures en tant qu'elle coïncide avec un développement proportionnel des masses musculaires, sans quoi elle surchargerait l'avant-main de son poids et du poids de la tête, multipliée par sa longueur. La brièveté, compagne inséparable de sa masse, est une défectuosité, un inconvénient, quand on recherche une grande vitesse, parce qu'elle est une condition défavorable au déplacement du centre de gravité et à l'étendue d'enjambée des membres antérieurs ; mais elle est un avantage à son tour, 5i elle n'est pas par trop exagérée, pour le service du trait au pas, car elle offre, nous l'avons constaté, de nombreux et solides points de contact à l'appareil du tirage, à l'appui du collier. Quant à sa direction, qui varie beaucoup aussi, la direction droite est bien celle qui favorise au plus haut degré la fonction importante que la région remplit dans la machine animée.
C'est le bord supérieur de l'encolure qui porte la crinière, longue et soyeuse, lourde à la main dans les races distinguées; plus courte et plus rare sur les races moyennes ; épaisse et touffue chez l'espèce commune où elle est quelquefois double, c'est-à-dire tombante sur les deux faces de l'encolure et ouverte par le milieu qui se salit alors aisément et devient difficile à nettoyer.
La partie opposée est principalement formée par la kachée-artère ou canal aérien. Elle est d'autant plus large ijue la trachée-artère est plus grosse, que les voies respiratoires sont plus vastes au-dessus ou au-dessous d'elle.
Considérez donc son grand développement comme une beauté extérieure.
B. B.e cie<N«ius. — Très-usité dans la langue parlée, ce mot n'a point encore eu les honneurs d'un chapitre écrit. Nous l'employons à dessein pour désigner la ligne supé-
Tienre du corps, qui a pour base le milieu de la tige vertébrale, ce qu'on appelle encore, en arrière du garrot, la colonne dorso-lombaire.
Nous trouvons là un groupe de trois régions importantes, qui se suivent, le garrot^ le dos et les reins. Ce nouvel ensemble fournit de précieuses indications sur le degré de résistance que l'animal offrira dans sa carrière, selon qu'il portera un cavalier, le poids des brancards d'une lourde charrette, ou qu'il devra être seulement appliqué au tirage sans transport à dos. Le dessus ne se montre pas toujours le même dans sa direction. Tantôt la ligne s'incline légèrement en arrière du garrot, puis se continue droite pour se relever quelque peu vers la croupe qui, nonobstant, reste plus basse que le garrot ; d'autres fois le sommet de la croupe se montre exactement au niveau du sommet du garrot, et le degré d'inclinaison de la ligne supérieure, entre ses deux points extrêmes, varie davantage ; d'autrefois enfin, l'inclinaison est en sens contraire de celle que nous avons signalée d'abord, et la ligne de dessus va en descendant de l'arrière ù l'avant, d'où résulte plus d'élévation à la croupe et moins de hauteur au garrot.
La première conformation, le garrot plus élevé que la croupe, permet au cheval de porter le cavalier avec moins de fatigue, car l'élévation des parties antérieures rejette une portion de son poids sur l'arrière ; la seconde, le garrot plus bas que la croupe, décharge l' arrière-main et lui laisse plus de liberté et de force pour pousser la machine en avant et la faire progresser plus vite ; la troisième enfin, le garrot et la croupe sons le même niveaic, équilibre les puissances sans rien enlever à aucune.
