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cabinet le droit de se faire obéir lorsqu'ils sont mecontens de la besogne. L'on peut consulter MM. Durameau, Robert, et Jollaîn. Si j'eprouvois plus de déférence, je n'en etois pas plus content.
La seconde clause absolue, c'est que tout le travaille du restaurateur, se fera dans le cabinet au Louvre. Le local est magnifique.
Anciennement^ Monsieur le Comte, la mère de feu M. Godefroy restauroit en société avec un nommé Coleins (1). Ils travailloient dans l'atelier de M. Coypel, devenu aujourd'huy le logement de M. Vien. On les transporta dans le lieu où M. Godefroy vient de mourir, et Coleins étant mort, la veuve Godeffoy resta seule maîtresse du vaste atelier, s'y pratiqua un logement tel quel.
Le fils de M. Godefroy mort hier a 23 ans, a été à la petitte école, a gagné des médailles, mais en suivant le cours des études dans Fart, il s'est peu occupé de restauration.
n reste après avoir nommé un restaurateur, 4 s'oocuper du logement. Les artistes auxquels vous avez promis positivement la première vacance sont MM. Renaud, Perrin, Sauvage et Hûe.
(1) Ce Coleins, qui paraît être d'origine flamande, ne nous est pas tout à fait Inconnu. C'est lui qui eut rhonneur de repeindre la tête de Vio du Gorrëge, décapitée par la pudique main du due d'Orléans. Cette restauration fut jugée si savante, que les poëtes mêmes applaudirent. On trouvera dans le Mercure (avril 1750, p. 130) de mauvais vers à la louange de Coleins.
Je n'auray donc point Thonneur de vous faire aucune proposition , car il est à votre choix absolu de décider entre quatre paroles données et une seule grâce à accorder.
Quant à la veuve, vos bontés prononceront; je pense neammoins que le plus favorable pour le moment, seroit un à-compte sur le peu qui est dû à feu son mari.
Je suis, avec un profond respect^ Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissaut serviteur,
Pierre .
Monsieur le Comte voudra bien m'envoyer ses ordres pour la levée des scellés, afin que je me concerte avec M. Bartouilhe.
Je ne puis aller que demain aux Gobelins.
La seconde lettre que nous venons de reproduire ne présenterait qu^un assez mince intérêt, si elle ne nous donnait l'occasion de dire un mot d'un artiste dont on a peu parlé et qui fut cependant le plus employé parmi les restaurateurs de tableaux du règne de Louis XVL Adressée à M. le comte d'Angivilliers, elle nous indique la date de la mort d'un peintre dont le nom manque à tontes les biographies. Joseph-Ferdinand-François Godefroy, qui, ainsi que nous l'apprend la lettre de Pierre, mourut dans la soirée dn 14 décembre 1788, avait commencé, avant de réparer les tableaux des autres, par faire de la peinture pour son propre compte. n n'y réussissait d'ailleurs pas très-bien, s*il faut s'en rapporter aux deux œuvres que nous montre de lui Féglise Saint-Nicolas-
des-Ghamps. D^Argenville n*a pas manqué de les décrire : « Le tableau d*autel (de la chapelle de la Communion) qui représenle saint Charles communiant les pestiférés à Milan^ et le Père éternel, placé dans Tattique, sont d'un peintre nommé Godefroy. » (Voyage pittoresque. G* édition, 1778, p. 191 .) Thierry, visitant six ans après la même chapelle, n'y signale plus que le Saint Charles Borromée, qu'il désigne comme Tœuvre. de a M. Godefroy, jeune artiste qui donne de grandes espérances. » (Almanach du voyageur, 1784, p. 451.) Si Thierry eût levé la tête, il eût parfaitement aperçu le Pèi^e éternel qui, peint sur la muraille même, a été protégé contre les hasards des déplacements et s'étale encore aujourd'hui au-dessus de l'autel, dans sa gloire moins lumineuse que jaunie. Je remarquerai d'ailleurs en passant que Thierry, se recopiant chaque année, continue, dans les éditions successives de son livre, à représenter Godefroy comme un jeune homme qui ne cesse pas de donner « de grandes espérances. » La phrase se trouve répétée presque dans les mêmes termes dans sa dernière description de Paris, tel qu'il était avant la révolution (I, p. 344), qui ne parut qu'en l'an iv de la république, c'estrà-dire alors que le pauvre Godefroy était déjà mort depuis des années.
