‹ ACHIVES DE L'ART FRANCAISChapitre 52 sur 61 · SS · texte numérisé non relu

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painctre tu baillasses et délivrasses deniers pour faire certains ouvrages de paincture» que nous avons ordenées estre faites en notre chastel du Val de Rueil, et nous avons entendu que^ par deifaute de paiement^ lesdits ouvrages demourent à parfaire, dont forten)ent nous depplaist. Si te mandons de rechief et commandons estroictement^ que, toutes excusacions cessans, et si chier comme tu doubtes encourre nostre indignadon, tu bailles et délivres audit Jehan deniers pour faire et parfaire lesdits ouvrages, selon la forme et manière que autreffois t'a été mandé, et tellement qu'il ne conviegne que plus en retourne pardevers nous; et nous voulons tout ce que tu auras baillié et baudras pour ceste cause estre alloué en tes comptes sans aucun contredit, non contrestant quelconque ordenance , mandemens ou défenses faites ou à faire au contraire. Donné à la noble maison, le xxix jour de may l'an de grâce mil ccc cinquante et cinq.

Par le Roy

Ogier.

(Bibliothèque impériale^ département des manuscnts. Collection Ùaignières N^ 537, p. 17.)

Jehan, par la grâce de Dieu Roy s de France, au Vicomte du Pont de TArche et au Verdier de la forest

3àd

de Bori^t ou à léUrs lieux tenans^ salut. Gomme autreffoizy a toi Vicomte eussions mandé que tu feisseî cop^ per et ouvrer busche pour ardoir et à charrier en nostrè chastel du Val de Rueil, pour faire les œuvres de poin-* tûre que nous avons ordenées estre fectes par JehaA Goste> et aussy d'autre bois convenable pour faire ses el^chauffaux et pour chauffer nos cheminées dudit Chastel et à ton Verdier livrer ledit bois, et Y eh lious a donné à entendre que il y a deffaut par toy, dont fortement nous desplaist. Si te mandons de rechief et commandons estroilement que, toutes excusations cessons et si chier comme tu doubtez encourre tiostre indignacion, tu facez ledit bois coupper, clmrrier et ouvrer, par quoy nos dites euvres n'en soient retardées et qu'il n'en retourné plus plaintes par devers nous, et tu Verdier, de ton office aussi* De tout ce que le dit Jehan Coste confessera avoir eu pour la cause dessus dicte, nous voulons qu'il soit alloué en ces comptes, sans contredit. Donné à Paris le vu® jour de juing l'an de grâce mil ccc cinquante et cinq.

Par le Roy

Yvo.

{Bibliothèque impériale 9 département des Mamscnts. Collection Gaignières, n® 637, p. 17.)

Jehan par la grâce de Dieu, roi de Fratice, à tlôs améz et féaulx trésoriers» etc. Nous vous m«»ddnè et

S/iO

commandons que à Jehan Costey, peintre,

vous bailliez et délivrez, ou faites bailler et délivrer argent, sans aucun delay ou contredit, pour faire et parfaire les œuvres de painture que nous avons ordonné par lui estre faites en nostre chastel de Val de Rueil. Si que par vous n'y ait defiaut, etc. Donné au Louvre lez Paris, le IIIP jour d'octobre Tan de grâce mil CGC cinquante et cinq.

Cest Vordenance de ce que je^ Girart d'Orliens^ ai cautié à fere par Jehan Coste ou chastel du Fal de Rueily sur les ouvrages de peincture qui y sont àparfaire y tant en la sale corne allieurs, du commande^ ment Mons^ le duc de Normandie (i ), Van de grâce mil ccc cinquante et cinq, le jour de la Notre Dame en Mars.

Premièrement, pour la sale asouvir (2) en la manière qu'elle est commenciée ou mieux , c'est assavoir : parfaire l'ystoire de la vie César, et audessous en la derrenière liste une liste des bestes, et d'images, einsi come est commencée.

Item la galerie, à l'entrée de la sale en laquelle est la chace, parfaire, einsi comme est commencée.

(1) Depuis Charles V; il avait alors dix-neuf ans, étant né en (â) Assouffiry rendre suffisant, terminer. (iV. de M. Bemhard,)

Item la grant chapelle fere des ystoires de Notre Dame, de Sainte Anne, et de la Passion entour Tauîel ce qui en y pourra estre fait.

Item pour le dossier ou table (1) dessus Fautel, III hystoires, c'est assavoir : ou milieu la Trinité etenTun des costez une hystoire de Saint Nicolas et en l'autre de Saint Loys : et au dessouz des hystoires du tour de la chapelle, parfaire de la manière de marbre einsi comme il est commencié.

Item Tentreclos, qui est ou milieu de la chapelle, estanceler et noter de plusieurs couleurs estancellées.

Item l'oratoire qui joint à la chapelle parfaire; c'est assavoir : le couronnement qui est ou pignon avec grant quantité d'angres (2), et l'annunciation qui est à l'autre costé.