Cette simple différence implique une grande diversité dans les formes, et cette diversité vient uniquement de ce
que l'une des parties de la machine domine sur l'autre. Située entre l'encolure et le dos, la petite région, appelée le garrot^ a pour base les apophyses épineuses des cinq à six vertèbres qui suivent celles du cou. Sur elles viennent s'attacher, comme à autant de bras de levier, un grand nombre de puissances musculaires et de cordes ligamenteuses ou tendineuses, résistantes ou élastiques. Le degré d'élévation de ces branches osseuses fait que le garrot est 6«s ou bien sorti. Toutes les conditions de sa beauté sont là. La hauteur implique un port élevé de la tête, et un jeu hbre des mouvements de l'épaule, elle allège l'avant-main par la plus grande perpendicularité donnée aux masses musculaires qui agissent sur le bras de levier de l'encolure, et par la plus grande étendue de contraction qui en résulte pour les muscles qui se rendent à l'épaule. Chez le cheval, au contraire, dont le garrot ne forme pas de saillie proéminente au-dessus des épaules et demeure, comme on dit, noyé dans les chairs, ni l'encolure ni la tête ne peuvent prendre une attitude élevée. Alors, elles pèsent sur l'avantmain; l'épaule a peu de liberté, ses mouvements sont raccourcis; l'animal est bas du devant^ conformation défectueuse pour le service de la selle en ce qu'elle rend l'animal lourd à la main et pesant dans ses allures. Le harnais est difficilement maintenu sur le dos et charge encore davantage les membres antérieurs dont la tâche n'est déjà que trop pénible à remplir. Aucun de ces inconvénients ne se produit lorsque le garrot est élevé. Le garrot bas est souvent contusionné, l'autre se défend efficacement contre toutes les causes de meurtrissure auxquelles celui-ci reste exposé. C'est en général sur le cheval de sang que cette région est le mieux conformée, c'est-à-dire proéminente, sèche ou même tranchante. Dans l'espèce de trait, elle acquiert rarement beaucoup de hauteur, mais
celle-ci ne lui était pas nécessaire au même degré, car le cheval de trait n'a pas besoin d'une attitude de tête aussi haute, ni d'une liberté d'épaules aussi grande. L'emploi de limonier doit néanmoins faire repousser l'animal au garrot trop bas, ou empâté, à raison de la fréquence des accidents qui prennent le nom de mal de garrot.
Nous rencontrons ici une nouvelle application de cette loi de rapports ou d'harmonie dont nous avons déjà parlé, car la belle conformation du garrot n'est jamais isolée. Elle accompagne toujours une épaule longue qui n'existerait pas sans une grande hauteur de poitrine, tandis que le garrot noyé, rond et charnu, accuse généralement des formes lourdes et empâtées, une épaule courte et chargée, etc. Un garrot élevé n'est pas seulement l'apanage des familles chevalines nobles, il est aussi un signe de force, bientôt confirmé par l'aspect de toutes les formes, qui se montrent anguleuses et très-accentuées. Il ne faut rien chercher de semblable chez les chevaux au garrot peu saillant ; ils ont au contraire les formes potelées et molles, et tous les contours arrondis.
Le dos occupe le centre de la ligne du dessus, entre le garrot et le rein, que nous trouverons bientôt à la suite. Il reçoit la selle et le poids du cavalier, la sellette et la dossière qui porte les brancards, ainsi que le harnais particulier à la bête de somme, le bât. C'est donc cette région qui ressent le premier etîet du fardeau quelconque, dont on charge un quadrupède, le cheval en tête. A ce titre, elle a besoin de réunir toutes les conditions de solidité et de souplesse nécessaires à l'entier accomplissement du rôle qui lui est dévolu.
Ici, comme dans toutes les parties essentielles de la machine, la belle conformation varie avec le genre d'aptitude. On rftcherchft avec raison Ip do«^ phi«; lonaf ch^r, lo
;heval aux allures rapides, et le dos plus lourd chez Faninal de gros trait, apte seulement à cheminer au pas. Mais ces considérations ne se rapportent qu'à l'étendue de la région dans le sens de la longueur ; on ne la trouve jamais ni trop large, ni trop musculeuse ; mais elle affecte parfois d'autres directions que la ligne droite. Ce point reste à examiner.