Le Pè7*e éteimel, dont nous venons de parler, le Saint Charles: Borromée, — aujourd'hui placé dans l'une des chapelles latérales de Saint-Nicolas-des-Ghamps, — sont des peintures fades, lavées, déteintes, telles qu'en faisaient à cette date les derniers disciples de l'école qui allait mourir. Nul comme artiste, Godefroy ne fut jamais pris au sérieux que comme restaurateur de peintures. Il parait s'être signalé dés 1781 parla réparation des tableaux qui ornaient alors la nef et les transepts de Notre-Dame, a Messieurs du chapitre, dit Thierry, ayant ordonné la restauration de ces tableaux... en ont chargé cet artiste, qui, après s'en être acquitté avec toute l'intelligence possible, a fait une description détaillée de ces tableaux et du mérite des maîtres qui les ont peints. On y trouvera un parallèle de Le Sueur avec Raphaël. Cet article est savamment fait, etc. D {Paiis tel qu'il était, I, 90.) La description de Godefroy, dont Thierry avait cité un fragment dans une de ses éditions précédentes, fut imprimée chez la veuve Hérissant, im-
primeur de Téglise de Paris, rue Neuve-Notre-Dame, à la Croixd'or.
Ce premier travail, heureusement achevé, paraît avoir attiré sur Godefroy Tattention de la province. Nous voyons en effet qu'en 1783, le chapitre des chanoines de Téglise Saint-Pierre de Montpellier ayant à faire rentoiler et réparer le grand tableau de ta Chute de Simon le magicien^ de Sébastien Bourdon, « fit venir de Paris M. Godefroy, peintre, avec M. Hennequin, habile restaurateur. » (Atger. Considérations philosophiques sur Ut vie et les ourvrages de S. Bourdon, In-8<», 1818.)
A partir de cette date, nous ne savons plus rien de Godefroy, sinon qu'il fut chargé de restaurer les tableaux du roi, et qu'il jouit à ce titre d'un des logements de la cour du Vieux-Louvre. Quant à son talent de peintre, le Saint Charles Borromée de Saint- Nicolas-des-Champs nous apprend le peu de cas qu'il en faut faire : quant à son habileté en matière de restauration, il ne serait pas impossible d'en retrouver des traces dans les tableaux de Notre-Dame; mais ces choses sont véritablement trop peu graves pour que les Archives de l'Art français consentent à s^en occuper plus longtemps.
lIOPOLD ROBERT.
Lettre communiquée par M. Jules Boilly.
H. Delécluze écrivait en 1838, dans sa Notice sur la vie et les ouvrages de Léopoid Robert, qu'on pourrail faire trois intéressants volumes des lettres de cet illustre et malheureux peintre à son ami H. Marcotte d'Argenteuil. Dix ans plus tard, M. Feuillet de Couches composait sur Léopoid Robert, sa vie, ses œuvres et sa correspondance, un gros volume charmant, bardé à toutes les pages d'extraits de ses lettres à MM. Brandt, Navez, Schnetz, Raucb, Marcotte, Raczynski, à M"*" Huguenin-Robert sa sœur, à Gérard, etc. Déjà M. Charles Lenormant, dans son volume sur le baron Gérard, avait publié de Léopoid toutes les lettres qu'il avait trouvées dans la correspondance du premier peintre du Roi. M. Jules Boilly veut bien nous fournir à nous aussi la bonne fortune d'une lettre inédile; et nous avons d'autant plus d'empressement à la mettre au jour que quelques mots écrits sur la marge de cette lettre par M. le comte de Forbin, nous donnent une occasion nouvelle de montrer le tact avec lequel ce noble directeur général des Musées savait, dès leur apparition, distinguer les talents réels, et la sollicitude généreuse avec laquelle il suivait leurs progrès.
Léopoid Robert avait exposé pour la première fois en 1822. L'Improvisateur napolitain, qu'il envoya en compagnie de quelques tableaux de moindre importance, avait déjà dû être exposé en 1822, sous son premier titre, ou, pour mieux dire, sous sa première forme projetée, Corinne au cap Misène; le sujet figura au Livret, mais le tableau ne parut pas au Salon, et ce n'est qu'en 1824 qu'il fut réellement exposé. Ce fut le premier des grands tableaux de Léopoid Robert; tous ses biographes donnent l'histoire des hésitations et des transformations de cette peinture. On connaît assez la composition définitive par les gravures de MM. Z. Prévost et Joubert.
Rome» ce 23 juillet I82i.