Et en VII archez qui y sont VII ymages, c'est assavoir : en chascun archet un ymage, et les visages qui sont commenciez parfaire, tant de taille (3) comme de couleurs, et les draps diaprez nuer et parfere, et une pièce de merrien qui est au dessouz des archez armoier de bonne armoierie ou de chose qui le vaille.

Et toutes ces choses dessus devisées seront fêtes de fines couleurs à huile, et les champs de fin or eslevé (4), et les vestements de Nostre Dame de fin azur,

(1) Le rétable de Taulel.

(2) D'anges.

(3) C'était donc de la sculpture peinte.

(4) En relief.

6t bien el loialment toutes ces choses vernissiés et assouvies entièrement sans aucune deffaute. Et fera ledit Jehan Goste toutes les œuvres dessus dictes et trouvera toutes les choses nécessaires à ce^ excepté bûche à ardoir et liz pour hosteler ly et ses gens» en ta manière que l'on ly a trouvé ou temps passé. Et pour ce faire doit avoir six cens moutons (1), desquiex il aura les deux cens à présent sur le terme de Pasques (2), et deux cens à la sainct Michel prochainement venant, et les autres deux cens au terme de Pasques après ensuivant.

Accordé et commandé par Mons' le duc de Normandie, au Val de Rueil le XXV*" jour de mars M CGC LV (1356).

Bibliothèque de VEcole de chartes^ 3® sérxe^ tome /, 1844-5, page 544-5. L'original faisait partie du catalogue Joursanvault (voy. t. I, p. 138, n° 816) et appartient encore à notre confrère et collaborateur M. Salmon, qui l'avait communiqué à M. Bem~ hard.

(1) Dans les autres actes relatifis au château de Vaudreuil, on lit : six cents florins d'or au mouton. Le petit moulon d'or étant de i2 sous 6 deniers en 1357, cela équivaut à une somme de plus de 3,131 fr. 25 c. de notre monnaie et d'une valeur relative de 15,656 fr. 25 c.

(Note de M. Bernhard.)

(2) Qui arrivait le 9 avril.

EM DMLtHNS

Annoté par M. Anatole de Montaiélon.

La pièce suivante, qui nous a été communiquée par notre ami, M. Charles Graudmaison, et qui est conservée au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale, dans le n"" 537 de la collection de Gaignières, p. 20, nous montre Jean d'Orléans recevant en 1378, de Charles V, cent francs d or pour des travaux, non spéci fiés, mais évidemment importants, faits par lui au château de Saint- Germain-en-Laye. Nous pouvons ajouter que cet artiste fut ensuite valet dé chambre du roi Charles VI. En effet M. Monteil, dans la note 177 de son chapitre LXXII, \ni\lu\elesSixcoulews {Histoire des Français des divers étatSy nouvelle édition in-12, 1. 1, notes, p. 53), cite la phrase : Mannes de Aurelianis, pictor et valetus camere dO" mini régis, d'après un compte manuscrit du trésor royal de Paris pour Tannée 1384 (voir note 97); malheureusement M. Monteil, qui possédait ce compte, ne nous a pas donné le chiffre de ses gages. Il vivait encore en 1391 ; car on trouve son nom, et même en tête de tous les autres, dans les fameux statuts accordés à la communauté des peintres et des sculpteurs de Paris.

Nous ferons remarquer que notre artiste n'est pas dans les temps anciens le seul peintre Orléanais qui ait porté le nom de Jeaa. Ee effet, dans le rôle de la taille de Paris, en 1292, puWié par M. Géraud, dans la collection des Monuments inédits de rHistoire de France, nous trouvons un Jehan d'Orliens le painire ; son serourge (sôrorinus) payait 18 sous; il demeurait rue de la Tableterie ou rue Saint-Denis. Enfin, plusieurs siècles après, en 1506, un troisième Jean d'Orléans est indiqué, comme ayant peint à Bourges, en 1506, par M. Lou<s Raynal, dans une liste d'artistes de Bourges, ajoutée par lui au troisième volume de son Histoire du Berry

(iu-8, 1846, p. 575), et dressée sor les indications de notre colla* borateur, M. le baron de Girardot.

Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, à nos améz et féaulx gens de nos comptes à Paris Salut et Dileclion. Nous avons receu de noz améz et féaulx les généraulx conseilliers sur les aides ordenéz pour le fait de la guerre par la main de François Chanteprime, général receveur à Paris, la somme de deux cens frans d'or, c'est assavoir G frans à nostre amé eschancon Hugues de Guisay, pour les bons et agréables services qu'il nous a faiz et fait chascun jour en son office ; et G frans payez à nostre amé paintre Jehan d'Orliens pour certains ouvrages de painture qu'il a faiz pour nous en nostre chastel de Saint Germain en Laye. Si vous mandons que icelle somme de Ih frans vous allouez es cumptes dudit François, senz contredit, ne demander autre quittance, desclaration ou descharge que ces présentes seulement. Non contrestans ordennances, mandemens ou défenses à ce contraires. Donné à Paris, le xxv jour de janvier l'an de grâce mil ccclxxvii (1378) et de nostre règne le XIIIP.

