‹ ACHIVES DE L'ART FRANCAISChapitre 49 sur 61 · SIS · texte numérisé non relu

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détail plus minutieux; 10^ et le tableau en gênerai n*est point assez empâté. Vous voyes par la Monsieur quil nest pas possible de le corriger sans tout reeom^ mencer; je n'en excepte rien pas même les tête9 qu'il iaudroit mettre sur Testomac des figures pour les pro* portionner. Je retoucherai ou vous m'avez dis, mais je me réserve devons en faire un autre de même grandeur et plus présentable , car je suis jaloux qu'une personne qui m'honore de son amitié ait de moi quel" que chose de passable : ce ne sera point à Cluni ou le regret de perdre mon tems et Tennuy d'y rester m'excèdent, ce qui me renderait incapable si j'y demeuroit plus longtems de rien faire de bon ; mais ce sera à Paris où je verrai de belles choses qui me ren^ deroiit tout de feu et que je tacherai d'imiter dans mes ouvrages ; je me réjouis de vous en envoyer, lorsque j'y serai, vous verres mes progrès. Quand je pense à ce pais ou à Rome, l'impatience et )e désir d'être dans l'une ou dans l'autre ville m'emporte. En allant à Paris et passant par Beaune, j'y ferai, si vous voulez me le permettre, votre buste seulement et celuy de mademoiselle pour emporter avec moi, afin de les copier sur le tableau que j'exécuterai. Vous me permeltere$ au9siy Monsieur, de vous faire cadeau de ce tableau pour pouvoir vous témoigner de quelque façon ma reconnoissance.

Vou9 nous faites donc espérer que nous aurons le bonheur de vous posséder à Cluny, quel sensible plai-»

sir pour moi de voir un ami (permettez-moi ce terme) pour qui jVi rattachement le plus intime, mais je suis bien aussi mortifié d*ètre privé de mademoiselle Dem* brun» ma joie aurait été entière, si vous étiez venus tous les deux.

Vous me parlez de payment ; qui sait mieux que vous, Monsieur, le prix qu'on met à ces sortes d'ouvrages ; permettez-moi de me rapporter à ce que vou8 trouvères bon, cette demande de prix de votre part me peine à l'infini, et si ce n'était le besoin je ne souffrirais pas seulment que vous m'en parlassiez, car réellement c'est me peiner de me le dire et je m'estimerais trop heureux de faire quelque chose qui put vous faire plaisir.

Votre petit Jannot est en bonne main, cestsa maman qui le nourrit, il est gras comme un petit cochon et méchant comme un petit diable.

Ce frère Placide, c'est un vilain ; je n'en suis pas étonné, il ne tiendrait pas de la race monastique, je lui ai dit cent fois de faire vos clefs^ le drôle n'a ja* mais eu le tems, il a bien eu celui de boire votre vin. Je vais lui faire voir votre lettre à cette article et lui demander absolument vos clefs, je l'avertirai d'ailleurs que vous venez bientôt à Cluny et que vous ne manqueres pas de lui chanter la grèle.

A l'égard des vieux papiers et parchemins ils ne sont point communs à Cluny; pour peu qu'on en ait, on en fait des couvertures de pots, on ne pourrait en

trouver que ches messieurs les bénédictins qui non contents de leur titres et droits ont usurpé tous ceux de la ville, mais les coquins ne relâchent rien. II m'est venu cent fois dans Tidé de vous parler du nouveau cachet que vous aves fait graver et dont j'ai vu Tempreinte mais je l'ai toujour oublié. Il est très bien, la tête du Lion est superbe mais l'arrangement n'est pas aussi heureux que dans celui gravé par monsieur Monier (1) ; d'ailleurs le guerrier est trop fluet.

Je suis, monsieur, avec le dévouement le plus zélé et le plus respectueux,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Prudhon.

Mon beau père, ma belle mère, ma femme vous présent ainsi qu'à mademoiselle Dembrun leur respectueux hommages et ne voient l'heur d'avoir Thonneur de vous voir, ils regrettent bien d'être privé de celui de voir mademoiselle, que je vous prie, Monsieur, d'assurer aussi de mes devoirs.

(1) M. Monnier était lo graveur de la ville de Dijon. Ami de Devosge, qui avait peint son portrait et celui de sa femme, il avait gravé toutes les estampes que nous avons diaprés le maître de Prud'hon.

DOCIINENTS

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