PRÉVÔT DES BATIMENTS DIT BOI
Commimiquée par M. Duohesne aîiîé (1) et annotée
par M. Paul Mantz.
"Natoire n^a pas de biographie. Le "Nécrologe, qui donne pourtant adle à tant de renommées douteuses, Ye laissemourir sans honorer d*un regret la mémoire de ce peintre, qui avait été pendant vingttrois ans directeur de TÉcoIe de Rome, et qui avait rempli son siècle du double retentissement de sa gloire d'artiste et de ses mésaventures judiciaires. Uauteur des Mémoires secrets (t. X, p. 307) annonce «a mort, mais sans s*en émouvoir beaucoup, et parmi les journaux qui ne poussent pas la discrétionjusqu'à Toubli, presque tous imitent le continuateur de Bachaumont. Quant à Papillon de la ferté, qui aurait volontiers consacré deux pagesà Natoire, il achève sa compilation en 1776, un an trop tôt pour que le peintre, encore vivant, puisse trouver place dans un livre où les morts seuls ont leurs entrées. Les renseignements imprimés qui nous restent sur le célèbre académicien sont donc pauvres et rares.
Aussi ne sera-ce pas une médiocre fortiyie — pour ceux du moins que le xviii'' siècle intéresse — que la précieuse communication dont la bienveillance de M. Duchesne aîné, conservateur du cabinet des Estampes, permet à M. de Chennevières d'enrichir les
(1) Les notes de M. Paul Mantz, qui connaît sa chronique secrète des arts au xviit* siècle mieux qu'homme au monde, vont faire ressortir tout le piquant anecdolique de la correspondane'e de Natoire ; mais nous ne voulons céder à personne, pas môme à notre ami, le soin de remercier chaleureusement le savant auteur de VEssai sur les Nielles de l'important cadeau qu'il fait à notre recueil.
Ph. de Ci.
Archives de VAri français. Ce que M. Duchesne donne aujourd'hui aux Archives, ce n*est rien moins eu effet que la correspondance intime de Natoire avec son aïeul Antoine Duchesne, prévôt des bâtiments du roi : curieuses lettres assurément que celles où Natoire se raconte ainsi lui-môme, et nous initie, dans le laisser-aller d''une confidence amicale, à ses travaux d'artiste, à ses ambitions mal satisfaites, à ses inquiétudes de tous les jours, en même temps qu'à la vie et au mouvement de ce petit monde où son talent l'avait fait entrer.
On connaissait mal Natoire, on le saura par cœur lorsqu'on l'aura lu. Quanta Antoine Duchesne (né en 1708, et mort en 1795), les lettres qu'il reçoit et celles qu'il écrit montrent en lui un fervent amateur des arts, que ses fonctions de prévôt des bâtiments du roi mettaient en relation constante avec les plus célèbres architectes du temps. C'était d'ailleurs un homme curieux des belles choses, un esprit lettré, et nous savons qu'il avait eu le dessein d'écrire une longue Histoire de l'architecture.
Le manuscrit que M. Duchesne aîué, son petit-fils, a bien voulu confier au directeur des Archives porte en tête, de la main d'Antoine Duchesne, cette indication incomplète : « Letresde M. Natoire de Rome, t75l, 1752, 1753, 1754,1755,1757, 1760 et 1761. » C'est de lui aussi que sont les lignes qui servent de préambule au recueil et où il a consigné, sur la famille et les origines de son ami, quelques détails ignorés. Quant aux deux pièces et aux lettres qui suivent, elles n'ont pas besoin d'un long commentaire. De courtes notes suffiront pour éclairer les points obscurs : sans nous attarder davantage, nous laisserons donc la parole à Antoine Duchesne et à Natoire.
Charles Joseph Natoire, né à Nismes, le trois mars mil sept cent, baptisé le huit dud. tire son origine de Lorraine , d'une famille honêle et catholique.
Son ayeul Natoire etoit médecin.
Florent Natoire son Père, vivant et âgé de 84 ans en 1751 , né à Nanci a été élevé à Paris, où il a apris
rarcliitecture et la sculpture qu'il a exercées à Nismes pendant lontems. Il y fut consul en Tannée 1723.