Monsieur^
J'ai l'honneur, Monsieur le comte, de venir vons prier de vouloir bien permettre l'introduction de quelques-uns de mes tableaux à l'exposition du Salon qui va avoir lieu : mon ami, M. de Beauvoir, est chargé de vous les présenter. Monsieur. A la dernière exposition, on a bien voulu accueillir mes premières productions avec bonté, et il m'en reste une marque bien flatteuse. C'est ce qui m'a engagé à envoyer quelques nouveaux ouvrages ; si on y remarque quelques progrets, je serai bien récompensé. Le seul qui m'appartienne, et qui est plus grand que les autres, est une scène .prise aux environs de Naples; c'est un vieux marinier napolitain qui chante entouré d'habitans des isles.
Le repos de deux pèlerins dans la campagne de Rome. — Chevriers des Apennins dans la plaine de Rome. — Deux religieuses de Tordre de Sainte-Thérèse, effrayées du pillage de leur couvent par dés Turcsi. — Un brigand mourant. — Un brigand en prières avec sa femme.
M. Desplan, mon ami, me marquoit dans une lettre que je reçus il y a peu de tems, que vous aviez bien voulu lui parler de moi, Monsieur, d'une manière trèsobligeante ; permettez-moi de vous témoigner ma vive
reconnaissance, et de vous prier de me conserver votre bienveuillance.
Tai l'honneur d'être, Monsieur le comte, avec un profond respect , votre très-humble et obéissant serviteur.
Léopold Robert.
 Monsieur le comte de Forbin, Directeur-Général des Musées de France, à la Direction du Musée au Louvre.
M. de Forbin avait écrit en marge de cette lettre :
J'ai vu avec admiration les derniers ouvrages de M. Robert; ils ne peuvent qu'ajouter à l'éclat de l'exposition. Je, me hâterai d'appeler sur lui l'intérêt du gouvernement.
Le comte de Fobbui.
7 août 1824.
MCMJIS PODSSM.
Lettre communiquée par M. Chambfy.
Enfin, — et j*en remercie de tout coeur la bonne grâce de M. Gbambry , — je puis offrir aux lecteurs des Archives une lettre inédite de Nicolas Poussin. Ce n'est pas là une petite fortune; car dès que le public connaîtra les deux lettres à Tabbé Nicaise, qui demeurent encore cachées, m'est avis que les pièces inédites de récriture du Poussin deviendront tout à fait rares. Ceux de nos amis qui jugeraient d'ailleurs par la suscription de celle-ci qu'elle s'adresse à un correspondant nouveau du Poussin, commettraient une grosse erreur, et laisseraient voir qu'ils n'ont pas en mémoire très-fratcbe les lettres adressées depuis le 7 janvier 1641 jusqu'au 18 septembre 1643, à l'un de ses plus anciens et de ses plus fidèles et intelligents prolecteurs, le commandeur Gassiano del Pozzo. On y trouve en effet que Gassiano del Pozzo sollicitait une certaine nbbaye de Gavore en Piémont, nommée par Ughelli dans son Italia sacra : Sancta Maria de Caburro. Poussin, plein de zèle pour les intérêts de son patron et bienfaiteur, entrevoit dès la première de ces lettres qu'il peut faire recommander celte affaire par M. de Noyers, et la lettre à Gbantelou, datée de Paris, le 11 juin 1641, est consacrée tout entière à lui développer, avec une ardeur et une insistance inusitées, les titres et les droits du chevalier del Pozzo à l'abbaye de Gavore : a Monsieur (1), vous m'avez honoré de trois
(1) En transcrivant cette lettre, je n'ai pas seulement pensé à l'affaire de l'abbaye de Gavore, mais à une autre de plus d'importance encore, qui est celle de la correspondance même du Poussin, telle qu'elle a été publiée par H. Quatremëre de Quincy. J'ai voulu donner un échantillon du vrai style de Nicolas Poussin et faire toucher aux yeux de nos lecteurs les singulières libertés qui ont été prises avec les formes, voire avec le fonds des lettres du maître. Il nous serait trop facile de retourner contre M. Quatremëre la phrase du Poussin, citée par le savant académicien dans la préface de son édition : a J'ai vécu avec des personnes qui ont bien su m'entendre par mes ouvrages, n'étant pas mon métier de savoir bien écrire. » — Le respect du texte et des façons de dire du