C'est par cette partie et par le rein que, pour une grande part, se transmet à l'avant-main la puissante impulsion de l'arrière chez l'animal en mouvement et en travail. L'action transmise le sera dans des conditions d'autant meilleures que la colonne vertébrale sera plus droite ; en cas de déviation, il y aura nécessairement décomposition de force, un résultat amoindri. Sous le rapport mécanique, la ligne supérieure représente une tige appuyée seulement par ses extrémités. C'est vers son milieu qu'on Ja charge du poids du cavalier ou d'un tout autre fardeau. Plus elle sera longue, plus elle fléchira. Son degré de résistance le plus élevé sera dans sa brièveté, comme sa faiblesse sera en raison de sa longueur. Quand elle a fléchi, lorsqu'elle s'est incurvée de façon à montrer le dos concave, on dit le cheval ensellé ou. creux du dos. Cette imperfection, souvent congéniale, indique peu de résistance ; elle coïncide avec un autre défaut qui affecte les rayons inférieurs des membres, et qui est désigné par l'expression long jointe. Long de corps et long jointe vont de pair, comme la conformation opposée des mêmes régions. Cependant, Vensellement est aussi le fait de la vieillesse ; il apparaît plus vite chez le cheval long de corps qu'on a pcoamment chargé en le livrant trop jeune au travail.
La ligne convexe du dos présente une disposition do beaucoup préférable, à raison de la force de résistance :]}x\ est plus grande dans la forme en voûte. Celle-ci est
DE LA CONFORMATION EXTÉRIEURE, particulièrement favorable aux chevaux de bât, mais moins avantageuse à ceux qui doivent dépenser leur activité à de vives allures sans être astreints à porter un poids quelque peu lourd.
On recherche quelquefois les chevaux ensellés parce qu'on les considère comme ayant les réactions moins dures et devant moins fatiguer le cavalier. C'est dans une autre ordre d'idées et de faits que se trouvent la souplesse et la douceur des mouvements. Le cheval devenu creux sur le dos, par usure, n'est point une monture agréable et qui puisse porter mollement ; il n'est pas moins dur dans ses actions qu'un autre ; c'est même bien souvent le contraire : le Hant et la souplesse résultent de l'ensemble de la conformation, et non des conditions particulières d'une seule partie du corps.
La région du rein correspond à la précédente qu'elle continue ; elle a pour base les six vertèbres lombaires et les muscles qui les recouvrent. Ces muscles ne sont pas moins importants par leur masse que par leurs usages,
La direction, la forme, la richesse de structure du rein participent beaucoup des bonnes ou mauvaises conditions du dos. L'ensellement de celui-ci entraine plus ou moins l'affaissement de l'autre ; la convexité du rein accompagne toujours ce qu'on appelle dos de mulet ou dos de carpe : par contre, la belle conformation de cette région favorise la solide structure du rein qui alors se présente suivant une hgne assez droite, bien soutenue, et sous une forme assez large, indice certain de force et de résistance. Au surplus, les deux divisions présentent dans leurs avantages ou leurs inconvénients, dans ce qui constitue la beauté ou l'imperfection, les mêmes conditions, et nous venons de les établir. Il en est de même de la longueur, mais le rein doit offrir plus de surface que le dos et se
montrer large. On le veut droit ou du moins non concave, afin que l'action des muscles de la croupe arrive plus directement et soit plus puissaniment transmise aux parties antérieures ; on le veut aussi court, large., musculeux, pour qu'il ait force et résistance, pour qu'il puisse supporter avec plus d'aisance et plus longtemps les fardeaux à porter ou à traîner : on le veut enfin assez souple pour que, légèrement pincée sur l'épine lombaire, la colonne fléchisse instantanément sous les doigts. En cas d'insuccès, il est raide et dénote l'usure. Le rein concave est appelé bas et mou; il peut être lié à la croupe qui le limite en arrière ; alors il est mal attaché^ et le point de jonction forme une ligne de démarcation qui n'existe pas dans la belle conformation , enfin il est long, étroit, ou faible, et ces épitliètes emportent avec elles leur véritable signification, laquelle, malheureusement, n'implique que des conditions d'infériorité. Chez les chevaux dont le rein est ainsi fait, les accidents, les efforts, sont assez fréquents. Alors les mouvements de l'arrière manquent d'aisance ; la démarche n'est pas très-régulière ; la croupe se berce d'un côté à l'autre ; il y a faiblesse, et le rein se refuse soit à traîner, soit à porter un fardeau moyen au delà d'un certain laps de temps ou d'un certain parcours.
Nous étions autorisé à dire, en commençant Tétude de ce groupe, que la ligne du dessus a beaucoup d'importance et joue un rôle considérable dans la machine animée.