Sa famille nombreuse occupe actuellement dans diferens lieux de la Province des emplois distingués dans les arts, dans le service et TEtat ecclésiastique.
Charles Natoire est venu à Paris en 1717 pour y étudier la Peinture sous les professeurs de l'Académie royale, etc. (1).
IVaissance de la Priacesse qae Madame la Danphine
vient de mettre aa monde.
Sujet allégorique, par Charles Natoire.
Ce tableau a 6 pieds de hauteur sur 4 pieds 8 pouces de large.
La Déesse Junon, accompagné d'Iris, sa messagère et du Paon qui lui est consacré vient de remelre
(1) Pour compléter les renseignements recueillis par Ant. Duchesne, il convient de rappeler que, parmi les professeurs de TAcadémie, ce fut surtout Lemoine qui eut Thonneur de former Natoire. P'abord le jeune artiste, fidèle à une manière qu'il devait modifier plus tard, remporta le prix de peinture en 1721, et son tableau de concours est le premier de la curieuse collection que conserve Técole des Beaux-Arts. Arrivé à Rome, Natoire y fit merveille, et, dés 1726, nous le voyons obtenir le premier prix deTAcadémie de Saint- Luc, sur un tableau qui représentait JAoxse apportant les tables de la loi. De retour à Paris, il prit part aux expositions de la place Dauphine, et fut reçu le 31 décembre 1734 à TAcadémie de peinture, où il remplit successivement les fonctions d'adjoint à professeur (1733), de professeur (1737), et de recteur. S'il n'obtint pas de grades plus élevés, c'est que sa nomination de directeur de l'école de Rome l'enleva aux honneurs académiques. A l'heure où commence sa correspondance, Natoire va avoir cinquante ans ; il a produit ses œuvres les plus applaudies : il lutte avec Carie Vanloo dans le genre sérieux ; dans le dessus de porte avec Boucher.
la Princesse naissante entre les bras de THimenée, qui comme un gage de sa fécondité la présente à la France. Elle est assise sous un arc de triomphé, ayant à ses cotés un Guerrier belliqueux pour marquer le Génie belliqueux inséparable de la nation; Tatitude de la France exprime la joye et l'empressement qu'elle a de recevoir ce précieux dépôt; la Renommée qui est au-dessus d'elle part pour annoncer cette nouvelle. Sur le devant du tableau, on voit la Marne unie à la Seine qui par les fruits qu'elle présente, fait sentir la part qu'elle prend à cette heureuse naissance; à coté d'elle est un jeune enfant tenant une branche d'olivier, simbole de la paix. Parmi ces armes qui reposent, un Génie fait voir une couronne de laurier en signe des succès qui les ont accompagnées; deux autres Génies examinent avec plaisir un bouclier sur lequel ils font remarquer l'auguste alliance de la France avec la Pologne.
Dans le fond du Tableau, on aperçoit le château des Tîmileries qui caractérise la ville capitale du Royaume, où la scène se passe , une foule de peuple répandu aux environs, semble faire retentir ces lieux de fanfares et de cris d'allégresse.
Lettre d'Antoine Dnchesne ù, IVatoire.
Rien de mieux pensé que votre projet, Monsieur et cher ami. Il est digne d'un bon François et d'un grand Peintre comme vous. L'ordonnance de votre
tableau est très noble et ne peut que vous faire honneur. La perspective des Thuileries sur la droite designe la maison royale, d'où part la renommée qui vient annoncer à la ville de Paris le bonheur du jour, la naissance d'un duc de Bourgogne ; car c'en sera un. Nos vœux nous en assurent. La renommée sonne du coté de l'Hôtel de Yille, ce qui me fournit une idée. Ne seroit-il pas permis pariicence^ de repi?esenter sur la gauche de votre tableau vers le fond dans l'eloignement, le milieu du corps de logis de l'Hôtel de Ville» qui est surmonté du can^panile portant la cloche d'argent, que l'on ne sonne que dans ces sortes d'evenemens : pour repoussoir sur le devant, vous pouriés faire voir un commencement de décoration, de feu d'artifice, et sur le bas un canon. Toutes ces choses annoncent dans le vrai se qui se passe dans ces sortes de fêtes, et n'empêchent point la machine céleste dans les airs. Au contraire cette machine celeste remplit agréablement l'intervalle qui se trouve entre les Thuileries et THotel de Ville. Je vous envoyé la façade de l'Hôtel de Ville, pour en faire usage si vous le trouvés à propos. J'aurai l'honneur de vous voir avant mon départ, et suis de tout mon cœur, mon cher ami, etc. (1).