Par le Roy

Tàbàrin.

LOniS LEVAI]

PIÈCES RELATIVES k L'ÉGLISE DE SAINT -PIERRE

DE NANTES Commiuiiquées par M. IKigast-lIlatifeux.

a Getle petite pièce, — écrit en l'envoyant de Nantes M. Dugast- Matifeux, — est une sorte de question proposée sur le parachève** ment de Téglise cathédrale de Saint-Pierre de Nantes; elle fut envoyée et soumise dans la première moitié du xvii^ siècle à Tarchitecte du roi, Levau, qui a construit entre autres édifices, je crois, Thôtel qu'habite le prince polonais Czartoryski. La réponse autographe de Leveau, inscrite au pied du mémoire, n'est pas sans intérêt, d'abord parce qu'il reste peu de choses de lui sans doute, et, en second lieu, parce qu'on achève aujourd'hui Saint-Pierre, suivant sa décision. » — Notre correspondant eût dû peut-être, sauf preuves locales, fixer la date du document qu'il a bien voulu nous faire parvenir, au milieu plutôt qu'& la première partie du xviie siècle. Les biographes de Levau, et particulièrement d'Argenvillele fils, donnentla construction du château de Vaux en 1653, comme « Tune des premières entreprises, dignes d'être remarquées » de notre architecte, né en 1612. Il est certain cependant que l'hôtel Lambert, dont parle plus haut M. Dugast-Matifeux, avait précédé le château de Vaux, puisque dès 1648 au plus tard, Le Sueur peignait dans cet hôtel. Mais le grand crédit de Levau ne date guère que de ces deux ouvrages, et je lis dans les Vies des plus fameux architectes que « noire artiste fut premier architecte de Louis XIV, et eut la direction des bâtiments du roi dès Tan 1653 jusqu'en 1670, année où il mourut. » Or, le titre qu'il prend dans notre pièce établit irrécusablement que c'est à l'architecte du roi que s'adressèrent les Nantais, au Levau que Mazarin et Louis XIV occupaient à Saint-Sulpice, à Vincennes, aux Tuileries et au Louvre, et non point au Levau constructeur des hôtels inconnus qui avaient préparé sa réputation.

potorum et monetarum ignarus, quod compota sua nesciret de hiis expensis et missis ordinare ; sed nec hactenus potuit aut adhuc valeat ea facere, cum tpsum oportuerit dictas ymagines manu propria componere et formare, hystoriasque iuibi depictas de quo dicti (lisez de quodam) libro extrahere, et, Parisius, quesituin colores 9 pluries personaliter accessisse, fueritque diu (1) gravi infirmitate detentus; sibique iDJunxerimus et adhuc velimus ut expedicioni dictorum operum, que celeriter compleri volumus, vacet attenans (lisez acte^ nus) (2) et intendit, nec habuerit clericum aut habeat, quod tamen fuisse conveniens reputamus pro eisdem compotis ordinandis, Nos^ de dicti Johannis probitate plenarie confidentes, et Tolentes ipsum ex hujusmodi compotorum onere liberari et servari indempnem, volumus et eidem concedimus de gracia speciali, dilectisque etfidelibus gentibus compotorum nostrorum Parisius (3), presentium tenore mandamus, quatinus, de omnibus et singulis missiis et expensis, quas idem Johannes pro premissis afiSrmavit se fecisse, suo simplici juramento, a dicto tempore usque ad diem presentis festi Pasche, yidelicet vicesimam quartam diem marcii, eidem Johanni credant et fidem adhibeant, et receptis per ipsum propter hoc deducant et ipsum

(1) M. Bernhard a lu fuerU qUamdiu.

(2) M. Berohard le corrigeait à tort, croyôns-nous, en attentas.

(3) La copie de M. Bernhard donnait cette phrase dans un ordre un peu différent. Nous rétablissons celui de Poriginal.

de eis exonèrent^ nec ipsum aut ejus hercdes vel successores ad aliud de premissis compotum exhibendum, nunc vel in futurum compellant ullatenus aut molestent, sed ipsum , suosque predietos heredes et successoresy de hiis quietum et liberum teneant et teneri faciant, perpétue, pacifiée et quiète ; non obstan te quod simile nundum fieri consuevit^ et non obstanti* bus ordinacionibus aut statutis contrarus quibuscumque. Quod ut firmum et stabile perpétue, persévère t, nostrum sigillum hiis litteris est appensum, salvo in aliis jure nostro et in omnibus aliène. Datum in castre Vallis Ruelli, die festi Pasche predicta, videlicet XXIIII^ die marcii, anno Domini millésime ccc*^ quinquagesimo tercio (1353).

Per regem

Mellon. (1)

(Archives impériales. Trésor des chartes J. reg. 81; pièce n« 578).

Jehan, par la grâce de Dieu, Roy de France, au Vicomte de Pont de Tarche ou a son lieutenant, salut. Âutreffoiz t'avons mandé que a Jehan Geste nostre

(Il M. Bernbard avait lu Mallou, mais Mellon est un secrétaire du roi Jean dont le nom est très-connu.

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