de vos lettres dont les deux dernières sont datées du 2 et 5 juin. Par la première, j'ai admiré la vertu et grande hardiesse de M. Gasion {de Gassion), Mais la souvenance que vous avez de Taffaire de M. le chevalier Dupuis oblige tout le monde le plus porté à faire du bien à faire des grâces au jour de mérite {aux gens de mente ?). Véritablement il ne saurait vous arriver un plus beau sujet pour exercer votre vertu et montrer votre crédit que celui-ci. Tout fraîchemeni j'en ai reçu des lettres que pour lesquelles il me prie de vous faire souvenir de sa juste cause et de la favoriser. Vous aurez, je crois, entendu ses raisons et s'il a Monseigneur les considérations. Je crois qu'il {ne) lui semblait {pas) chose peu convenable que une grande fête {faveur) du Pape {allât) demouvemens propres, à un serviteur effectif du cardinal son neveu, et qui mérita de le servir dès le commencement du pontificat, n'ayant eu jusqu'à maintenant aucune récompense, sinon bien petite, et ne trouvant aucun empêchement à la grâce reçue, étant sujet originaire de Savoie, avec l'avoir eu un frère qui servit personnellement le duc de Savoie, mari de Madame, cependant qu'il vécut et en paix et en guerre, où il perdit la vie, outre qu'il servit à Rome les Ambassadeurs de Savoie de 1611 ; jusques à présent et tout ensemble et en même tem« s'est toujours {montré) notre très-dévot des Ministres de la France et de notre nation, jusque à un tel signe qu'au commencement du Pontificat, après avoir été appelé au service du Palais, il se trouva quelqu'un qui procura qu'il en fût exclu, disant qu'il était trop français, et qu'il n'était pas convenable de mettre auprès d'un ne-
peintre était d'autant plus facile que lui-même par ces mots faisait bon marché de sa correction d'éerivain» et que les ambages et les italianismes, dont fourmillent les lettres aux Gbantelou, donnaient un accent de plus et un accent très-curieux à sa grave parole. M. Quatremère de Quincy s'est, je crois, trompé dans son parti pris d'élégance et de purisme. Quant à moi, préférant Poussin luimême ^ux plus correctes traductions de son langage, j'espère publier prochainement une édition nouvelle de toutes les lettres du Poussin, et j'apporterai à ce travail, s'il platt & Dieu, la fidéUté la plus scrupuleuse, et tous les pieux respecU dont est digue un si grand nom.
Pb. db Gh.
veu de Pape une personne qui fût tant instruite que à notre nation et bien vu des Ministres de celle, d*où il manqua peu quMI nous reçut quelque affront, à cause de quoi il semble que ce soit une chose bien dure et peu convenable que une grâce ainsi bien qualifiée ne puisse subsister, mais doive céder à un abbé, lequel, outre qu'il est assez pourvu par les grâces qu'il a reçu en Piémont, mais encore ici il peut recevoir de Sa Majesté à toute heure parle moyen de son Émincnce tout ce que ses espérances peuvent apporter, parce qu'il est en un pays où les vacances sont opulentes et infinies pour en pouvoir être pourvu quand il plaira à S. M. Mais si l'on Ole audit chevalier Dupuis ce que si justement il lui prévient, quand et où il a espié récompense, étant les occasions rares en Piémont, et de celles là moins auxquelles il se trouve qu'on ait Futilité avec un titre honorable, comme est celui de l'Abbaye de Cavore, étant le pontificat passé tant outre, que, de beaucoup de centaines d'années en ça, l'on n'a point de mémoire d'un plus long, lui ôte l'espérance d'un tel bien à venir ; et, s'il propose le présent, il est obligé ainsi faire parce que, s'il méprise une grâce à lui faite si plaine d'affection et de bonne volonté du Pape, lequel, après l'avoir honoré, joint des paroles telles qu'il en demeure obligé plus que par le don de l'abbaye. Sa Sainteté même pourrait avoir un juste prétexte de (ne) penser jamais plus à lui faire aucune grâce. Je vous assure, Monsieur, que si ledit chevalier Dupuis, votre trèsaffectionné, estime ladite Abbaye, il estime d'autant plus sa réputation, laquelle est en cela ici si fort engagée qu'il ne se peut plus, dans les fêtes du succès de fortune. Employez-vous donc, Monsieur, pour l'amour d'un si honnête homme, et pour une si juste cause, pour la protection d'un chevalier qui toute sa vie a été si dévot serviteur de Sa Majesté et de notre nation. C'est bien une véritable que le plus grand obstacle qui l'empêche la jouissance de la provision de ladite Abbaye ne vienne des recommandations d'ici faites contre lui.