(1) Les deux pièces qu'on vient de lire, et que nous avons re-
Ï produites en respectant l'ordre peu logique qu'elles occupent dans e manuscrit original, se rapportent au tableau que Naloire exécuta à Toccasion de la naissance de Jlarie-Zéphirine de France, fille du
Garissimo mio
Je vous importune de ses deux lignes dans le tems de votre carnaval, car je m'imagine que vous le passés fort agréablement, permetés cependant que je Finterompe un instant pour vous demander un service. Cet davoir la bonté de remetre vingt ceinq livres quatre sols , à W Denoguichard colonel de Dragons chez Ma* Bouillon rue des Recdlet lequel je préviens par le même courier. Je vous seray bien obligé, et comme je scay par une dem"® qui vous a racroché au tîllerie que vous sériés à Paris au commancement du carême je m'aquiteray en vous assurant que Ton ait toujours avec sincérité messieurs père et fils (1),
Votre très humble et très obéissant serviteur
Natoire.
Mille complimens que nous fesous à madame Tbieri.
à Paris ce^« fevrier 1730.
Dauphin (26 août 1750j. Cette peinture allégorique, qu'on peut voir aujourd'hui à Trianon, fut exposée au Salon de cette année, et, ainsi que le fait remarquer M. Eud. Soulié dans sa Notice des peintures placées à Trianon^ elle dut éire achevée en quelques jours. Il demeure d'ailleurs évident que les observations d'Antoine Duehesne, écrites avant révénemenl et alors qu'on pouvait espérer un duc de Bourgogne, s'appliquent à un dessin, à une esquisse que Natoire lui avait communiqué, et que l'ingénieux artiste avait préparé par avance, sans se préoccuper du sexe de l'enfant qu'on attendait. Natoire ne tint pas, du resie, grand compte des conseils de son ami : il ne fit pas entrer l'Hôtei-de-Ville dans sa composition : son siège était fait.
(1) Le jeune fils du prévôt des bâtiments que nous voyons paraître ici pour la première fois et qui, sous le nom familier de p^ii/ réji>é^ rond pèrey va tenir une certaine place dans les kttres de Natoire,
à Paris ce ÎSme may 1751.
Carissimo estimatissimo, sigDor mio,
Si je n'avois pas apris chez vous, que Ion vous attendois le soir du jour que j'ay reçu votre obligente lettre, jy aurois repondu plutôt, Madame votre mère et sa fidelle compagne se sont donné la peine de passer hier au logis, et nous ont dit quelles netoient plus sertaine du jour de votre arivée. Ainsi mio signor recevez mes sensible remersimen à toutte les choses obligentes que votre bonne amitié vous dicte trop jenereusement pour moy. Soyez bien persuadé que dans tout cecy , malgré tout ce qu'il y a de flatteur, mon cœur aura bien de la peine à suporter tout ce qu'il va luy en coûter. Vous devez aitre sertain que vous ny contribués pas pour peu; mais enfin, le sort nous entraine, et partout où il me jettera, vous me trouverez toujours remply de la reconnoissance et de lamitié la plus inviolable, vous ne serés point jalons que le petit vous en écorne un peu, puisqu'il a déjà les sentimens de son papa. Ces une augure bien favorable que je ne perdray pas de veue. Je ne suis pas moins sensible aux bontés de ses dames, dont je vous prie de leur faire bien mes très humbles remersimens.
est Antoine-Nicolas Duchesne, né à Versailles eu 1747, et mort en 1827. Après avoir commencé par étudier le dessin, il devint un botaniste distingué : la science lui doit VHistoii'e naturelle des fraisiers (1786) et divers opuscules dont on trouvera la liste dans la France littéraire de Quérard. C'est le père de M. Ducbesne atné*
La signora mia sorella (1) malgré tout le ménage quele a dans la teste et tous les marchand de toile qui nous innondent, vous fais milles remersimens, et je suis en attandans un plus long bavardage Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur
Natoire.
Malgré ma petitte bouderie contre M' Portail (2) je
(1) M^<' Natoire, dont il sera souvent question dans ces lettres, (^tait une fille qui déjà n'était plus très-jeune et qui avait associé sa vie à celle de son frère. Avant de le suivre à Borne, elle avait essayé de faire de la peinture. Le cabinet de M. de Julienne possédait huit pastels de sa main : Une femme qui chante et une prenant du caféy une femme coiffée en fleurs et une qui lit^ d'après de Troy ; une femme en habit de masque et une autre qui tient un écureuily d'après la Rosalba ; enfin deux autres figures de fantaisie. A la vente (le la colleclion de M. de Julienne, en 1767, ces pastels produisirent une somme totale de 518 livres 19 sous.
M^^^ Natoire se piquait aussi de bel esprit. Le Mercure de juin 1744 nous a conservé la lettre qu'elle avait adressée, le 17 mai, à sa protectrice M™* de Julienne :
«Comme je dois. Madame, à vos conseils et à votre amour pour les arts, le goût et le peu de talent que j'ai de peindre en pastel, il est juste que je profite de cette occasion pour vous en témoigner ma reconnoissance, et faire connoître
Le goût exquis, la douceur agréaLle Dont TOUS savez si bien embellir la raison, Et cette politesse aimable Qui fait un séjour délectable De votre brillante maison ;
Maison où règne l'innocence, Où l'Amour et THymen, toujours d'intelligenca, Ne craignent plus ^*être rivaux; Séjour charmant où la docte Peinture Fait voir ainsi que la Sculpture Le sublime de ses travaux.
« J'ai l'honneur d'être, etc. »
(2) Jacques-André Portail « garde des plans et tableaux du roy » et longtemps chargé à ce titre de l'organisation des expositions du Louvre, avait été reçu à TAcadémie, en 1746, comme peintre de fleurs. Il mourut le 4 novembre 1759.
a încoHHxlité
tkioatsse toujours ; ji prend toutte la part possible, je vous prie de luy témoigner.
Sept. 1^51.
Je pars donc mon très cher (1), nous nous séparons sans détacher notre amitié. Je conte beaucoup sur la votre, et jespere la mériter. Vous voudrés donc bien BQte continuer vos services dans les démarches qu^il faudra faire pour ce cordon (2), ne vous ayant pas veu, jay donné à M'^ Massé (3) dix huit cent livres, pour servir aux frais qui seront nécessaire, il veut bien cadrer avec vous et partager vos soins, dans toutte cette affaire, Ion ma beaucoup conseillé s'il et possible, de faire tomber les lettres de noblesse sur la teste de mon Père, comme vous Tavez pansé aussy. Vous
(1) Natoire venait d'être nommé directeur de TÉcole française à Rome. Il allait y remplacer J.-F. de Troy, qui, âgé alors de soixante et onze ans, avait demandé à revenir en France^ et qu'une cruelle maladie devait bientôt emporter, au moment où il se préparait à quitter Tltalie.
(2) Le cordon de Tordre de Saint-Michel que Natoire sollicita pendant des années, et qui ne lui fut accordé qu'à la fin de 1756 : c'est, du moins, dans VAlmanach royal de 1757 que le titre de chevalier de l'ordre du roi lui est pour la première fois donné. Il est bon de remarquer qu'à partir de cette époque jusqu'en 1777, date de sa mort, Natoire figure dans la liste comme admis^ mais non reçu : toujours absent de Paris lors des eèrèmoniâs officielles de Tordre, il ne put pas prêter serment.
(3) Jean-Baptiste Saasé, l'un des amis particuliers de Natoire, né en 1687, académicien en 1717, et mort en 1767*
pouriés consulter si la grâce peut setandre jusquelà. Je vous embrasse donc mille fois, je vous ay envoyé un portefeuille pour le petit reverand père. Mille tendre amitié à toutte votre famille, et suis le cœur bien gros, votre très humble et très obéissant serviteur, carissimo signore.