« S'il plaira à Monseigneur, lui donner quelque aide, il conviendra faire que les Ministres auxquels Ton désignera d'écrire à Turin, pour le service dudit chevalier, et recommandations de ses intérêts, tant l'abbaye que pour quelque peu de stable qu'il y a en
ladite ville de Turin, dit U signer Francesco^Maria Borgerello, duquel on aura toujours connaissance parle moyen des pères Jésuites, dudit lieu, que celui-là selon le besoin aura soin de tout ce qui sera nécessaire. » Il paraîtrait, par la date de la lettre que nous publions, que Taffaire avait été poussée chaudement, et qu'on la tenait dès lors pour réussie, puisque le Poussin, à la fin d'octobre 1641, s'adressait à del Pozzo en le qualifiant d'un titre à la poursuite duquel a sa réputation était tellement engagée, qu'il ne pouvait en sortir honorablement que par le succès. » Et cependant, trois mois après, Poussin écrivait encore au commandeur : « Je vous dirai que dernièrement en faisant vos compliments à M. de Chanielou, je lui donnai votre lettre, qu'il reçut avec beaucoup de plaisir, et l'occasion se présentant de parler de votre abbaye, il me dit qu'il étoit vrai que M. de Noyers avoit essayé de parler plusieurs fois au cardinal de cette affaire, mais qu'il n'avoit pu rien obtenir de décisif, à cause des lettres écrites d'ici par le Roi et par ledit cardinal en faveur de Mondino, lesquelles ne permettoient pas qu'on révoquât la première demande ; qu'il n'y avoit pas d'autre moyen de faire obtenir à V. S. ce qu'elle désiroit, que de donner audit Mondino le premier bénéfice vacant, et que celui-ci, en conséquence, vous cédât ses prétentions. 11 ajouta que le cardinal Barberino en avoit écrit au cardinal Mazarin... » — Il n'en est pas moins certain par Ferd. Ugbelli {Italia sacra, édit. prima, Romae, 1644-1662, t. III, p. 591 ; édit. secunda, Yenetiis, 1718, t. III, p. 490) que Gassiano del Pozzo obtint peu après son abbaye de Gavore : « Equestris ordinis S. Stephani nobîlem, divitemque commendam instiluit (Garolus-Antoniu? a Puteo, archiepiscopus Pisanus), Puteanae suae gentis jus patronatum fecit, quam hodie tenet Eques Gassianus Abbas S. Hariae de Gaburro, monim suavitate, eruditione, exaggeratisque virtutibus vir illustris, filius Antonii Gassiani primi Pedemontis praesidis filii, et Garoli-Antonii archiepiscopi consobrini, magnorum Hetruriae ducum Ferdinandi I et Gosmi II supremi octo virorum magistratus, Hetruriaeque militiœ generalis auditoris. » — Le 3* volume de Vllalia sacra fut imprimé en 1647. Donc six ans après les négociations du Poussin, le commandeur Gassiano était devenu bien réellement il signer Abbate di Cavore.
Quant à la confiante recommandation que, dans notre lettre, Nicolas Poussin fait de sa famille, restée à Rome pendant ce voyage honorifique à Paris, qui fut pour lui comme un temps d*exil, — elle se trouve répétée dans plusieurs autres lettres, au commandeur Cassiano del Pozzo, voire même à son frère Carlo-Antonio ; à celui-ci il écrivait de Paris, dès le 6 janvier 1641 : « Je vous recommande mes petits intérêts et ma maison, puisque vous avez bien voulu vous en occuper pendant mon absence, laquelle ne sera pas longue, si je le puis ; » le lendemain, il écrivait au commandeur : rc Je vous prie de prendre toujours sous votre protection mes petits intérêts ;... » le 18 avril, au même : « Je vous prie avec instance de vouloir bien continuer les soins que vous prenez de ma maison. » Que le Poussin ait consacré spécialement notre lettre à recommander de nouveau les siens à la protection de Cassiano del Pozzo, cela prouve je ne sais quelle inquiétude extraordinaire, Fun de ces méchants rêves peut-être qui vous agitent dans les mauvais jours, dès qu'on se trouve à si grande dislance de qui Ton aime. — Et par la dette, quMl s'excuse de ne pouvoir acquitter encore, il faut entendre sans doute « le petit ouvrage du Baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain qu'il lui avait laissé à terminer, » et auquel, en septembre 1641, « il ne lui avait pas encore été: possible de donner un coup de pinceau. »
LETTRE DE P0USS?N.