Natoire.
Je vous envoyé la petitte notte qui a servi au mémoire.
M' Natoire est parti de Paris pour Rome le lundi 6 septembre à huit heures et demi du matin (1).
Copie de ma ktre à M. Natoire.
Paris, 8 7bre 1751,
Vous nous fuyés, cher ami; je mets un courrier à vos trousses et j'espère qu il vous rejoindra dans le ^in de votre chère famille que j'assure de mon respect, ainsi que ITlustrissima Sorella. Nous allons donc commencer à causer de loin. Je ne manquerai point de vous écrire surtout lorsqu'il s'agira de vos
(1) Un manuscrit de la bibliothèque de M. Armengaud nous per* met d^ajouter ici un détail ignoré. Quelques jours avant de quitter Paris, Natoire mit en vente toutes les œuvres d*art que contenait son atelier : le Catalogue de la vente des desseins^ estampes et tableaux de M. Natoire faite avant son départ pour Rome est un inventaire, malhenreusement très-sommaire, des ouvrages qu*ii possédait. Cette vente produisit 9,067 livres 13 sous.
intérêts, ou de vous instruire de ce qui pourra vous regarder. Voici une occasion à laquelle je ne doute pas que vous ne vous atendiés.
Avant que de partir pour Paris, vous n*avés pas pris congé de l'Académie. Cette démarche de votre part a sans doute été méditée. M. Coypel que j'ai vu hier m'a témoigné que la Compagnie avoit été sensible à cette omission. Il a pensé comme M. Macé que j'ai été voir que vous avés craint de continuer de vous atendrir et de donner des marques trop sensibles de cet atendrissement ; j'ai pensé de même. Mais ces Messieurs conviennent que c'etoit un devoir à remplir. Que n'etois-je à Paris pour vous faire rendre encore celte visite? Visite d'autant plus essentielle qu'il devoit en être fait mention dans les registres de l'Académie. Ce que vous n'avés point fait est réparable en écrivant d'Arles à l'Académie et adressant votre letrc dans une double envelope à M. L'Epicier. Vous savés sans doute le protocole. Vos devanciers ont toujours écrit sur du papier à la telliere. Messieurs en tête, observant une marge et quelques lignes de distance après Messieurs : Ils ont toujours fini en donnant autant de reconnoissance que de respectueux attachement, et cela fondé sur ce qu'un corps est toujours respectable.
N'oubliés pas à Nismes de prendre votre extrait baptistaire et de le faire legalizer par le Juge du lieu et de m'envoyer le tout. Il sera aussi besoin de m'in-
diquer votre -confesseur à Paris, afin que je lui demande un certificat de catholicité. Ne croyés pas être cordonné sans quelque sollicitude. M. Van Loo que j'ai vu m'a promis de m'instruire de ce que j'aurois à faire ; il espère vous épargner des frais comme il a fait pour lui. Il vous embrasse et est fâché de n'avoir pas été en état d'aller vous dire adieu. M. Macé m'a reçu à bras ouvert. Il a voulu à toutes forces me montrer les 1800 ^ et la note qu'il a faite en cas d'événement. Vous connoissés sa prudence et prévoyance. M. Coypel doit aller samedi à Versailles et parler de votre cordon. Il vous salue.
à Versailles led. jour.
Je finis ma letre en arrivant. M. de Tournehem se porte bien et n'a point été saigné comme on le croyoit. Madame la Dauphine s'est (parée) aujourd'hui et se porte très bien. Le Roi est allé aujourd'hui à Trianon jusqu'à samedi. J'ai rencontré en passant tout Paris à S*Cloud. Mais helas! cher ami, vous n'y etiés pas. Vous vous éloignés de nous à toutes jambes. Mandés moi comment la signora Sorella suporte le voyage. Et ces Alpes! Cela me fait trembler d'avance. Adieu donc, puisqu'il le faut. Soyés heureux, sbyés gai, soyés vigoureux, aimés toujours votre sincère ami.